J-L.L., Ingénieur en électricité

Interview réalisée en avril 2011  —  Interview 1036

Ingénieur, une vocation chez vous ou bien les hasards de la vie ?

Les hasards de la vie. Car je pensais avoir une vocation de physicien.

Quelles ont été vos motivations personnelles pour suivre ce parcours professionnel et estudiantin ?

Après mes études secondaires, j’ai entamé une licence en Physique. Mais c’était beaucoup trop théorique et abstrait pour moi (bien loin des expériences de laboratoire de l’enseignement secondaire). Après mûres réflexions et prises de renseignements, il m’est apparu qu’ingénieur industriel en électricité me conviendrait mieux.

Y a-t-il des prédispositions, des aptitudes particulières pour embrasser les études d’ingénieur ?

Motivation et courage sont deux ingrédients qui m’ont permis de réussir mes études.

Les études secondaires préparent-elles suffisamment les étudiants aux études d’ingénieurs ?

J’ai suivi des études secondaires en « Maths fortes-sciences fortes ». J’estime que
j’étais bien préparé.

Les mathématiques jouent souvent le rôle d’épouvantail pour les aspirants ingénieurs. Cette crainte est-elle justifiée ?

Si on n’est pas prêt à bosser à fond, oui. En ce qui me concerne, je n’ai pas la bosse des
maths, mais j’y suis arrivé à force d’acharnement.

Conseilleriez-vous une année « spéciale maths » avant d’entamer les études proprement dites ?

Non. Si le parcours scolaire est de type « Maths fortes-sciences fortes », je pense que
les prérequis aux études d’ingénieurs sont acquis.

Y a-t-il un examen d’entrée, que ce soit en hautes écoles ou dans les universités ?

Il n’y a pas d’examen d’entrée pour les études d’ingénieur industriel. Par contre, il en existe un pour les études d’ingénieur civil.

L’ingénieur doit-il vraiment être quelqu’un de polyvalent, d’un point de vue professionnel s’entend ?

Oui. La polyvalence et la capacité d’adaptation sont les deux talents de l’ingénieur. L’ingénieur doit être capable de « tout » comprendre afin de pouvoir gérer des projets de toute nature ou des équipes multifonctionnelles.

Quelles sont, selon vous, les principales différences entre un ingénieur industriel et un ingénieur civil ?

Ça, c’est la question qui fâche. Selon moi, l’ingénieur industriel (par sa formation) est plus pragmatique. L’ingénieur civil est formé pour diriger.

Ces différences sont-elles devenues purement théoriques ou bien peut-on encore les constater de nos jours ?

Je les constate.

Quelles sont les principales qualités dont devrait bénéficier un ingénieur ?

Polyglotte, polyvalent et facultés d’adaptation.

Pouvez-vous retracer brièvement votre parcours d’ingénieur, depuis votre sortie des études ?

2001-2005 : Commissionning Engineer chez Pégard Productics S.A. à Andenne. J’y effectuais la mise au point des machines-outils (Belgique et étranger).

2006-aujourd’hui : System Engineer chez Elia S.A.

Pouvez-vous nous décrire en quoi consiste spécifiquement votre travail actuel ?

Elia est le gestionnaire du réseau de transport d’électricité à haute tension. En tant que System Engineer, je travaille au Centre National de Contrôle à Bruxelles. Mon travail consiste en :
  • la surveillance du réseau (agir en cas d’incident),
  • l’analyse de sécurité (vérifier que toute action sur le réseau n’affectera pas la sécurité d’approvisionnement),
  • la participation à des projets visant le développement du réseau et du marché européen de l’électricité.

Votre travail comporte-t-il une grosse partie administrative ?

Non.

La fonction d’ingénieur au sein d’une société est-elle évolutive, que ce soit vers un poste de direction ou autre, ou bien, au contraire, reste-t-on « ingénieur » toute sa carrière ?

Je pense que c’est un avantage de la fonction d’ingénieur, on peut choisir d’évoluer soit vers un poste de manager ou soit vers un poste d’expert.

De même, en restant ingénieur, est-il possible de changer facilement de « spécialité » ?

Je ne sais pas. Je suis toujours resté dans ma spécialité.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune désireux de se lancer dans les études d’ingénieur ?

Tu es motivé(e) ? Tu aimes les technologies ? Alors, vas-y, fonce !

La demande des employeurs pour des ingénieurs est-elle toujours aussi forte ?

La demande est forte, mais les employeurs restent difficiles. L’ingénieur doit faire preuve de self-marketing pour être engagé.

Quelles sont les perspectives financières et d’évolution de carrière pour un jeune ingénieur ?

Bonnes, mais elles dépendent du choix de vie de l’ingénieur et varient d’une entreprise à l’autre. Dans mon premier emploi, je n’ai jamais été augmenté et je n’avais aucune perspective d’évolution. Mais j’y ai beaucoup appris.

Dans mon emploi actuel, il y a une « politique » de rémunération, une formation en continu et mes perspectives d’évolutions sont « étudiées » annuellement. Je pense qu’un jeune ingénieur a la chance de pouvoir choisir.

Y a-t-il des barèmes en vigueur ?

Dans le secteur privé, il n’y a pas de barèmes. Le salaire se négocie à l’engagement.
 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.