Sylvianne Tollemans, Puéricultrice

Interview réalisée en janvier 2004

Quels sont les profils qui constituent l'équipe de "Copains Copines"?

Il y a une psychomotricienne à mi-temps, deux puéricultrices à temps-plein, la responsable, une femme d'ouvrage et la maman de la responsable.

En quoi consiste votre fonction ?

Toute l'équipe fait tout : accueils du matin et du soir, activités diverses, préparations des repas,...

A quoi ressemble une journée type ?

Nous accueillons les enfants dès 7h30. Vers 9h30, nous les changeons et jouons avec eux jusque 10h30-10h45. Après, nous les installons dans les relax ou les chaises pour leur donner à manger et à boire, puis nous les changeons à nouveau. Ensuite, ils peuvent jouer jusqu'à midi, puis, nous les mettons au lit. Ils dorment généralement de midi à deux heures. Quand ils se réveillent, nous les changeons encore, puis ils jouent jusqu'à 15h. L'après-midi, ils font généralement des activités libres. A 16h, nous les changeons, les préparons et faisons l'accueil du soir (de 16h30 à 18h30).

Vous occupez-vous plus spécialement d'une tranche d'âge ?

Ma collègue s'occupe plutôt des grands mais nous alternons parfois pour que les enfants s'habituent à toute l'équipe.

Cette maison d'enfants a-t-elle un projet pédagogique ?

La responsable aimerait qu'un(e) conteur(euse) professionnel(le) vienne raconter des histoires aux enfants. Quand il fait chaud, nous allons à la piscine. Les plus grands font de la psychomotricité.

Quelle est votre formation ?

J'ai fait des études de puéricultrice en deux ans, comprenant 1000 heures de stage, dans des crèches, des prégardiennats et des maternités. A présent, les études durent trois ans et pourtant, il y a moins d'heures de stage qu'à l'époque où j'ai étudié. De plus, la prise de responsabilité réelle intervient assez tard dans le cursus. La plupart des stagiaires que nous accueillons observent sans mettre réellement la main à la pâte. Certaines n'ont encore jamais changé un bébé ou préparé un biberon, alors qu'elles sont en dernière année. Une stagiaire à qui nous avons demandé ce qu'était une méningite nous a répondu que c'était une maladie des mains!

Votre formation vous a-t-elle suffisamment préparée à l'exercice de votre profession?

Oui. Mais je pense que cela varie fortement en fonction des écoles et de la quantité des heures de stage.

Quels sont les aspects les plus positifs de votre profession ?

Voir l'évolution de l'enfant, depuis son plus jeune âge jusqu'à son départ.

Et les aspects les plus négatifs ?

Dans le secteur privé, je trouve que ce sont les parents : ils paient, donc ils pensent que tout leur est dû.

Considérez-vous la communication avec les parents comme partie intégrante de votre métier ?

Oui, c'est même une des plus importantes. Il faut pouvoir établir un rapport de confiance afin de leur faire part de problèmes éventuels.

Subissez-vous le stress ?

J'ai fait ces études en sachant pertinemment que les enfants pleurent, font du bruit, etc. J'estime que je n'ai donc pas à m'en plaindre.

Quelles sont les principales qualités que doit posséder une puéricultrice?

Il faut être patiente, calme et ne pas trop attendre des enfants. Il ne faut pas "booster" les enfants à tout prix et ne pas être déçue si ce qu'ils réalisent ne correspond pas à ce qui était prévu sur le papier. Le but d'une activité est qu'ils participent et qu'ils apprennent des choses.

Quelle est la mission principale de la puériculture ?

Tout leur apprendre du mieux qu'on peut.

Quels conseils donneriez-vous à un(e) jeune qui voudrait faire ce métier ?

De le faire par amour, par passion et par vocation. Si ce n'est pas le cas, on peut déraper très vite et devenir une mauvaise puéricultrice qui reste assise toute la journée et qui "garde" les enfants, sans rien faire avec eux et sans rien partager.

Quels sont les rapports entre la maison d'enfants et l'ONE ?

Il y a une consultation de l'ONE une fois par mois : un médecin et une infirmière viennent à la M.E. pour ausculter les enfants, les vacciner, etc. Par ailleurs, une "coordinatrice accueil" de l'ONE vient de temps en temps pour vérifier que tout est en règle (pas de surnombre, etc.).

Le métier est-il saturé ?

Oui. Peu de nouvelles crèches sont créées et même certaines crèches existantes sont menacées de fermeture si elles ne répondent pas à une série de critères. Si Copains Copines n'existait pas depuis dix ans, la responsable aurait dû fermer la M.E. ou alors suivre une formation en trois ans. Pourtant, l'ONE est très content de nous et a toujours rendu des rapports positifs.

Quel est votre meilleur souvenir professionnel ?

Nous nous sommes rendu compte suffisamment tôt d'un problème psychomoteur qui affectait un enfant. Il a donc pu être traité à temps et, à présent, il marche comme tous les autres enfants.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.