Thierry Evens, Attaché de presse

Interview réalisée en janvier 2010

Thierry Evens, 47 ans, travaille comme attaché de presse auprès de l'Union des Classes Moyennes (UCM).

Pouvez-vous nous présenter brièvement l'UCM ? Quelles sont ses activités ?

L'UCM est l'organisation qui assure la défense, la représentation et la promotion des indépendants francophones (chefs de PME, commerçants, artisans, titulaires de professions libérales) à tous les niveaux. Elle n'est liée à aucun parti politique. Elle défend une philosophie : celle d'une société où l'on peut entreprendre et réussir. Cela suppose en priorité de respecter le travail, de respecter les hommes et les femmes qui créent leur emploi et celui des autres.
L'UCM a développé une série de services pour soutenir les indépendants et les PME : guichet d'entreprise, caisse d'assurances sociales, secrétariats sociaux pour employeurs, services d'aide à la création - développement - transmission, service environnement et énergie... L'UCM s'implique également dans la "stimulation économique" : réseau Diane pour les femmes, actions diverses pour les commerçants et les artisans, sensibilisation à l'esprit d'entreprendre...
Globalement, l'UCM emploie près de 750 personnes et compte 23 implantations en Wallonie et 2 à Bruxelles.

Depuis combien de temps y travaillez-vous ?

Depuis le 15 novembre 2000. J'étais auparavant journaliste de presse écrite, spécialisé dans les matières politiques et sociales, successivement à la "Libre Belgique", au "Soir" et au "Matin".

Pouvez-nous nous décrire votre fonction d'attaché de presse ?

Je ne suis pas uniquement attaché de presse, mais plus généralement responsable de la communication externe du "mouvement de défense, représentation et promotion". A ce titre, je suis rédacteur en chef d'Union & Actions, le bimensuel de l'UCM (60 000 exemplaires) et responsable d'une partie du site Internet. J'assure également les émissions "concédées" de l'UCM sur la RTBF, radio et télé.
En outre, je suis aussi responsable des relations avec la presse. Tous les journalistes qui contactent l'UCM sont en principe dirigés vers moi. Je leur réponds ou j'essaie de leur trouver le bon interlocuteur.
Avec l'appui de notre service d'études, nous réagissons à l'actualité, mais nous publions également, de façon proactive, des études, enquêtes… Nous avons un fichier considérable pour contacter les rédactions et journalistes.

Quel but vous fixez-vous ?

Ma préoccupation est que l'UCM soit bien présente dans l'ensemble des médias, y compris la presse spécialisée, mais nous n'avons pas de politique agressive de présence à tout prix. Sauter sur tous les dossiers, quels qu'ils soient, nuit à l'image, à mon avis.

Êtes-vous rattaché à un service ?

Je suis responsable du service "relations extérieures" du mouvement, qui comprend deux journalistes de formation, une coordinatrice pour la rédaction du journal et un graphiste. A ce titre, je rends des comptes directement au secrétaire général et au président.

En quoi le développement de l'e-mail et d'Internet a-t-il bouleversé votre façon de travailler ?

L'e-mail permet une relation très aisée et très souple avec les rédactions et les journalistes. Le journal est mis en ligne sur le site UCM où nous publions également des infos pratiques à l'intention des affiliés. A partir de 2012, il y aura un site portail particulier Union & Actions sous ma responsabilité, plus interactif et avec des liens vers les médias sociaux. L'UCM n'est pas présente sur Facebook. C'est un choix de ma part de ne pas investir dans un
système d'échanges entre personnes. L'UCM a une présence plutôt dormante sur Linkedin. Par ailleurs, j'ai ouvert un compte Twitter pour informer par ce biais sur notre actualité.

Quels sont vos horaires de travail ?

En principe 8h30 - 17h00, mais je dois bien entendu être disponible au portable pratiquement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Il va de soi que je dois également être disponible pour des interviews ou représentations en soirée ou le week-end.

Pouvez-vous nous décrire une journée-type ?

C'est difficile car, fort heureusement, mon travail est très varié. Plus le bouclage du bimensuel approche, plus la tâche d'écriture et de relecture m'absorbe. Quand nous sommes dans l'actualité (sortie d'un dossier...), gérer les journalistes prend énormément de temps. Il y a des moments consacrés à la réalisation des émissions diffusées sur la RTBF, des tâches de mise à jour du site Internet, des réunions de coordination avec mon équipe, mes responsables, le service d'études, les organismes externes avec lesquels nous avons des échanges (AWT, Prevent, Awex, OBPI, Aplsia, Sowalfin...).

Qu'est-ce qui vous a motivé à devenir attaché de presse ?

Au départ, je suis journaliste. La faillite du "Matin" m'a poussé à accepter un emploi en partie "de l'autre côté du comptoir". Je reste ainsi dans le monde socio-politique et dans la communication.

Quels sont les aspects positifs de votre profession ?

Raconter, expliquer, vulgariser : c'est ce que j'aime dans la vie professionnelle d'un journaliste. Dans le rôle où je suis, je peux aussi essayer de convaincre. C'est gratifiant car je pense que le combat de l'UCM en faveur des indépendants et des PME est juste et bénéficie à l'ensemble de la société. Par ailleurs, c'est un métier très stimulant intellectuellement et qui permet de rencontrer, notamment en politique, des personnalités plus qu'intéressantes. Voir
la vie politique et sociale de l'intérieur est fascinant.

Quels sont les aspects négatifs de votre profession ?

J'aime travailler dans le stress, mais quand plusieurs choses tombent en même temps, il est parfois excessif et la qualité de la production s'en ressent.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.