Roland Quintin, Ferrailleur

Quelle a été votre parcours professionnel ?

Je suis coffreur-ferrailleur depuis 40 ans. J’ai travaillé comme apprenti puis comme ouvrier spécialisé, et ensuite en tant que chef d’équipe dans la même entreprise de construction générale. Après 28 ans, j’ai eu l’envie de transmettre mon expérience et mon savoir-faire et je suis devenu formateur au Forem de Grâce-Hollogne en 2005.

Pourquoi vous avez-vous choisi ce métier ?

Le métier de ferrailleur s’est imposé naturellement à moi car j’étais coffreur. J’ai commencé à placer les armatures puis à les assembler en respectant les plans du bureau d’études ou de l’ingénieur.

Quelle formation avez-vous suivie pour devenir ferrailleur ?

J’ai appris le métier « sur le tas » avec les anciens et je me suis perfectionné en suivant des cours du soir en lecture de plans.

En quoi le métier consiste-t-il ? Quels matériaux utilisez-vous ?

Le métier consiste préalablement à lire et comprendre les plans et le bordereau de ferraillage, ensuite à trier et assembler les aciers puis à les poser dans les coffrages en respectant les plans et l’enrobage prescrit.

Les matériaux utilisés ont-ils évolués ces dernières années ?

Les aciers lisses que nous utilisions dans les années 80 pour les étriers et les éléments de liaison ont été abandonnés au profit des aciers crénelés. Des écarteurs en PVC ont remplacé avantageusement les petits blocs de mortier que nous utilisions avant.

Existe-t-il des techniques spéciales dans le ferraillage ?

Généralement les aciers arrivent sur chantier pliés ; il reste à les assembler avec des tenailles et du fil de ligature afin de préparer les paniers d’armatures. De plus en plus souvent ces paniers d’armatures assemblés par soudage sont livrés directement sur chantier.

Des joints spéciaux sont fixés aux ferraillages pour assurer les reprises et l’étanchéité.

Pour armer les dalles, les radiers[1], il existe aussi des paillettes d’acier qu’il faut noyer dans le béton.

Pour les travaux dans les centrales électriques, nous utilisons des armatures non métalliques et non conductrices (bakélite).

Le métier s’exerce seul ou en équipe ?

Selon l’importance du chantier, le ferrailleur est dans une équipe de ferrailleurs ou incorporé à l’équipe des coffreurs. Il peut travailler seul pour des petits assemblages.

Est-ce un métier dangereux ?

Le métier n’est pas dangereux si on respecte les normes de sécurité qui sont en vigueur dans le génie civil et le bâtiment.

Est-ce que le métier de ferrailleur est indissociable de celui de coffreur ?

Ferrailleur est un métier à part entière. Sur des chantiers importants, on retrouve une équipe de coffreurs et de ferrailleurs. Sur des chantiers plus petits, l’activité de ferraillage peut être pratiquée par les coffreurs.

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce métier ?

Nous réalisons les poutres, les colonnes, les dalles à partir des plans qu’il faut décortiquer. Nous participons activement à la construction et à la stabilité des ouvrages.

Si vous deviez mettre en garde un jeune intéressé par ce métier, lequel serait-il ?

Le travail est très intéressant mais fort physique. Les matériaux peuvent être froids en hiver ou chauds en été. Les matériaux sont très conducteurs. Il faut une bonne condition physique.

Nous travaillons toute l’année quelles que soient les conditions météorologiques.

A votre connaissance trouve-t-on facilement un emploi ?

Une bonne lecture des plans, une bonne vision du travail et un minimum de rapidité à l’assemblage assurent un emploi à coup sûr dans les entreprises.

 

[1] Bases ou plateformes stables sur lesquelles reposent d’autres éléments.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.