Salma Fikri et Thyl Duhameeuw,
Chiropraticienne et chiropraticien, Président de l’Union Belge des Chiropractors

Interview réalisée en janvier 2014

Qu’est-ce qu’un(e) chiropraticien(ne) ?

Salma Fikri : C’est un(e) professionnel(le) de santé dont le travail consiste à diagnostiquer, traiter et prévenir les troubles liés au système neuro-musculo-squelettique ainsi que l’effet de ces pathologies sur l’état de santé général. Le travail d’un chiropracteur porte essentiellement sur la colonne vertébrale mais aussi sur toutes les articulations du corps. C’est donc un praticien de santé qui travaille avec les mains pour traiter, prévenir, diagnostiquer les troubles locomoteurs. 

Pourquoi avoir choisi précisément cette voie des soins aux personnes ?

S.F. : J’ai toujours su que c’était ce que je voulais faire. Pas directement chiropraticienne car j’ai fait la rencontre d’un chiropracteur l’année de mon bac seulement. J’étais alors inscrite en fac de médecine. 
Ma voie était celle des soins aux personnes. J’aime rencontrer des gens au quotidien, aider les autres, me sentir utile. J’aurais été malheureuse dans un bureau, devant un ordinateur. Après avoir rencontré un chiropracteur, je me suis renseignée. J’ai été voir l’école à Paris. J’ai beaucoup lu. C’était le métier  que je voulais exercer.
L’avantage de la chiropratique c’est qu’elle prend la personne dans sa globalité. On considère l’état de santé général. Le fonctionnement du corps humain est fascinant. Le corps est assez intelligent pour fonctionner seul et s’auto-guérir. Mais il arrive qu’on lui en demande trop ou qu’on lui inflige tellement de pression mécanique, chimique et psychique qu’il n’arrive plus à fonctionner correctement. C’est là que j’interviens afin de l’aider. Mon but premier reste d’optimiser l’état de santé et le fonctionnement du corps.

Thyl Duhameeuw : C’est une profession de première ligne. Nous prenons nos patients en charge et nous sommes responsables de l’entièreté du traitement. Nous avons suivi une formation qui nous rend capable de faire ce suivi de façon adéquate. Le chiropracteur pose le diagnostic, prend soin, fait le traitement et le suivi. C’est une réelle prise en charge totale du patient.
Les résultats sont très rapides. Par le contrôle palpatoire que nous faisons après une manipulation, nous savons si elle est réussie. Fréquemment, il nous arrive de pressentir que, quand le patient reviendra pour la prochaine visite, la situation se sera déjà améliorée. Il y a donc souvent une réaction positive. Un lien personnel se forme avec les patients. En plus, il y a le toucher. Les futurs étudiants doivent se rendre compte qu’on ne travaille pas en fictif. On prend les gens en mains, littéralement. C’est un contact. Il n’y a pas deux patients qui soient pareils. Tout change tout le temps. C’est passionnant. 
Socialement et familialement, c’est un métier qui a ses avantages. Il est possible d’équilibrer son métier avec sa vie familiale. On est tout à fait indépendant. Cela permet de s’organiser comme il faut et d’avoir du temps pour la famille, etc.

Comment êtes-vous devenu(e) chiropraticien(ne) ?

S.F. : J’ai un baccalauréat scientifique. Je suis Française et j’ai fait mes études à Paris. En France, il y a une seule école, l’IFEC (l’Institut Franco-Européen de Chiropraxie) qui a maintenant un autre campus à Toulouse. Il y a un examen d’entrée et une sélection. 
Les études durent cinq ans et comprennent un an de stage clinique. Durant le stage clinique, on prend en charge plus ou moins quatre cents dossiers. On rencontre de vrais patients. C’est une sorte d’internat : on est suivi par nos professeurs. Je trouve cela positif : après les études, on ne se retrouve pas sans aucune expérience sur le terrain. 
Après, il faut effectuer une recherche scientifique, une présentation devant un jury et l’examen de compétences cliniques. Ceci permet l’obtention du diplôme de chiropractor. 
Comme tout métier de santé, cela évolue. Il y a donc une formation continue (séminaires). On continue toujours à apprendre.
En arrivant en Belgique, il faut passer le GEP (Graduate Education Program). C’est une sorte d’examen et de présentation. On doit suivre des chiropraticiens dans leurs cabinets. On présente des cas cliniques. C’est l’Union Belge qui organise cela afin de s’assurer de la qualité de tous les chiropracteurs qui s’installent en Belgique. Il n’y a pas de formation en chiropraxie qui existe en Belgique. L’Union s’assure donc que les chiropracteurs aient les mêmes informations et plus ou moins la même façon de travailler. Elle veille à ce que ce soit assez standardisé. 

T.D. : Le candidat chiropracteur n’a pas le full membership de notre Union professionnelle tant qu’il n’a pas passé le GEP. Il peut commencer un embryon de pratique, être inscrit comme membre provisoire et bénéficier de l’assurance professionnelle de groupe. Il a un an pour faire son GEP. Il a donc le contact avec les pairs et peut ainsi profiter de leur expérience. De plus, comme il n’y a pas de formation en chiropraxie en Belgique, il a forcément un diplôme étranger : anglais, suisse, français, espagnol ou bientôt norvégien. Il doit donc s’acclimater à la façon de fonctionner et de travailler en Belgique. Parfois, il y a des problèmes de langue. Ce programme est donc fait pour aider les jeunes praticiens à s’installer, à s’incorporer, à s’habituer à la façon de faire et aux us et coutumes du pays. 
Depuis 1946, l’Union Belge des Chiropracteurs règle et contrôle la profession de chiropracteur en Belgique afin de garantir une protection maximale pour nos patients. Parmi toutes les professions de santé « non conventionnelles », nous sommes les seuls à avoir une organisation nationale, européenne, internationale, mondiale. Les diplômes sont interchangeables. La formation en chiropraxie est contrôlée par une agence d’accréditation européenne qui elle-même est sous le contrôle de ENQA qui est une agence qui regroupe les agences d’accréditation de qualité d’enseignement supérieur en Europe. Notre formation est donc tout à fait régularisée. C’est tout à fait unique par rapport aux ostéopathes, aux homéopathes, aux acupuncteurs qui n’ont pas encore de formations uniformes et accréditées. Notre seul handicap, c’est celui de ne pas avoir de faculté de chiropraxie en Belgique. Nous espérons obtenir des bourses pour faciliter l’accès aux études à l’Etranger, dans un premier temps, et ensuite organiser une formation en Belgique. 

Est-ce un métier protégé ?

S.F. : Le métier est protégé dans le sens où on doit faire partie de l’Union Belge. Une partie du montant de la consultation est remboursée par la mutuelle et, pour être agréé mutuelle, on doit faire partie de l’Union Belge. Pour faire partie de l’Union Belge, tout est contrôlé. Il faut présenter son diplôme, les cours suivis, etc. En arrivant en Belgique, je ne connaissais rien ni personne. C’était l’occasion de rencontrer de nombreux chiropracteurs. On m’a montré où je devais aller, ce que je devais faire. Je vois mes confrères dans les réunions, les séminaires, mais nous travaillons chacun de notre côté. Cela m’a donc permis de voir comment cela fonctionne en Belgique, de m’adapter et d’avoir des contacts.
Pour moi, le métier est donc protégé par la formation mondialement standardisée. On n’obtient pas un diplôme de chiropracteur en deux ans ou en six mois. Que vous soyez kiné, médecin ou autre, c’est la même formation pour tout le monde. 

T.D. : Premièrement, c’est illégal de revendiquer un diplôme que l’on n’a pas. Si quelqu’un indique « chiropracteur » sur sa porte et n’a pas fait les études, cela correspond au port illégal du titre. 
Il y a aussi le problème de l’assurance professionnelle. Tous les chiropracteurs membres de l’U.B.C. profitent d’une assurance de responsabilité professionnelle de groupe. Nous avons cette assurance de groupe depuis 1946. Ceux qui ne répondent pas aux conditions d’adhérence à notre union professionnelle ne peuvent pas profiter de cette assurance. C’est une façon de protéger le patient et de protéger la profession.
Il y a également le Développement Professionnel Continu organisé par l’union professionnelle. Pour conserver son adhérence, le chiropracteur doit suivre des cours de formation continue et obtenir une moyenne de 30 points crédits par an. L’objectif est de rester à la hauteur des derniers développements scientifiques et autres. Ceci rejoint la question de la sécurité du patient. On se protège en protégeant. 

Globalement, comment se déroule une consultation ? 

S.F. : Dans une consultation classique, la plupart des patients viennent d’eux-mêmes. Il y a ce qu’on appelle une anamnèse. On pose de nombreuses questions au patient sur ses symptômes et sur son état de santé général (antécédents médicaux, personnels, éventuels accidents, opérations, traitements, etc.). L’anamnèse finie, on effectue l’examen clinique. On considère le patient dans sa globalité : la façon dont il se tient, s’il a les pieds plats, etc. Il y a des tests orthopédiques et neurologiques : les réflexes, les dermatomes, etc. A chaque étape du traitement, on a dans la tête des diagnostics différentiels. Tout l’examen nous guide vers la cause de la complainte du patient. A la fin de l’examen physique, orthopédique, neurologique, on fait ce qu’on appelle la palpation. C’est à ce moment qu’on touche vraiment le patient. On regarde où il y a des réductions de mobilité. 
A la fin de la première visite, on explique au patient ce qu’il a. On lui met en place un plan de traitement : se voir un certain nombre de fois, faire telle ou telle chose… L’anamnèse est aussi importante pour savoir ce qu’il fait dans la vie, comment il travaille, comment il est assis. On est fréquemment amenés à donner des exercices, des conseils, une « hygiène du dos » car il faut traiter ce qu’il a, le soigner et prévenir pour que cela ne revienne pas. Il y a une approche générale. Je dis toujours à mes patients que je veux non seulement soigner le mal mais aussi traiter la cause et éviter que cela ne revienne. 
Après avoir établi le plan de traitement, on effectue donc le traitement. Dans notre langage, le traitement chiropratique est appelé un ajustement. C’est une manipulation. Une manipulation c’est envoyer une force, précise, dans le sens de l’articulation. C’est indolore. A la base, tous les gens pensent que cela fait mal. Un ajustement chiropratique ne fait pas mal. C’est rapide et précis. Cela ne dure même pas une demi-seconde. Après, il y a ce qu’on appelle les « cracs ». Les chiropracteurs sont connus pour cela. Le « crac » ce n’est en aucun cas deux os qui se frottent. Il s’agit d’une bulle d’air. Une bulle de gaz se forme dans l’articulation et c’est ce qui fait ce bruit. C’est un bruit naturel qui se produit si vous bougez vous-même votre articulation. En Belgique, je suis davantage amenée à expliquer le bruit. Je ne sais pas d’où vient l’idée que le crac est douloureux et nocif.

T.D. : En France, l’expression « craquer » n’est pas beaucoup employée. C’est typiquement belge.
Une explication que je donne souvent aux patients est basée sur une comparaison avec un ordinateur. Quand vous faites trop de choses en même temps sur votre ordinateur, il risque de caler. A ce moment là, il faut faire un « reset ». Quand les muscles sont surchargés, ils ont également une tendance à se bloquer ; ça tend et ça fait mal. Alors nous intervenons au niveau des muscles profonds de la colonne par exemple en provoquant une impulsion rapide, très précise et indolore où c’est nécessaire. De ce fait, ces structures se relâchent et « repartent à zéro » tout comme l’ordinateur reprend ses fonctions correctement après un « reset ».
Le mal de dos est un problème majeur de santé publique qui représente 5,2 millions de jours non œuvrés par an en Belgique.
A mon avis, une des causes de l’étendue de ce problème est le fait que notre colonne vertébrale a notamment deux fonctions totalement opposées. L’une est de permettre une mobilité maximale et l’autre de protéger la moelle épinière car si celle-ci est blessée les suites sont catastrophiques. La colonne doit donc se défendre et bouger à la fois, ce qui peut engendrer des problèmes. La chiropraxie apporte une réponse efficace à ce dilemme.

Le quotidien est-il difficile ?

S.F. : Pas le quotidien de mon métier en soi. Je fais ce que je veux. Je gère mes horaires. Je suis chez moi. J’exerce un métier que j’aime. Venir au travail n’a jamais été pénible. Au début, ce qui peut être difficile, c’est d’être indépendant, s’installer seul, faire les démarches. Ceci concerne n’importe quel métier d’indépendant: médecin, psychologue, etc. Le premier jour, on n’a pas soixante patients. Il faut créer son cabinet, le développer, etc. Mais on ne se lance pas dans une formation aussi longue, chère et contraignante si on ne sait pas pourquoi on le fait, si on n’est pas motivé. Mon cabinet, c’est mon bébé. Parfois, je reste jusque vingt et une heures. J’oublie le temps. Pour le moment, je n’ai pas d’enfants. Mais je pourrai régler mon emploi du temps comme je le veux. Pour moi, le quotidien n’est donc pas difficile. 

T.D. : Les frais de base ne sont pas énormes. Il faut un endroit, une table, un bureau…

S.F. : Et des mains !

T.D. : Et tout le monde a déjà un ordinateur. Si on compare cela à ce qu’un dentiste doit installer et financer, c’est tout à fait différent. On peut travailler dans le Monde entier et on a tout en nous pour pouvoir travailler.
Naturellement, il faut avoir un bon état d’esprit parce qu’on travaille avec les problèmes des autres. Il faut avoir une certaine solidité, une empathie, être quelqu’un de sociable. 

Quels sont les points positifs et les points négatifs du métier?

S.F. : Dans les points positifs, il y a le fait de gérer mes horaires comme je le veux. Je suis sociable. J’adore le contact avec les gens. En consultation, je reçois des profils différents. Je peux recevoir un petit garçon ou un homme de nonante ans. Chaque patient est à part. La douleur est quelque chose de très subjectif qu’il ne faut pas sous-estimer. Je trouve cette diversité formidable. Mon métier n’est pas monotone. On bouge. Ce n’est pas un métier sédentaire. 
Un autre point positif, déjà mentionné, c’est le fait de n’avoir besoin de rien pour exercer. J’ai juste besoin de mes mains. J’aime le toucher. Je trouve que quelque chose se passe et se développe. C’est ma quatrième année de travail et je vois une évolution. J’apprends tous les jours. Pour certains cas, je suis obligée de retourner dans mes cours ou d’envoyer des mails à certains collègues. C’est une formation continue. On ne stagne pas à un niveau. On n’a pas le temps de s’ennuyer. Certains jours, les problèmes des gens sont fatigants mais je n’ai jamais manqué d’envie d’aller travailler. Au contraire. 
Dans les points négatifs, le fait d’être indépendant est difficile. Mais ce n’est pas spécifique à mon métier. C’est le cas pour tous les indépendants. 
Le fait que la chiro soit encore méconnue peut être difficile. Même si cela ne me dérange pas de faire la promotion de mon métier. La plupart des patients arrivent au cabinet grâce au bouche-à-oreille en disant « Je ne sais pas ce que vous faites. Mais apparemment, ça marche ». La première chose que je fais alors c’est expliquer. Etre encore méconnu en Belgique peut donc être un point négatif. En France, c’est encore le cas aussi. Alors qu’en Suède c’est très connu. Dire qu’on est chiropracteur, c’est comme dire qu’on est dentiste ou pharmacien : tout le monde connaît. 

T.D. : C’est un métier valorisant. La satisfaction des patients en chiropraxie est très élevée donc, tous les jours, on reçoit des petits compliments. Cela fait plaisir et c’est très important. 
Au niveau des points négatifs, je mentionnerais le « combat » avec le monde médical institutionnalisé qui désire maintenir son monopole. Cela crée parfois des frustrations. Alors que dans d’autres pays…
Mais le contact avec les patients est très valorisant. C’est cela qui est important.

S.F. : Oui mais cela implique aimer le contact avec les gens, être sociable. Ce sera peut-être difficile pour une personne introvertie. Certains jours, on voit vingt personnes différentes. Elles n’arrivent pas en disant « Bonjour, j’ai mal là alors soignez-moi là ». On n’est pas des machines. Chacun décrit ses symptômes à sa façon. Il faut savoir écouter et aimer être avec les gens. Dès le début, il faut savoir qu’on sera amené à rencontrer de nombreuses personnes et à les toucher. 

T.D. : Certains patients qui nous connaissent depuis longtemps viennent chez nous en première ligne. C’est une responsabilité. A nous de référer au médecin quand c’est nécessaire.

Avez-vous un conseil à donner à un(e) jeune qui désire exercer cette profession ?

S.F. : Il faut qu’il parle anglais. Il y a des séminaires totalement en anglais. 
Il faut être motivé. Ce sont de longues études qui coûtent assez cher. La plupart des étudiants font des prêts ou travaillent à côté. C’est dur, c’est long, mais on sait pourquoi on le fait. 
Il faut aussi aimer le contact avec les gens. 
Je pense que c’est bien d’avoir une âme créative parce qu’on touche les gens, on cherche… 

T.D. : Salma l’a dit : « Ma pratique c’est mon bébé ». C’est une très bonne façon d’expliquer. On grandit avec. C’est comme dans une famille avec des enfants. On devient parent quand les enfants grandissent. Il n’y a pas d’école pour faire grandir une pratique. On a la base et puis on se lance. Il faut donc pouvoir se dire « Je prends mes responsabilités et j’y vais ». Même si, en cas de problème, il y a aussi un soutien entre collègues, de la part du syndicat, de l’Union Belge des Chiropractors. 
C’est un métier formidable. 

S.F. : Je conseillerais d’aller voir travailler un chiropracteur. Il y a de nombreux « on dit » et je pense que la meilleure façon de savoir, c’est d’aller voir par soi-même. On peut contacter l’Union Belge ou n’importe quel chiropracteur qui sera sûrement ravi de répondre à cette demande. Je trouve que c’est la meilleure façon de voir comment se déroule une journée, d’être au contact des patients, de se rendre compte de ce qu’est le métier de chiropracteur. 

T.D. : Dans un deuxième temps, on peut contacter des étudiants pour passer une journée avec eux. On pourra suivre les cours, voir l’ambiance, discuter. 

S.F. : Il faut que ce soit un choix dans le sens où, avec certains diplômes, on peut travailler dans plusieurs endroits. Avec un diplôme en finance, on peut travailler dans la banque mais aussi ailleurs. Avec le diplôme de chiropraticien, on devient chiropraticien. Vous êtes amené à faire cela toute votre vie. Je ne connais aucun étudiant ayant arrêté au milieu des études de chiropraxie car on ne se lance pas dans des études de six années, difficiles et onéreuses, parce qu’on n’a rien d’autre à faire. Et la meilleure façon de faire ce choix, c’est de se rendre compte réellement de ce que c’est.  

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.