Sylvie Gauthier, Modiste

Interview réalisée en janvier 2007

Sylvie Gauthier est modiste depuis 11 ans.

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Ici, nous recevons la clientèle, nous fabriquons les chapeaux, nous cherchons les modèles,… Il peut y avoir des journées sans client et, donc, nous fabriquons des chapeaux. Il y a des journées où il y a du monde tout le temps à la boutique, et alors c’est de la vente toute la journée ou encore un peu des deux. Ajoutez à cela le côté administratif, comptabilité et autres, la vérification des fournitures,… C’est un travail assez varié et assez souple en fonction de ce qui se présente.

Quelles sont les qualités personnelles attendues dans votre métier ?

Il faut avoir une aptitude manuelle car nous faisons tout à l’aiguille. Il faut aussi avoir un côté créatif, de la recherche. On a une base de modèles intemporels qui marchent toujours, mais il faut avoir quelques idées. Il faut du goût et avoir le sens des couleurs car on joue beaucoup sur les couleurs. Un même chapeau dans des couleurs différentes va prendre un sens différent d’une personne à l’autre.

Quand une cliente se présente, on va chercher avec elle le modèle qui va lui convenir. Il faut alors un peu de « psychologie », il faut « sentir » la cliente. Il y a une relation à la personne qui est importante, une intuition, un feeling. On propose des modèles et on compose avec la cliente selon ses envies.

Quels sont les avantages et inconvénients de votre métier ?

Ce qui est intéressant, c’est de réunir tous les éléments : être vendeuse, réaliser les croquis et coudre. Ce qui est enrichissant, c’est le mélange, c’est d’être là du début à la fin du processus. Quand les clientes viennent ici pour choisir un chapeau, surtout pour les cérémonies, elles viennent avec leur toilette et c’est facilement trois quarts d’heure de travail. Le contact avec la clientèle est dans 97% des cas très agréable.

Ce qui est satisfaisant, c’est d’avoir une certaine liberté, même s’il y a certaines contraintes au niveau des horaires de la boutique, par exemple, ou en cas de commande car le travail doit être terminé à temps.

Malheureusement, on n’est pas aussi libre qu’on ne le pense. On est tributaire du marché parfois en dents de scie. C’est le cas de toute profession exercée en tant qu’indépendant. Le salaire ne tombe pas forcément à la fin du mois.

Quel est l’horaire de travail ?

Il est fluctuant. La boutique est ouverte de 10h à 18h, sauf cas exceptionnel (par exemple, s’il y a un problème avec mes enfants). Puis, si une cliente arrive à 17h55 et reste jusque 19h, je dois rester. Cela demande une autodiscipline terrible d’être indépendant. 

Quelles études avez-vous faites pour accéder à votre profession ?

Au départ, j’ai une formation en comptabilité. J’ai travaillé dans l’administration. Puis, j’ai fait des tas de choses. J’ai notamment tenu une boutique en France où on vendait des fils à tricoter, c’était la grande mode. Je créais des modèles de tricot. J’ai aussi créé des bijoux fantaisie. Et pour le métier de modiste, j’ai appris sur le tas.

Quelles sont les différentes étapes dans la fabrication d’un chapeau ?

Cela dépend des saisons, des matières que l’on va utiliser. Il y a d’abord le choix de la cliente. Si c’est un chapeau de paille, il y a le repassage, puis les teintes (on teint toutes nos pailles nous-même), puis la couture, la garniture du chapeau, l’association des matières, …

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ? 

Qu’il faut être humble, travailler un maximum. Et puis, qu’il y a des choix de vie, des philosophies. Il faut savoir si on veut faire de l’argent ou privilégier une satisfaction personnelle d’un autre ordre. Je lui dirais aussi qu’il faut être flexible.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.