Ruud Tiebos, Porte-parole Bongo

Interview réalisée en janvier 2009

Nouvel outil de promotion de l’offre touristique, les chèques-cadeau, joliment nichés dans une boite en carton, sont une réussite incontestable dans le secteur marketing de ces dernières années. En 2008, 1.500.000 de ces cadeaux ont été vendus dont 700.000 en Belgique. Bingo donc pour Bongo, leader de ce nouveau marché dont le centre névralgique est situé au cœur d’Anvers.

Qu’est-ce que Bongo ?

Bongo est la synthèse de l’immatériel, un séjour ou un produit, et le concret, un chèque. C’est donc un chèque-cadeau dont la spécificité est d’être laissée à l’appréciation de celui qui le reçoit. En fonction d’une somme donnée, le cadeau peut être choisi parmi une série de propositions reprises dans un coffret thématique. Une fois le choix effectué, l’heureux bénéficiaire prend directement contact avec le partenaire pour effectuer la réservation. En général, celle-ci se fait en ligne ou via notre call-center. Les offres-cadeaux peuvent être un séjour à l’hôtel ou une activité (repas gastronomique, massage, voyage en montgolfière) et sont présentées en détails, photos à l’appui, dans un livre compris dans la boite en carton. Selon le thème, on peut proposer un livre de plusieurs centaines de pages. Séjours et activités peuvent se dérouler en Belgique, aux Pays Bas, dans le nord de la France et dans l’est de l’Allemagne. Les Bongo sont pour l’essentiel vendus dans les grandes chaines commerciales comme la FNAC, Dream Land, Belgique Loisirs… et, dans une moindre mesure, en entreprises, dans nos boutiques et sur internet.

Comment choisissez-vous les offres et quels sont vos critères en matière d’exclusion et d’innovation ?

Notre catalogue est riche de près de 50 thèmes. Les prix vont de 24,99 euros à 999 euros. Par thème, nous pouvons proposer jusque 40 partenaires donc 40 choix possibles ! Au total, nos partenaires sont au nombre de 2.000 ! C’est dire l’ampleur des contacts que nous devons établir pour finaliser les offres. Question de coller au mieux aux goûts de la clientèle, nous veillons à innover chaque année. Mais avant d’en arriver là, un gros travail de prospection aura été effectué. Dans l’ordre : sur base de nouvelles offres, des réactions de nos partenaires et de nos clients, nous établissons une liste de thèmes potentiels puis nous les filtrons.
Ainsi, par an, dix thèmes passent à la trappe, faute de succès ou de problèmes divers et sont remplacés par une douzaine d’autres. Les thèmes proposés doivent être originaux et dans l’air du temps. Il faut savoir que nos critères de qualité sont assez élevés. Pour les séjours en hôtels, par exemple, nous visons le haut de gamme. Le but étant de plaire à la clientèle. D’ailleurs pour répondre aux mieux à ses souhaits, une fois le chèque « consommé », nous la sollicitions systématiquement via des sondages, sorte d’enquête de fiabilité pour déterminer le caractère attractif ou non de l’offre. En fonction des réponses, nous décidons de la garder ou pas, voire de la modifier pour l’améliorer. Quant à nos partenaires, l’essentiel de la négociation repose sur l’accord pris quant au prix demandé au client et la commission qui nous sera versée. Une fois ces paramètres fixés, le produit est mis dans le planning global. Par Bongo, nous devons réaliser le livre compris dans le boitier, photos et textes compris, avec de nombreux allers-retours entre le département « contracting », les partenaires et la direction pour accord. C’est au terme de très nombreuses démarches que l’impression pourra se faire soit 1.500.000 Bongos par an !

Quelles sont vos relations avec les autorités ou les offices de promotion du tourisme ?

Elles sont très bonnes et s’imposent quand nous proposons un produit bien ciblé. Ainsi, dans le cadre de notre offre « Escapade en Ardennes », nous avons travaillé avec l’OPT (Office de Promotion du Tourisme pour la Wallonie et Bruxelles-capitale) pour cibler au mieux les possibilités existantes. Nous avons donc des contacts ponctuels quand le besoin s’en fait ressentir. 

Quels types d’emplois trouve-t-on dans votre société ?

Notre équipe est composée de 75 personnes. Nous avons, d’une part, des collaborateurs mis en contact direct avec la clientèle dont une partie prend en charge les réservations en ligne et l’autre compose notre call-center. Et d’autre part, nous avons du personnel dans nos 6 boutiques réparties sur l’ensemble du pays dont le but est d’augmenter la notoriété de la marque. A côté de cela, 12 personnes travaillent au département « contracting » : la mission est de prospecter le marché, elles prennent les contacts avec les partenaires et finalisent les contrats. Enfin, notre département « scanning » installé au Maroc traite l’ensemble des données informatiques dont l’enquête de fiabilité. 

Quel est le profil-type de ces collaborateurs en matière de diplômes ?

Ils sont généralement détenteurs d’un diplôme en marketing et parfois bacheliers en tourisme. Pour nous, c’est important qu’ils aient une bonne connaissance du tourisme, un intérêt pour le secteur et ses nouvelles tendances. Dans les faits, ils vont surtout effectuer des missions de type commercial. C’est donc leur qualité de négociateur qui sera la plus appréciée. Pour le call center, prime le sens commercial, associé à la maîtrise des langues « nationales »: le français, l’anglais, l’allemand et le néerlandais.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.