Steve Materne,
Technicien de laboratoire

Interview réalisée en février 2017

Comment êtes-vous devenu technicien de laboratoire ?

Je connaissais des gens qui travaillaient dans le secteur pharmaceutique et on m’avait conseillé d’aller dans ce sens pour espérer intégrer une des entreprises qui étaient fort porteuses d’emplois dans ma région. Je me suis inscrit dans un graduat en chimie dans une haute école.

En quoi consiste exactement votre travail ?

Je travaille sur le vaccin de la coqueluche, dans le département Purification. Les bactéries de la coqueluche sont cultivées dans des immenses cuves pour ensuite être fragmentées en plusieurs morceaux (protéines). Nous nous chargeons de récupérer les protéines d’intérêt à l’aide de colonnes de chromatographie (technique physico-chimique de séparation des protéines) qui vont servir à l’élaboration du vaccin. Le système immunitaire sera alors, une fois le vaccin injecté, capable de reconnaitre la bactérie grâce au contact des 3 antigènes (fragments-protéines) récoltés.

Qu'est-ce qui vous plaît dans cette fonction ?

C’est une fonction qui demande beaucoup d’attention sur les manipulations car le patient est constamment mis en avant par le management. Les erreurs sont très dommageables et les instances de contrôle vérifient souvent la bonne pratique de travail de l’ensemble de la fabrication du vaccin. S’il devait y avoir un doute sur l’intégrité du produit, il serait directement rejeté et éliminé, ce qui coute très cher  à l’entreprise.

Sinon, le travail est très varié, il est possible de se former et d’évoluer très facilement si l’on a un tempérament ambitieux. Enfin, le salaire et les avantages sont très intéressants…

Quelles difficultés rencontrez-vous dans l'exercice de votre métier ?

Le monde du pharmaceutique est très stressant, il faut savoir garder son sang-froid en toutes circonstances. Les changements de planning demandent de la flexibilité… Il faut savoir travailler en équipe et donc avoir le sens de la communication. Il y a des procédures pour chaque manipulation et il est donc interdit d’improviser ! Les zones de travail sont contrôlées en permanence, ce qui implique un comportement et un habillage spécifique pour éviter une quelconque contamination.

Existe-t-il une « hiérarchie » parmi les techniciens de laboratoire ?

On ne peut pas parler de « hiérarchie », mais plutôt d’un capitaine d’équipe qui fera le lien entre les techniciens et le superviseur. Le rôle de ce dernier est d’assurer la communication, la coordination et la bonne entente au sein de l’équipe.

Quelle serait une éventuelle journée type ?

Les journées sont rythmées par un planning hebdomadaire de chaque technicien. Certains ont des rôles propres et ne participent pas toujours à la production. Nous nous entretenons tous les matins vers 8h30 pour un feedback de l’état général des zones de travail afin de communiquer les éventuels points d’attention. Nous prenons alors place pour assurer le planning qui nous est assigné. Nous avons droit à une pause par demi-journée et à un temps de midi pour manger. Tout est mis en place pour le bien être de chaque employé.

Quel est votre environnement de travail ?  

Le bâtiment compte environ 220 personnes, les zones de travail sont très compartimentées pour éviter les contaminations, ce sont des labos de fabrication (production - rien de comparable avec un labo analytique). Les équipes comptent entre 10 et 20 personnes par département. Il y a aussi le plateau des superviseurs, des managers, des secrétaires et de tout ce qui est contrôle qualité (documentation).

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.