Saïda Hodaïbi, Ardiana Ismaili, Jacqueline N'Tanga, Saritas Sehriban et Annick Morval,
Médiatrices interculturelles

Interview réalisée en janvier 2010

Saïda Hodaïbi, Ardiana Ismaili, Jacqueline N'Tanga, Saritas Sehriban et Annick Morval, médiatrices interculturelles à la Ville de Namur, ont répondu conjointement aux questions que nous leurs avons soumises sur leur profession.

Combien de personnes font généralement par année appel au service de médiation interculturelle de la Ville de Namur ?

Pour l’année 2010, nous avons eu 1349 interventions (510 hommes et 839 femmes).

En quoi consiste votre métier ?

Nos missions sont les suivantes :
- faciliter les relations entre les institutions et les personnes étrangères ou d’origine étrangère
- initier un processus d’intégration sociale en faisant le lien entre les citoyens entre eux et les citoyens et les institutions
- faciliter et améliorer la communication entre personnes de cultures différentes.

Nous sommes quatre médiatrices interculturelles toutes à mi-temps. En plus, Saïda a un autre mi-temps en tant que médiatrice interculturelle en milieu hospitalier (CHRN). Une autre médiatrice d’origine italienne est médiatrice en conflit de voisinage. Et Saritas a un autre mi-temps en tant que médiatrice logement.

Dans quels domaines intervenez-vous ?

La médiation interculturelle intervient dans les différents champs de la médiation. Au sein de notre service, nous intervenons dans les domaines suivants : social, administratif, scolaire, familial, logement, voisinage, santé…

Quelles langues utilisez-vous dans le cadre de votre métier ?

Le français avant tout mais aussi l’arabe, le turc, l’albanais, le swahili et le lingala.

Quel a été votre parcours professionnel ?

Nous avons toutes faits des études dans différents domaines et avons toutes des parcours professionnels différents. Nous sommes éducatrice spécialisée, secrétaire médicale et commerciale, graphiste, secrétaire comptable, juriste. Pour devenir médiatrices interculturelles, nous avons suivi des modules de formation ou un post-graduat en médiation.

Pouvez-vous nous donner plusieurs exemples concrets de problèmes que vous avez dû traiter ?

Voici des cas que nous traitons régulièrement : une personne ne comprend pas son courrier ; une autre ne sait pas se faire comprendre par un service ou une institution ; problème entre un élève et son professeur ou la direction ou inversement ; problème intergénérationnel ; problème entre propriétaire et locataire de différentes cultures ; problème de voisinage de cultures différentes…

Quelle est la qualité indispensable qu'il faut avoir pour exercer ce métier ?

La disponibilité ! Mais il faut aussi être à l’écoute avec empathie, pouvoir décoder la demande et surtout ne pas juger la personne et/ou la situation. La médiation, c’est un état d’esprit, une façon de penser la vie et d’être en paix avec soi-même mais aussi avec les autres.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui serait intéressé par exercer le même métier ?

Se former à la médiation afin d'avoir des outils nécessaires pour exercer ce métier dans de bonnes conditions.

Pensez-vous que ce métier a de l'avenir ?

Oui, car la médiation rouvre la porte au dialogue. La médiation a toujours existé et existera toujours via des médiateurs naturels (des sages, des aînés qu’on écoute plus facilement...) et les professionnels d’aujourd’hui.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.