Robert Germay,
Chargé de relations publiques

L'événementiel est une des facettes du chargé des relations publiques. Voici l'interview de Monsieur Robert Germay, directeur d'un festival de théâtre.

Quel a été votre parcours professionnel à ce jour ?

Pendant mes études, j'étais très actif en matière de théâtre étudiant. Le Conservatoire de Liège connaissait mon travail en matière de théâtre et m'a proposé un poste de chargé de cours en formation théâtrale. Je donnais des cours de théâtre à Aachen. En 1980, il s'est trouvé que le théâtre des Germanistes Liégeois, que je dirigeais, avait quelques invitations à rendre. Nous les avons regroupées sur une semaine et nous avons appelé ça « Festival ». Il y avait 5 spectacles. L'événement a plu donc on a continué. Fin des années 80, le théâtre universitaire était en manque de reconnaissance spécifique, et avait besoin d'un cadre plus officiel. En 1992, suite aux nombreuses rencontres entre représentants des troupes invitées (Sénégal, Québec, Mexique, Pologne) et moi-même, nous avons organisé le premier Congrès Mondial du Théâtre à l'Université. A cette occasion, l'Association Internationale du Théâtre à l'Université a été créée, et j'ai été élu président.

Quels sont les activités liées à votre fonction ?

On commence toujours par faire le bilan de la rencontre précédente : les finances en dépendent ! Ensuite on prépare le budget, plus ou moins le même chaque année, et on rentre les dossiers auprès des organismes subsidiants : Communauté française, CGRI, ambassades, instances provinciales et communales, sponsors privés. C'est du travail un peu rébarbatif, mais fondamental. Il faut présenter des dossiers complets et précis. Ensuite se pose la question de la programmation. Nous souhaitons présenter chaque année des nouveaux pays, des troupes à découvrir. Nous sommes tenus aussi de présenter nos voisins : Allemagne, Pays-Bas, France, Grande-Bretagne. Là aussi, on essaie de varier les troupes invitées.

Enfin, il faut faire une sélection parmi les nombreuses troupes qui nous contactent. Vient après la campagne de promotion de l'événement. Il faut avoir de bons contacts avec la presse, les télévisions locales et nationales. Il faut organiser l'affichage, les communiqués et la conférence de presse, être vigilant quant à la visibilité des sponsors, contacter le public-cible (dans notre cas, il faut annoncer les spectacles en langues étrangères, ou les pièces d'auteurs susceptibles d'être étudiées au cours,...), les ambassades et divers représentants culturels,...

Dans le même temps, il faut organiser toute la logistique : organiser les arrivées et les départs des festivaliers, le logement, les repas, les déplacements pendant le festival, les visites touristiques, les cocktails officiels,... Il faut aussi trouver des régisseurs et des interprètes. Pendant la Rencontre en elle-même, il faut veiller à ce que tout « tourne », gérer les imprévus. Pour exemple : trouver une contrebasse deux heures avant une représentation, ou un resto végétarien en 10 minutes. Après cette semaine de folie, ce n'est pas terminé. On doit assurer le suivi, envoyer les remerciements, faire le bilan de l'opération, payer les dernières factures,...

Quels sont les langues véhiculaires pendant le festival ?

Un festival comme le nôtre contribue à faire exploser les barrières. Je tiens à signaler, signifier, souligner, que le théâtre n'est pas que verbal. On ne doit pas être frileux pour inviter un groupe bulgare qui joue en bulgare. Malheureusement, le théâtre professionnel ne prend pas souvent ce risque.

Chez nous, il n'y a jamais eu de problème linguistique. Pour l'association Internationale du Théâtre à l'Université, les trois langues véhiculaires sont l'anglais, le français, et l'espagnol, pour faciliter les débats, mais toutes les langues sont langues officielles de l'association. On ne doit pas avoir peur de présenter au spectateur des spectacles en langue originale, et le théâtre en général devrait même forcer la dose dans ce domaine là. Le réflexe traditionnel est de mettre des sous-titres. Je comprends cela au cinéma, mais pas au théâtre. Celui-ci devrait être capable de faire passer son message ou son esthétique même dans une langue étrangère.

Qu'est-ce que j'ai à dire aux gens, sans leur coller une étiquette linguistique ? Ça ne veut pas dire pantomime ou langage des signes: ma langue est importante, donc je l'utilise, parce qu'elle a une sonorité, une identité, elle chante. Mais où est la limite par rapport à la langue de l'autre ? Comment faire goûter ma langue aux autres tout en faisant passer mon message ou mon esthétique théâtrale ? Voilà une des interrogations que le metteur en scène ou le comédien qui joue dans une langue différente de celle de son public doit garder à l'esprit.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.