Renée Vin – Berten,
Réflexologue et formatrice

Interview réalisée en décembre 2013

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

La réflexologie est une technique qui prend en compte le corps tout entier. Par exemple, si quelqu’un a des maux de tête, j’essaie de découvrir l’origine du dysfonctionnement. Il peut y avoir diverses causes. Cela peut venir du foie, de l’estomac, de la vésicule biliaire, de la vessie. Avant même d’avoir des symptômes, le pied peut montrer des faiblesses de tel ou tel organe. Je vais travailler sur ces faiblesses pour réharmoniser le corps. En une séance d’une heure environ, je vais passer en revue tout le pied. Je vais passer par tous les systèmes : le système reproducteur, le système urinaire, le système digestif, etc. Au-delà d’une plainte à un certain niveau, d’autres endroits peuvent être problématiques. A force de travailler sur le pied, on sent des tensions dans les tissus et on va agir pour remettre de l’énergie dans le tissu, remettre le tissu dans une texture correcte.
 
Je travaille aussi en médecine chinoise où on fait des relations entre les organes pour comprendre ce qui ne fonctionne pas. Par exemple, les oreilles sont les portes des reins, les yeux sont les portes du foie, etc. C’est une technique qui permet de découvrir et de dire pourquoi telle ou telle chose ne va pas. 
 
La technique réflexe n’est pas une thérapie « douce », car le massage est profond et peut être de temps en temps douloureux en fonction des désordres du corps. Un réflexologue qui fait de la thérapeutique a eu une formation longue et connaît l’anatomie, la physiologie et les techniques. 
 

Comment la réflexologie est-elle apparue dans votre parcours professionnel ?

J’ai une carrière complète de professeur d’éducation physique. Il y a 22 ans, ma fille a eu d’énormes problèmes aux oreilles. Elle a été opérée 7 fois. Je trouvais qu’on ne pouvait pas continuer comme cela. Elle a été guérie grâce à la réflexologie, l’homéopathie et l’ostéopathie. Cela m’a sensibilisée et à partir de là je suis entrée dans la réflexologie mais aussi dans toutes les médecines alternatives.  
 
J’ai travaillé d’abord uniquement pour ma famille et mes amis. Quand j’ai pris ma préretraite, je me suis lancée beaucoup plus dans la pratique professionnelle de la réflexologie. Mon professeur m’a pris dans son équipe en tant qu’assistante. Depuis 2005, j’ai repris la formation avec toute une équipe.  
 

Quelles formations avez-vous réalisées ?

J’ai fait au départ 6 mois en cours du soir en privé avec Hedy Debra. C’est une des personnes qui a amené la réflexologie en Belgique dans les années 1980. En 2002, j’ai suivi une formation complète au Centre d’Etude de Réflexologie (C.E.R.). Et maintenant, je continue à suivre des formations complémentaires car on n’a jamais fini d’apprendre. 
 

Quelles sont les qualités personnelles nécessaires pour exercer ce métier ?

Etre très présent à l’autre. Pouvoir, grâce au contact des pieds remettre toute la circulation en route : veineuse, artérielle, lymphatique, énergétique ou nerveuse. Etre à l’écoute de l’autre, de son corps via ses pieds, pour se rendre compte de ce qu’il se passe. Etre à l’écoute aussi car c’est un moment de détente qui permet à la personne de dire ce qui ne va pas. La présence et l’écoute sont des choses très importantes.
 
Je dirais aussi tout ce qui est réflexion. Tout en travaillant, pouvoir toujours faire des liens entre le pied et le corps, réfléchir, se positionner par rapport aux dysfonctionnements observés. Etre en mesure de suggérer d’autres intervenants (podologue, médecin, etc.).
 
Etre ouvert à d’autres approches telles que l’amélioration de l’alimentation, l’aromathérapie, la gemmothérapie, les fleurs de Bach, etc.
 

Quel type de public consulte en réflexologie ?

De tout ! Aussi bien des jeunes que des moins jeunes, des bébés, des femmes enceintes, des ados, des personnes plus âgées.
 

Quel type de demandes recevez-vous ?

Certaines personnes viennent pour faire un bilan préventif. D’autres viennent parce qu’elles ont une pathologie identifiée par leur médecin et qu’elles souhaiteraient avoir en parallèle quelque chose d’un peu plus naturel. Les personnes viennent souvent par le bouche à oreille. 
 
Quand il y a une pathologie, j’essaie d’avoir au moins 4 séances de suite pour voir si cela apporte une amélioration. En général, c’est le cas et alors les personnes viennent une fois par mois pour entretenir les acquis. A titre préventif, les personnes viennent également une fois par mois ou une fois tous les deux mois. 
 
Par exemple, j’ai eu moi-même ce qu’on appelle une « épaule gelée » (une périarthrite rhumatoïde au niveau de l’épaule). C’était très douloureux, je ne savais plus bouger. Le médecin m’avait annoncé après les radios que j’en avais pour 6 mois à 2 ans pour mon rétablissement. Mon fils, qui est réflexologue aussi, m’a massé tous les jours. Il faut accepter d’avoir mal car cela apporte des douleurs aussi au niveau des pieds. A partir de la deuxième ou troisième séance cela allait beaucoup mieux au niveau de la douleur. Après 5 séances, je n’avais plus mal. Et après 10 jours, je recommençais à travailler.
 

Quel est l’horaire de travail ?

Si on veut bien le faire, je pense que c’est impossible de le faire à temps plein. Cela demande énormément d’énergie au niveau des mains pour travailler en profondeur. Les pouces encaissent aussi. Je reçois maximum trois personnes par jour et je ne pratique pas tous les jours. 
 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui s’intéresse à ce métier ?

De bien se renseigner pour suivre une formation sérieuse. De se méfier des formations proposées en un week-end par exemple. D’acquérir des repères et de connaître toutes les zones du pied, cette base est très importante.
 
Une fois qu’on entre dans ce domaine, c’est une passion. On a envie de connaître d’autres choses, d’aller plus loin, d’essayer de comprendre chaque jour un peu plus, etc. 
 

Quelles sont, selon vous, les perspectives d’avenir dans ce domaine ?

Dans plusieurs pays la réflexologie est reconnue. Dans les pays nordiques, il y a des réflexologues dans les hôpitaux. Les gens se font masser régulièrement en prévention. Chez nous, ce n’est pas à l’ordre du jour. Il y a une équipe qui travaille pour la reconnaissance de notre pratique, mais ce ne sera sans doute pas pour demain. 
 
 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.