Plancher M. et Lannoy R., Bucherons

Interview réalisée en septembre 2007

Bûcheronnage, élagage, essouchage, création et entretien de jardins, telles sont les activités principales de la SPRL Richard Lannoy, installée à Thier-à-Liège. Agé de 53 ans, ce dernier a créé en 1990 cette société, qui emploie notamment Matthieu Plancher en tant que bûcheron urbain. Rencontre sur un chantier, à proximité de l'Hôpital Saint-Luc de Bouge (Namur).

Quelle est votre formation, votre parcours professionnel ?

P. : Je suis âgé de 21 ans, je suis français et je vis à Liège. En secondaire, j'ai commencé par une formation forestière en aménagement de l'espace avant de passer le BEPA (Bevret d'Etudes Professionnelles en Agriculture). Enfin, j'ai fait un Bac Pro en conduite et gestion de chantier forestier. Au point de vue professionnel, j'ai commencé en tant que stagiaire, ce qui m'a permis de me rendre compte de la dureté du travail de bûcheron, qui est très physique. A présent, je travaille pour la SPRL Richard Lannoy depuis trois ans et demi.

R. L. : J'ai fait des études secondaires en horticulture puis un régendat et un CAP (Certificat d'Aptitudes Pédagogiques) afin de donner cours dans une école forestière. J'y suis resté 4 ans avant de travailler pendant 13 années en tant que jardinier à la Ville de Liège. Enfin, en 1990, j'ai créé cette entreprise, constituée en SPRL.

Comment pourrait-on décrire votre profession ? En quoi consiste-t-elle ? Quelles sont ses particularités ?

M. P. : C'est une profession environnementale. C'est le métier que j'aime et, d'ailleurs, il faut l'aimer pour l'exercer. Je me définis comme bûcheron urbain. Contrairement au bûcheron qui tronçonne dans les bois, cela consiste à abattre dans les jardins et à élaguer. On fait également du bois de chauffage, c'est-à-dire qu'on coupe l'arbre et qu'on le livre chez le client sous forme de bois de chauffage. On dispose pour cela d'une série de machines qui coûtent cher : fendeuse (pour couper les bûches) ou une unité de coupe (tronçonneuse). En fait, pour travailler dans le domaine environnemental, il faut aimer être en contact avec la nature.

Dans la filière bois, à quel niveau vous situez-vous ?

M.P. : On se situe tout en bas. On plante, on coupe et on vend. On s'occupe aussi de bois d'industrie (pâte à papier, scieries), de bois d'oeuvre (pour faire les meubles) mais surtout du bois de chauffage.

Quelles sont vos tâches principales ? Comment se compose votre emploi du temps ?

M. P. : En premier lieu, cela dépend des conditions climatiques. Ainsi, en cas de gel, lorsque la terre est dure ou grasse, on ne peut pas planter de gazon. Quand il pleut, on peut soit abattre des arbres, soit rester dans l'entreprise pour y faire de la découpe. Le printemps constitue la meilleure saison. Toutefois, l'emploi du temps dépend surtout des commandes de clients. On peut aussi faire de l'abattage, le façonnage de la grume (tronc d'arbre), le broyage ou le brûlage de branches, faire du bois de chauffage, des plantations ou un élagage à deux mètres (uniquement pour les bois résineux).

R. L. : On peut aussi citer le soin et la taille des arbres. On travaille tous les jours, on est rarement au chômage et cela grâce à notre polyvalence. On peut dire que nos journées sont bien remplies.

Quelles qualités incontournables faut-il réunir pour exercer cette profession ?

M.P. : Les qualités physiques sont primordiales. Il faut avoir une certaine technique afin d'éviter les maux de dos ou les tendinites. Il y a aussi une façon particulière de tenir la tronçonneuse afin de ne pas se blesser. Il faut pouvoir travailler par tout type de temps, ce qui nécessite un certain courage. La polyvalence est aussi nécessaire, il faut savoir à peu près tout faire car on entretient et on répare nous-mêmes les machines.

R.L. : En premier lieu, il faut aimer son travail, avoir du courage, une bonne santé, une bonne résistance physique et un moral d'acier. Enfin, pour éviter les blessures, les équipements de protection sont nécessaires : casque avec visière, protection des oreilles, vêtements de travail anti-coupures et bottines de sécurité.

Présente-t-elle certains avantages ou des inconvénients (notamment horaires, risques pour la santé,...) ? Quelles difficultés rencontrez-vous ?

M. P. : Concernant les inconvénients, on peut pointer : la pluie et autres conditions climatiques, les horaires non fixes, le fait que c'est un métier très physique et les risques pour la santé, notamment lorsqu'un arbre tombe. Pour les avantages, je citerai le fait de travailler dehors, au contact de la nature et puis aussi la polyvalence des tâches. Tous les jours, on fait quelque chose de différent.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

M.P. : Abattre les arbres en forêt ainsi que le façonnage.

R.L. : La taille des arbres.

La profession a-t-elle évolué ? De quelle manière ?

M.P. : La profession évolue d'année en année avec la mécanisation des machines. Ainsi, une tête d'abatteuse numérique pour bois résineux peut faire le travail de 10 bûcherons

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.