Sébastien de Jonge,
Coordinateur de l’asbl Sans collier

Interview réalisée en avril 2015  —  Interview 1219

Pourriez-vous nous présenter l’asbl, ses missions, ses activités ?

L’asbl existe depuis 42 ans. Le refuge est notre principale activité. Nous accueillons chaque année plus de 1.200 animaux que l’on replace à l’adoption.

Nous avons aussi une mission de sensibilisation envers le public sur l’importance de l’animal, son bien-être et la relation entre l’homme et l’animal.  

Pouvez-vous nous donner quelques exemples d’actions, de campagnes que vous menez?

Nous organisons notamment la « Journée du chien » qui permet au grand public de découvrir le chien à travers des activités, des démonstrations, etc.

Nous mettons aussi en place des promenades éducatives avec une comportementaliste, pour sensibiliser les gens à l’importance de l’éducation du chien et à l’écoute de son comportement.

Les chiens se rendent également dans des ateliers organisés avec les jeunes des centres fermés, (IPPJ). Cette initiative permet à ces jeunes de se développer et de se projeter dans l’avenir.

Quels sont les différents profils que l’on retrouve dans votre équipe ?

Les profils sont multiples : il y a 7 salariés et 60 bénévoles. Parmi les salariés, on retrouve des ouvriers, des personnes qui disposent d’un diplôme du secondaire ou du supérieur mais qui ont appris le métier sur le tas (les formations étant assez récentes dans le domaine). Dans les bénévoles, on a de tout : des demandeurs d’emploi, des comptables, des gestionnaires d’entreprises, des personnes qui sortent de prison et qui doivent se réinsérer, etc.

Quels sont les animaux que vous recueillez le plus fréquemment et dans quelles circonstances ?

Nous recueillons des chats et des chiens uniquement. Ils sont soit trouvés sur la voie publique et amenés chez nous par des particuliers ou la Police, soit abandonnés pour différentes raisons : problèmes de comportement, de propreté de l’animal ; situation familiale ou financière du maître, etc.

Dans le cas d’un chien perdu, nous sommes légalement tenus de mettre tout en œuvre pour retrouver son maître en faisant des recherches via la puce, par exemple. Si après 15 jours, nous n’avons pas de retours, il sera mis à l’adoption.

Quel est votre parcours personnel ?

J’ai suivi des études en infographie et à la fin de mes études, durant les vacances d’été, j’ai travaillé en tant que bénévole au refuge. Quelques semaines après mon bénévolat, un poste de chargé de communication s’est ouvert au sein de l’asbl et j’ai été engagé. Je suis ensuite devenu coordinateur, il y a 4 ans.

A certaines périodes, j’occupe encore la fonction d’animalier (pour remplacer un animalier en congé, par exemple). C’est important d’être polyvalent dans les petites structures comme la nôtre et cela permet aussi, en tant que coordinateur, de garder le contact avec le travail de terrain.

En tant qu’animalier, la plus grande partie de notre temps est vouée à l’entretien et à la désinfection des locaux occupés par les animaux. Il y a ensuite les soins, c’est-à-dire le nourrissage, le brossage mais aussi l’administration des médicaments éventuels. L’animalier observe aussi beaucoup les animaux, leur comportement et il s’adresse au vétérinaire en cas de soucis détectés.

Enfin, certains s’occupent de placer l’animal à l’adoption, ce qui correspond à un travail plus administratif.

Comment se déroule une adoption ?

L’adoptant se présente chez nous, visite les lieux, découvre les animaux. Nous avons ensuite une discussion avec lui afin de savoir ce qu’il recherche comme animal, comment il fonctionne, quelles sont ses motivations, etc. Si le profil est bon, on lui présente alors un animal. Le rôle de l’animalier est très important à ce stade-là car c’est lui qui connaît le mieux les animaux dont il s’occupe et qui pourra donc déterminer celui qui correspond aux attentes de l’adoptant mais aussi aux besoins de l’animal. Il faut parfois faire preuve d’une certaine psychologie pour faire comprendre aux adoptants, qui ont parfois des a priori, que tel animal leur conviendra.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous diriger dans cette voie ?

Mes parents ont toujours adopté des chiens issus du refuge et donc, quand j’ai cherché à travailler après mes études, ça m’a paru évident d’essayer.

Quelles sont selon vous les qualités essentielles pour travailler dans un refuge ?

En tant qu’animalier, il faut avoir un sens relationnel, un bon contact, que ce soit avec les animaux, les bénévoles à gérer ou avec les adoptants. Il faut aussi une très bonne résistance physique (le métier suppose de travailler dans le bruit, les odeurs) mais aussi émotionnelle. Il faut en effet parfois faire face aux décès, à des cas de maltraitance. La polyvalence et la motivation sont très importantes également. Il ne faut pas compter ses heures et être disponible.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite travailler dans un refuge ?

Commencer par du bénévolat est selon moi très recommandé. Le plus important est de se rendre bien compte de la réalité de terrain. On ne cajole pas des chiens à longueur de journée. Sur 250 bénévoles, 10 seulement restent chez nous. Ceux qui ne poursuivent pas dans cette voie-là se rendent compte que le métier n’est pas évident et que ça ne leur convient tout simplement pas. Mais ceux qui accrochent dès le début sont partis pour faire une belle carrière, riche en rencontres humaines et en apprentissages ! 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.