Sylvia Verschelden,
Contrôleuse qualité et responsable d'atelier

Interview réalisée en janvier 2007

Sylvia Verschelden est contrôleuse qualité et responsable d'atelier depuis 13 ans.

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Au début de la journée, je place les ouvrières. Je suis responsable de 320 ouvrières. S’il y a des absentes, je cherche d’autres ouvrières pour compléter l’équipe et mettre la chaîne en marche. Après, je contrôle le produit, je vérifie le contenu des camions, je contrôle les patronages, je fais une tête de série avant la production, je contrôle cette tête de série, je fais les modifications sur le patronage, et enfin, je lance la production.

Je suis chaque jour en contact direct avec le client (par mail, téléphone, via Skype). Il y a des clients qui viennent à l’atelier pour contrôler, suivre la production, prendre des décisions en cas de problème. Quand un client envoie un modèle à produire, je vérifie à l’aide de la tête de série si le système de montage qu’il a prévu est bon pour une production de 2000 pièces, par exemple. Si nécessaire, je change la technique (le patronage) pour que la production soit simple et la qualité meilleure.

Pour le contrôle de la qualité, selon le modèle, je mets des barrières à une étape déterminée de la chaîne. Je vérifie également le produit fini. Par exemple, pour une veste, je contrôle le doublage avant et après la production. Je ne contrôle pas toutes les opérations, sinon je n’en finirais pas : les ouvrières doivent aussi se sentir responsables de leur travail.

Je reçois des instructions du patron de l’atelier qui s’occupe de la planification, qui vérifie que le travail avance et qui est là en cas de souci. Ensuite, je m’organise comme je veux, j’ai la responsabilité de tout l’atelier. L’essentiel est de respecter les délais pour que le client ne refuse pas la marchandise.

Quelles sont les qualités attendues dans votre  profession ?

Il faut une connaissance du patronage, c’est primordial ! Il faut beaucoup de pédagogie pour expliquer les techniques de manière simple. Il faut utiliser l’informatique, pour le patronage assisté par ordinateur (Lectra système). Il est important d’être vigilant pour le suivi de la production et pour détecter ce qui ne va pas. Il faut pouvoir anticiper, tout le temps, percevoir les conséquences de tel ou tel changement afin d’optimiser la production et la qualité.

Quels sont les avantages et inconvénients de votre métier ?

Ce qui est bien, c’est de voir le produit fini, voir quelque chose de bien fait. Cela permet d’être satisfait de son travail. Puis, ça change tout le temps ! Tous les jours, il y a de nouveaux produits, de nouveaux accessoires. On apprend tous les jours.

Quel est l’horaire de travail ?

En Tunisie, c’est 48 heures par semaine pour les ouvrières et pour moi un peu plus. Du lundi au vendredi, je travaille de 7h à 17h et le samedi de 7h à 14h. C’est très lourd comme horaire.

Quelles études avez-vous faites pour accéder à votre profession ?

Un régendat en coupe-couture à Verviers (Institut Sainte-Claire).

Quel a été votre parcours professionnel ? 

Trois mois après la fin de mes études, j’ai quitté Verviers et je suis allée en Tunisie pour travailler comme contrôleuse de qualité. Ensuite, petit à petit, j’ai aussi eu la responsabilité de la production, du respect des qualifications, … J’ai fait des vêtements de femme et des vêtements d’homme.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

D’être très vigilant, d’être très sévère et d’avoir beaucoup de discipline !

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.