C.B., Ingénieure en chimie

Interview réalisée en avril 2011

Avez-vous eu la vocation depuis votre plus jeune âge ?

Non, pas vraiment. Mais je voulais absolument faire de la chimie. À un salon d’orientation pour étudiants, je suis tombée en arrêt devant le stand des Ingénieurs chimistes. J’ai ensuite visité l’école et ça a été le coup de foudre. J’avais trouvé ma voie.

Pourquoi cet amour de la chimie ?

Je n’en sais trop rien… J’ai découvert la chimie à 16 ans et j’ai tout de suite adoré ça, tant la théorie que la pratique. J’étais folle des labos, des manipulations… Ensuite, je me suis intéressée au nucléaire et comme les deux étaient tout à fait compatibles, ça tombait à pic. En plus, je me suis dit que, les deux premières années d’études étant plutôt un « tronc commun », je pourrais toujours changer d’avis en cours de route.

Faut-il certaines prédispositions pour entamer des études d’ingénieur ?

Je ne crois pas. Tout est une question d’envie. Tout cela est un processus très personnel qui varie d’une personne à l’autre. C’est la motivation qui est le moteur de tout. Dans les études comme dans toute autre activité.

Faut-il vraiment avoir un excellent niveau en mathématiques pour devenir ingénieur ?

Oui, bien sûr. Mais ça ne veut pas dire qu’il faut l’être à l’entame des études. De même, je ne suis pas persuadée de l’utilité profonde d’une année préparatoire en mathématiques ou en sciences. Je ne crois pas à la prédisposition ou au talent inné… Tout est une question de motivation. On peut très bien s’en sortir sans tout cela, mais, bien sûr, ça demande une importante somme de travail. L’idéal serait de permettre une année à l’essai à l’étudiant, mais, bien sûr, cela n’est malheureusement pas possible pour tout le monde. Bien sûr, tout dépend des écoles, mais, personnellement, je trouve que mes études secondaires m’ont très bien préparée en sciences. En outre, beaucoup d’écoles supérieures proposent des formations de remise à niveau de deux semaines avant la rentrée. Néanmoins, je suis persuadée que, que l’on soit douée ou pas, seul un travail régulier permet d’arriver à ses fins et à suivre fructueusement des études.Par ailleurs, c’est loin d’être la panacée. La physique, la chimie, la mécanique sont des matières au moins aussi importantes dans les études d’ingénieur. Par contre, je ne saurais trop conseiller l’étude des langues qui conditionnent, de plus en plus, le succès d’une carrière d’ingénieur. Pour ma part, lors de ma dernière année, j’ai effectué un séjour « Erasmus », en Irlande, pour perfectionner mon anglais.

Qu’en est-il de la réputation de polyvalence de l’ingénieur ? Est-ce un mythe ou une réalité ?

J’aime à dire que « l’ingénieur apprend à apprendre ». On se forme tout au long de notre carrière et on doit savoir en permanence où trouver l’info. En outre, ça permet d’éviter de tomber dans la routine. C’est un des aspects du métier qui m’a séduite tout de suite.

Les différences entre ingénieur industriel et ingénieur civil sont-elles toujours bien sensibles ? Si oui, à quel niveau ?

Pas vraiment… Disons que ça peut encore jouer en début de carrière, car les barèmes restent parfois fort différents, mais, un contrat, ça se négocie. Donc, en pratique, c’est très personnel. Ce qui reste vrai, selon moi, c’est l’aspect plus pratique et généraliste de l’ingénieur industriel, alors que l’ingénieur civil est plus théoricien et spécialisé.

Toutefois, dans les deux cas, l’ingénieur doit faire montre des mêmes qualités : ouverture d’esprit, patience, curiosité, sens de l’innovation et, surtout, ne jamais hésiter à se remettre en question.

Quelles ont été les principales étapes de votre carrière ?

À l’époque, il n’était pas évident de trouver du travail. Or, je voulais absolument travailler dans la chimie. Je m’étais laissé 9 mois pour trouver quelque chose dans ce secteur, mais, en attendant, j’ai passé des examens de recrutement à la Défense nationale. Finalement, j’y suis resté pratiquement 8 ans. Ça m’a permis de faire une spécialisation en physique nucléaire.

Je travaillais comme inspecteur nucléaire, d’abord en Belgique, puis dans toute l’Europe pour vérifier les différentes centrales. C’était passionnant, mais aussi très lourd, en raison des déplacements fréquents et de l’importante partie administrative du métier, avec les préparations de mission, les rédactions de rapport…

J’ai terminé mes études en juillet 1999.

Mais comment se fait-il que vous, ingénieur chimiste, vous travailliez dans le nucléaire ?

La curiosité, tout simplement. Au départ, je voulais travailler dans les mesures de radiations « naturelles » émises par diverses sources. Le secteur médical ne m’intéressait pas beaucoup. Mais, les choses de la vie ont fait que je me suis retrouvée à un moment à faire des mesures pour les appareils de radiographie. J’y ai pris gout petit à petit et, maintenant, je ne voudrais plus changer.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.