Thomas Chalant, Manager logistique

Interview réalisée en février 2019

Quel a été votre parcours scolaire et professionnel ?

Avant d’exercer cette fonction, je suis passé par diverses étapes qui m’ont procuré diverses expériences. J’ai terminé mon bachelier en Management de la logistique par un stage dans une usine de parasols de jardins en Chine. Dès mon retour, j’ai travaillé dans une société de transport où j’exerçais une fonction commerciale. Ensuite, j’ai été engagé par un grossiste à Luxembourg pour y être responsable logistique. Cette société distribuait sur le Grand-Duché une vaste gamme de produits (cafés, boissons, produits alimentaires, etc.) pour divers canaux de distribution (stations essence, commerces indépendants, grande distribution, etc.). Mes tâches étaient diverses : gestion du personnel, implémentation d’un nouveau système de gestion d’entrepôt, optimisation des processus, planification du travail, etc. A la demande d’un de nos fournisseurs qui souhaitait que nous reprenions leur logistique, nous avons créé une nouvelle entité, Newco Log. Basée au Luxembourg, celle-ci a un statut de prestataire logistique et de transporteur. J’en suis le gérant depuis ses débuts. 

Quelles sont les activités de Newco Log ?  

Nous proposons des prestations de services sur-mesure aux indépendants, aux entreprises soucieuses d’externaliser leur gestion logistique. En fonction de la taille de l’entreprise, nous proposons une solution logistique efficace et répondons aux besoins. Les services proposés sont : la réception de marchandises, le stockage, la préparation des envois (nous assurons le conditionnement des colis), le transport (notre flotte de 40 véhicules effectue des livraisons en Belgique et au Luxembourg), la déclaration en douane (établissement des documents après contrôle de la marchandise) et le tracking des colis et envois sensibles (pour une sécurité sans faille lors de la livraison). 

Pouvez-vous nous donner des exemples concrets de services proposés ?  

Imaginons une personne qui aurait trouvé le produit qui va faire un carton dans la vente en ligne, dont le site e-commerce est actif mais qui aurait sous-estimé la gestion des stocks, l’emballage, la distribution, la traçabilité des colis et les retours éventuels… Nous allons procéder à une analyse et proposer une solution logistique sur mesure, par exemple, un conditionnement adapté et un outil de gestion de stock en temps réel.

Prenons un autre exemple : votre produit et votre commerce électronique ont atteint leur vitesse de croisière, mais l’espace de stockage pose problème à tel point que vous envisagez de louer un entrepôt, du matériel logistique et des logiciels de gestion de stocks performants. Après analyse de la situation, nous allons proposer une solution logistique complète adaptée aux besoins. 

En tant que manager de la chaîne logistique, combien de personnes dirigez-vous ?  

Aujourd’hui, je dirige une équipe de 8 personnes (assistants, opérateurs logistiques et chauffeurs). Dans ma précédente fonction, je gérais plus ou moins 150 personnes, avec des responsables, des administratifs, des chefs d’équipes, des opérateurs et des chauffeurs.

Comment définiriez-vous votre rôle de manager ? 

J’ai des tâches journalières telles que l’encodage, la validation de factures ou encore des problèmes informatiques à résoudre, mais ma tâche principale consiste surtout en la gestion de l’entreprise : l’attribution des congés en veillant à toujours avoir l’effectif nécessaire, les remplacements temporaires mais aussi la constitution de l’équipe. L’engagement du personnel est une fonction essentielle : il faut bien choisir son équipe si on veut que son entreprise soit efficace. Il faut aussi pouvoir la piloter efficacement pour qu’elle fasse correctement son travail mais qu’elle progresse aussi. Il faut donc former ses collaborateurs, les pousser à dépasser leurs limites. Il faut pouvoir récompenser, leur donner de la reconnaissance. Il faut également leur apporter notre soutien en cas de problème et motiver auprès du comité de direction une éventuelle augmentation ou un bonus pour le travail accompli.

C’est une fonction à grande responsabilité ?  

Être manager, que ce soit en logistique ou dans un autre secteur d’activités, c’est faire des choix. Il faut être capable de s’informer et de se faire conseiller pour prendre la meilleure décision. Et, donc, c’est aussi assumer ses erreurs et apprendre de celles-ci. Chaque petit problème au quotidien nous fait perdre du temps et de l’efficacité. Il faut de l’autorité pour cette fonction parce qu’il arrive que l’on doive recadrer du personnel. Nous sommes humains, il arrive que l’on fasse des erreurs, quel que soit notre niveau dans l’organigramme ! 

Pouvez-vous nous donner des exemples concrets de difficultés rencontrées dans l’exercice de votre métier et les solutions que vous pouvez y apporter ? 

Il peut arriver qu’un camion tombe en panne : il faut donc en avoir un autre en « back-up » sur le parking et/ou avoir un carnet d’adresses de transporteurs qui peuvent prendre le relais, travailler avec un garage qui est très réactif, etc. 

En cas de panne ou de maintenance informatique, il faut contacter le prestataire qui réponde au besoin de l’activité, avoir une procédure de secours qui permette au personnel de continuer à travailler sans ordinateur, etc. 

Et puis, il y a les maladies. On ne peut évidemment les prévoir. Il faut intégrer un taux d’absentéisme dans la planification du personnel, avoir un contact dans une agence d’intérim avec un taux horaire déjà fixé pour pouvoir réagir en quelques heures. 

Globalement, je pense que notre métier c’est de l’analyse, de la recherche de solutions, de l’anticipation et de la réactivité ! 

Qu’est-ce qui vous plaît dans cette fonction ?

Le challenge, la recherche constante d’optimisation, la relation avec mon équipe. 

Quelles connaissances faut-il avoir pour occuper un poste tel que le vôtre ? 

Outre les compétences indispensables en logistique, il faut maîtriser des langues étrangères. Je  regrette d’ailleurs mes lacunes en allemand et en néerlandais. 

Pensez-vous que le bachelier vous a suffisamment formé pour exercer cette fonction ? 

Je pense que l’on n’est jamais assez formé et que l’on apprend toute notre vie. Le bachelier m’a donné une bonne vision globale des différents métiers du secteur et l’envie de continuer dans la logistique. L’avantage est qu’avec ces études, on peut travailler dans tous les modes de transports, dans l’import/export, dans les achats, dans une agence en douane, dans la production, etc. 

Que donneriez-vous comme conseil à une personne qui voudrait exercer votre métier ? 

Ce que j’aime dans ce métier, c’est que vous pouvez commencer votre carrière comme opérateur et si vous êtes compétent, vous pouvez évoluer assez rapidement selon la structure de votre organisation. Pour débuter, il faut une bonne formation de base en logistique, comme le bachelier par exemple. Et puis, il y a l’expérience de terrain. Je constate que des entreprises font de plus en plus appel à des consultants spécialisés pour des projets logistiques spécifiques importants (construction d’un entrepôt, déménagement d’une entreprise, implémentation d’un logiciel de management d’entrepôt, etc.). Là, par contre, une formation plus poussée ou tout du moins complémentaire, ponctuée par de l’expérience, est souhaitée.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.