René Ista, Perruquier - coiffeur

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Interview réalisée en novembre 2010  —  Interview 897

Quel est le parcours que vous avez suivi pour devenir perruquier ?

Le métier de perruquier demande idéalement une bonne base en coiffure mais ce n’est pas indispensable. Personnellement j’ai une formation de coiffeur de l’école des Pitteurs à Liège. Les formations spécifiques au métier de perruquier n’existent pas en Belgique. Par contre, il est possible de suivre des séminaires, que ce soit à Paris, en Angleterre ou aux États-Unis. Par exemple, cette année je me suis rendu à Las Vegas. L’innovation technique est très importante. J’apprends de façon continue, c’est un métier passionnant qui ne cesse d’évoluer. Depuis que je suis installé, c’est-à-dire depuis plus de 25 ans, je dois dire que les matières ont énormément changé. Je défie quiconque aujourd’hui de remarquer une perruque. Nous sommes très loin des « moumoutes » d’antan !! 

Pouvez-vous nous expliquer comment se fabrique une perruque ?

Les fibres de synthèse sont faites dans des laboratoires au Japon. Là-bas, les gens sont à la pointe et très techniques. Aujourd’hui, on arrive pratiquement à cloner le cheveu avec l’avantage que cette fibre ne décolore pas au soleil et est encore plus belle que le cheveu naturel. La matière première est envoyée dans divers pays d’Asie où la perruque sera montée de façon mécanique ou manuelle. Par la suite, je m’approvisionne auprès de grands distributeurs situés en Allemagne et Bruxelles. La prothèse capillaire a une durée de vie de plus ou moins deux-trois ans. Tout dépend de l’entretien et de son utilisation. Par exemple, si la personne la porte la nuit, elle s’usera beaucoup plus rapidement. 

Quelles sont les principales qualités d’un bon perruquier ?

Je dirais que c’est avant tout l’écoute du client. Les gens qui viennent nous rencontrer souffrent de perdre ou de ne plus avoir de cheveux, nous nous devons d’agir avec tact et diplomatie. Ce métier demande aussi de la patience et d’être méticuleux. 

Décrivez-nous une journée type dans ce domaine ?

Par exemple, aujourd’hui nous avons été débordés dès 8h. Nos journées consistent à conseiller nos clients, faire des prises de mesures, des entretiens, du collage permanent etc. Le collage permanent reste bien en place plus ou moins une trentaine de jours, c’est vraiment une peau sur la peau. Le client passe chez nous au studio et nous dialoguons afin de bien connaître ses goûts et désirs (volume, coloris, densité, etc.). Ensuite, on travaille selon ce qu’il nous demande, on fait en quelque sorte de la sculpture, comme un ébéniste avec le bois. C’est à nous de dégrossir et embellir la perruque selon les desiderata du client. 

Quelle est votre principale clientèle ?

Ma clientèle est très variée, de tous âges et autant féminine que masculine. Ce sont des gens qui souffrent de calvitie, de pelade nerveuse, d’alopécie (perte de cheveux), de trichotillomanie (trouble caractérisé par l’arrachage compulsif de ses propres poils et/ou cheveux). J’ai aussi beaucoup de clients qui sont en chimiothérapie. Je travaille sur rendez-vous de 9h à 18h. 

Est-ce un métier où il y a beaucoup de concurrence ?

Aujourd’hui il y a de la concurrence partout, en voiture nous sommes rapidement à Bruxelles, Namur etc. Tout le monde a le droit de manger à midi. Le tout est de bien servir son client ! 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui veut faire ce métier ?

Un jeune qui rêve d’être perruquier se doit de trouver une « maison » qui veut bien lui apprendre le métier car les écoles ne sont pas tellement à la pointe en ce qui concerne la prothèse capillaire. Ne pas avoir peur de voyager afin de faire des séminaires dans ce domaine. 

Quels sont les avantages et les inconvénients ?

Il faut être disponible et, c’est un métier que l’on doit aimer. Les inconvénients, quand on aime ce l’on fait, il n’y en pas !!!

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.