Séverine Gobert, Danseuse

Interview réalisée en juillet 2008

Séverine Gobert est Première ballerine au Jeune Ballet de Namur et professeur d'éducation physique

Quel est votre parcours ?

Après mes études secondaires, j’ai effectué un régendat en éducation physique. Parallèlement à cela, j’ai suivi les cours de danse au Conservatoire de Namur. A l’âge de 11 ans, je suis entrée au Jeune Ballet de Namur où j’enseigne la danse actuellement. Je ne suis donc pas danseuse professionnelle, ce n’est pas mon métier, car j’estime que la danse, comme pour d’autres métiers artistiques pour lesquels le physique est important, est un domaine qui nécessite d’avoir autre chose à côté, une roue de secours en quelque sorte. On ne sait jamais ce qui peut arriver. A 18 ans, j’ai hésité à me lancer dans une carrière en tant que professionnelle mais finalement, je ne regrette pas d’avoir poursuivi mes études. Cependant, j’ai toujours rêvé de faire de la danse depuis que je suis toute petite et j’ai eu la chance d’avoir mes parents pour me soutenir.

Beaucoup de personnes pensent qu’il s’agit d’un métier contraignant, qui entraîne beaucoup de sacrifices, qu’en pensez-vous ?

Même si je pense qu’au niveau professionnel, les contraintes sont importantes, chez nous, il y en a aussi. Il faut avoir une certaine hygiène de vie, se coucher tôt avant les spectacles, venir à toutes les répétitions, prendre soin de son corps,etc. La discipline est également un élément important qu’il faut savoir gérer. Chez nous, les danseuses qui ne restent pas sont généralement celles qui ne supportent pas la discipline imposée par la danse. La danse classique est particulièrement exigeante même si les auditions en danse contemporaine sont tout aussi difficiles.

Vous enseignez également, est-ce que cela signifie qu’un danseur est destiné à enseigner ?

Je pense que c’est la suite logique dans le sens où cela lui permet d’être rémunéré. Mais un bon danseur n’est pas forcément un bon professeur ! De plus, la carrière d’un danseur est assez courte, à partir d’un certain âge, il ne lui est plus possible de poursuivre une carrière « normale » en tant que danseur. C’est la même chose que pour un sportif de haut niveau. Il faut donc qu’il pense à se reconvertir.

Quels sont les conseils que vous pourriez donner aux jeunes danseurs ?

Avoir une roue de secours, un autre métier en parallèle, aller voir les bonnes personnes (dans les Conservatoires par exemple). Vu le manque de reconnaissance de la profession, c’est très important. Il ne faut pas se lancer trop tard non plus. Pour les filles, il est encore temps entre 8 et 12 ans, pour les garçons, c’est plutôt 14 ans.Ce sont des périodes où le physique change énormément.

Qu’est-ce que vous apporte la danse ?

Pour faire partie d’un ballet, il faut réussir ses études, donc je pense que la danse m’a apporté la rigueur, la capacité à gérer mon temps, la concentration et la mémorisation (il en faut pour retenir toutes les chorégraphies !) nécessaires pour réussir mes études. Cela m’a appris à être ponctuelle aussi.

Comment préparez-vous un ballet, un spectacle, en tant que professeur ?

Il faut avant tout se renouveler par les stages (Cologne, Toulouse,…), voir des spectacles en « live » ou sur DVD (ne surtout pas regarder les clips !) afin de trouver l’inspiration, même si elle peut également provenir d’une personne qui marche tout simplement dans la rue. Après, il faut remettre tout ça à sa sauce, y ajouter sa touche personnelle.

Quelles sont les difficultés rencontrées lorsque l’on enseigne la danse ?

C’est très difficile d’ « expliquer juste », de faire comprendre aux élèves ce qu’on veut faire passer car il n’est pas seulement question de pas, il y a aussi une émotion, un personnage derrière et ce n’est pas toujours évident.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.