Stéphane Bouchez,
Stratège en e-marketing, créateur et CEO

Comment êtes-vous devenu un éclaireur du marketing en ligne ?

Je suis l’option langues « espagnol, anglais, néer­landais ». Je poursuis les langues et je réalise une candidature (bachelier) à l’ISTI en anglais et espagnol. En 1999-2000, lors de ma seconde candidature, je pars au Mexique et 6 mois aux USA, à la Northern Arizona University. J’y découvre le marketing en ligne et trouve cela génial ! Je suis à l’époque déjà connecté à l’In­ternet, via les premiers fournisseurs d’accès. De retour en Belgique, je m’inscris à l’EPHEC en marketing. Lors de la dernière année, n’ayant toujours pas eu de cours de marke­ting en ligne, je décide d’aller me former en marketing en ligne à TechnofuturTIC. J’y réa­lise mon stage et rédige mon mémoire sur le marketing en ligne.

Diplômé et envieux de travailler dans le mar­keting sur Internet, je me confronte très vite à la réalité : il n’y a pas d’offre d’emploi en mar­keting en ligne. Beaucoup d’agences de déve­loppement de site, mais pas de stratégie. Je décide alors de devenir indépendant et je me renseigne sur toutes les démarches adminis­tratives à effectuer pour atteindre mon objec­tif. Au vu de la charge administrative et de gestion, j’engage directement un comptable. Je garde mon statut d’indépendant pendant 7 ans et crée ensuite ma société Stratenet. Je souhaitais développer mon activité et toucher d’autres clients que le statut d’indépendant ne me permettait pas d’atteindre. Ce change­ment de statut m’a aussi permis d’avoir une sécurité supplémentaire et d’être moins taxé.

Quelles sont les étapes de votre travail ?

Je planifie les stratégies, je définis comment une entreprise va atteindre ses objectifs de reconnaissance, de rentabilité via les moyens de communication en ligne. Je mets en oeuvre les processus via l’e-mailing marketing, le référencement, les campagnes d’achats de mots-clés, etc. Je mesure les actions menées et réinvestis la stratégie en fonction des résul­tats. Je travaille généralement de 7h du matin à 20h. Les weekends peuvent être inclus selon les opportunités professionnelles.

Quelles sont les interactions avec les autres corps de métiers ?

Un e-marketeur travaille en interaction avec les développeurs, les gestionnaires de conte­nus éditoriaux et les designers. Selon les cas, il peut aussi travailler avec d’autres web straté­gistes en renfort.

Quels freins avez-vous rencontrés au début de votre carrière ?

Un de mes plus grands freins, lors du lance­ment de ma boite, a été de dépasser ma peur de l’inconnu. Fraichement sorti des études, je ne disposais d’aucune expérience et j’avais très peu confiance en moi. Au vu de mon jeune âge, j’avais des problèmes de reconnaissance et il n’était pas aisé de trouver des clients, ce qui engendrait aussi des soucis de trésorerie. Et c’est par la force des expériences profes­sionnelles positives et moins positives que je me suis formé. Aujourd’hui, cette situation a évolué, et ce sont généralement les clients qui me contactent. Je peux même me permettre de choisir les projets où je vais m’investir. Je pri­vilégie la qualité des relations humaines avec le client. Selon la taille des structures et leurs types d’activités, certains projets seront plus neutres et peu enclins à développer une rela­tion humaine de qualité sur le long terme. Je privilégie aussi des projets qui m’inspirent et qui offrent une réelle opportunité innovante.

Un conseil ?

Un premier critère de réussite lorsque l’on veut se lancer en tant qu’indépendant est d’avoir un bon business plan. Privilégier des modèles de récurrence permet d’assurer une certaine stabilité professionnelle. J’invite les jeunes à se mettre en avant, à se montrer per­formants. Il est indispensable de basculer en mode de proposition de services, de valeurs ajoutées et non en mode passif d’attente, de demande. Bien gérer son temps et prendre des marges de sécurité.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.