Rino Noviello,
Photographe plasticien, fondateur de l’agence Picturimage

Interview réalisée en avril 2013

Pouvez-vous retracer votre parcours ?

J’ai suivi un graduat en publicité et j’ai un accès à la profession en photographie (à l’époque, il s’agissait d’un titre protégé). J’ai également suivi des cours du soir en sérigraphie et une formation de webmaster, ainsi que plusieurs petites formations continues en vidéo, référencement de sites web, ainsi qu’une formation en animation de groupe à la DGAC. Cette dernière m’a permis de travailler sur des projets culturels en animation multimédia, par exemple. 

J’ai travaillé pour le secteur associatif, culturel, des ONG, comme chargé de mission ou dans le secteur de la communication. En 2001, je me suis installé comme photographe indépendant complémentaire. C’est devenu mon activité à temps plein, en 2004, avec la création de la société Picturimage. J’ai aussi utilisé certains outils proposés par l’Awex (Agence wallonne à l’Exportation et aux Investissements étrangers, ndlr) pour pouvoir travailler en France. En 2010, j’ai sollicité et obtenu une bourse à l’innovation auprès de l’ASE (Agence de Stimulation Economique, ndlr) pour un projet de création multimédia autour du thème du développement durable. 

Pourquoi avoir choisi la photo ? Qu’est-ce qui vous plaisait dans cette discipline ?

Pour moi, il s’agit d’un moyen d’expression avec lequel on peut répéter l’image, l’imprimer, en faire des séries, la publier, l’utiliser dans des montages… et ces différentes utilisations m’intéressaient. N’étant pas très doué en dessin ou dans la création graphique pure, la photo me permettait de m’exprimer quand même. 

En quoi consistent vos réalisations, vos projets en tant que photographe ?

Les projets sont divers et variés.

Je réponds à des commandes, des appels d’offre ou je produis selon une démarche personnelle.

J’ai notamment répondu à un appel d’offre assez technique dans le cadre de la rénovation d’un bâtiment classé. Il faut réaliser des photographies de la façade pour ensuite en réaliser l’orthophotographie. Les architectes vont en fait replacer ces photos sur le plan afin d’avoir les textures des briques, les joints, etc.

J’ai aussi réalisé une exposition à la demande de Télé MB dans le cadre des 25 ans de la télévision. Je devais travailler sur le thème de la technicité et de la proximité. Dans la cadre de ce projet, outre la production photographique, j’ai également mené une réflexion avec le scénographe et suivi la production des tirages. Je me suis donc rendu dans un laboratoire où on a effectué des tests et j’ai validé les tirages en grand format utilisés pour l’expo.

Je réalise également des reportages « classiques », tournés vers le tourisme, notamment. Je fais aussi de la photo de plateau, des illustrations de pochettes CD, etc. 

Pourriez-vous nous parler des activités que vous développez avec votre agence Picturimage?

L’agence me permet de rassembler des compétences que je ne possède pas. Dans le cadre d’un projet web, par exemple, je fais appel à des développeurs, des webdesigners, qui travaillent en freelance, pour ce projet spécifiquement. Une fois ce dernier terminé, chacun repart vers ses activités professionnelles.

Nous réalisons également des reportages vidéo, des captations de spectacles. Nous proposons aussi des formations en lien avec l’utilisation des nouvelles technologies, à la demande des centres de compétences. 

Était-ce essentiel pour vous de vous diversifier et d’intégrer les nouvelles technologies à votre travail ?

Oui, je trouve cela passionnant de s’intéresser aux nouvelles technologies et cela permet aussi d’ouvrir de nouvelles perspectives de travail. 

Comment le public peut-il découvrir vos réalisations  en tant que photographe?

J’ai un site internet (www.noviello.be) sur lequel je poste mes photos issues de mes démarches personnelles. J’organise aussi régulièrement des expositions. 

Quelles sont les qualités requises pour être photographe ?

Selon moi, cela dépend du style de photo que l’on fait. La personnalité doit correspondre au sujet, au domaine dans lequel le photographe évolue. Dans la photo de mode, par exemple, il faut un côté un peu « jet set » que je n’ai pas et donc, je refuse ce genre de projet.

Dans mon travail, je pense qu’il faut de la discrétion (surtout sur les plateaux), le sens de l’observation et de l’écoute pour bien comprendre la demande. Il faut aussi être ordonné afin de pouvoir archiver correctement son travail. Innover, se tenir au courant des nouveautés, faire un peu de veille. Etre curieux, en allant voir des expos, en lisant des magazines, etc.

C’est un secteur qui évolue énormément et dans lequel on apprend encore tous les jours, notamment avec la vidéo, le numérique, etc. 

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Comme pour tout indépendant, il n’est pas toujours évident de garder un équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie privée. Il faut aussi pouvoir gérer son travail entre les périodes chargées, où l’on est fort sollicité, et les périodes plus creuses. 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer ?

Beaucoup de personnes pensent que la photo, c’est facile, car il n’y a qu’à appuyer sur un bouton. Or, cela demande une part importante de réflexion sur une idée, un concept à développer. Il y a beaucoup de travail avant et après. Il faut acquérir une vraie méthodologie, surtout lorsque l’on répond à un appel d’offre. Je pense également qu’il est important de posséder un bon réseau dans le milieu, malgré internet. Rien de tel que le bouche-à-oreille et les avis de personnes qui connaissent votre travail à travers les rencontres, les expos, etc. C’est parfois plus parlant et efficace qu’un site internet. 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.