Silverio Gonzalez,
Responsable reliure, opérateur en façonnage d’imprimerie.

Interview réalisée en juin 2013

Quand avez-vous commencé à travailler en reliure ?

J’ai commencé il y a 31 ans. J’ai tout appris sur le tas. 

En quoi consiste votre travail dans la chaîne de fabrication ?

Mon travail est de faire en sorte que les reliures soient vite et bien faites, de sorte que le produit fini respecte les délais convenus avec le client. 

Comment se déroule le processus de reliure dans votre entreprise ?

Il existe trois sortes de reliures en imprimerie de labeur : dos carré collé, fil de lin et point métallique. Les feuilles imprimées sont d’abord passées à la rogneuse, pour découpe. Ensuite, une grosse majorité (80 %) passe à la plieuse. Enfin, l’ensemble des cahiers est relié, par points métalliques (agrafes) pour les magazines et les publicités, à la colle pour les livres courants et cousus au fil de lin pour les ouvrages plus luxueux. 

Est-ce un métier pénible ?

C’est un travail éprouvant, mais il n’a plus rien de commun avec ce qu’il était jadis. Maintenant, tout est programmé à l’avance sur la machine. On gagne ainsi un temps précieux, lors de la mise en service. 

Comment devient-on relieur ?

Il n’y a pas de formation ou d’école pour devenir brocheur ou relieur. On apprend le métier en travaillant. Il demande beaucoup d’attention et de concentration. Une seule erreur et ce sont des centaines de livres ou de brochures qui doivent être jetés à la poubelle. C’est souvent le cas lorsqu’on travaille avec plusieurs éditions d’un même ouvrage en différentes langues. Il s’agit de ne pas mélanger les cahiers ! Pour vérifier qu’il n’y a pas de problème, nous avons un ozalid (sorte d’impression au brouillon de l’ouvrage) pour vérifier que tout est bien au point. 

Qu’est-ce qui est le plus difficile dans vos conditions de travail ? 

C’est un métier lourd. Nous travaillons dans le bruit toute la journée et en deux pauses. En général, nous commençons à 4 heures du matin, pour pouvoir livrer le produit fini vers 18 heures au client. 

Avez-vous un conseil à prodiguer aux jeunes qui commencerait dans le métier ?

Mon conseil ? Comme je l’ai dit, il n’y a pas de diplôme de relieur ou de brocheur. Mais, avec la crise de l’imprimerie, il y a beaucoup de professionnels sur le marché. Il faut donc montrer son envie d’apprendre et de travailler ! Souvent, les jeunes que nous avons engagés sont des étudiants qui ont travaillé chez nous pendant les vacances scolaires.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.