Roberto Milazzo,
Gestionnaire des stocks et des approvisionnements

Interview réalisée en février 2019

Comment avez-vous été amené à travailler dans la logistique en milieu hospitalier ? 

J’ai commencé par travailler comme magasinier pour le groupe CHC de Liège qui comprend plusieurs cliniques, des polycliniques extérieures, des maisons de repos et une crèche. Je m’occupais plus particulièrement de l’approvisionnement logistique des différents hôpitaux (réceptionniste, préparateur, etc.). 

Au fil des années, mes responsabilités ont fortement évolué. Je suis devenu responsable de l’entrepôt, ici dénommé économat, qui alimente de nombreux services internes en différents produits. Je dois garantir la disponibilité des produits car nous sommes dans le secteur médical : la rupture de stocks n’est pas autorisée pour tout une série d’articles.

Outre la gestion de la disponibilité des articles, je suis amené à confier le travail aux assistants logistiques qui livrent les services au sein de l’hôpital. Je dois aussi organiser mon entrepôt pour y placer toutes les références et faciliter le travail des personnes qui stockent et prélèvent les produits.  

Depuis le mois de mars, je suis chargé de plusieurs projets touchant à la logistique du futur hôpital Mont-Légia. Ces projets m’amènent à jouer le rôle de manager logistique auprès des autres services et vis-à-vis de nos intervenants extérieurs dans l’attente de l’engagement d’un manager. Je dois donc accompagner différents projets touchant au déménagement sur le nouveau site et son impact sur les flux. A titre d’exemple, nous devons aménager une plateforme logistique, intégrer le système de gestion des articles dans le logiciel informatique, définir et optimiser les flux (aliments, linge, magasin, médicaments, perfusions, déchets, etc.). 

Pouvez-vous nous donner des exemples concrets de vos tâches ?  

L’approvisionnement des consommables stériles et non stériles des unités de soins, le rangement du matériel dans l’espace de stockage, les relances de commandes auprès des fournisseurs, les interactions avec le service des achats et la pharmacie, l’envoi des différents colis via  transporteurs (empreintes de mâchoire pour la chirurgie maxi-faciale, réparations d’instruments opératoires, pièces pour le scanner, etc.). Parmi les autres missions, je citerais aussi le suivi de la  livraison des médicaments et des perfusions ainsi que celui de la commande des vêtements de travail. 

Pouvez-vous nous donner trois exemples de difficultés rencontrées dans l’exercice de votre métier et les solutions que vous pouvez y apporter ? 

Il peut arriver que nous tombions en rupture de matériel opératoire : dans ce cas, il faut en informer le bloc opératoire, le service des achats, le délégué. Il est essentiel de trouver une solution le plus rapidement possible pour que le patient puisse être opéré. 

Autre exemple : une mise en quarantaine forcée d’un colis médical pour un patient en chimiothérapie. Il faut obtenir l’avis de la société et du pharmacien afin de s’assurer de la viabilité du produit et, si besoin, retarder le traitement. Parfois cela implique d’évaluer le coût de l’incident. Il faut alors le motiver auprès de la direction financière et de la direction médicale... 

Dernier exemple : en cas de retard de livraison, il faut augmenter les équipes transports afin de le résorber, et communiquer ce délai aux services destinataires (nursing, pharmacie, cuisine) afin d’éviter tous les conflits relationnels entre les différents corps de métiers. 

Qu’est-ce qui vous plaît dans cette fonction ?

Le challenge, la recherche constante d’optimisation, la relation avec mon équipe, les projets, la résolution des problèmes, les interactions avec les autres métiers. 

Quelles qualités vous paraissent essentielles ? 

Etre résistant au stress, savoir prendre du recul, pouvoir assimiler beaucoup d’informations dans un laps de temps court, être capable de prioriser les actions, gérer l’humain, savoir déléguer. Et il ne faut jamais oublier notre but premier : la qualité des soins donnés au patient. 

Et quelles connaissances particulières ? 

Il faut pouvoir maîtriser son environnement, l’hospitalier pour ce qui me concerne, mais aussi les services qui y sont associés. Si on ne maîtrise pas la matière, alors on ne peut exceller dans son job. 

Que donneriez-vous comme conseil à une personne qui voudrait exercer votre métier ? 

Pour débuter, il faut une bonne formation en logistique, comme le bachelier en Management de la logistique, par exemple. L’expérience de terrain est un plus, inévitablement !

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.