Valérie Mayérus,
Coordinatrice du réseau Fermes Pédagogiques

Valérie Mayérus est chargée de mission au sein de l’asbl Accueil Champêtre en Wallonie et coordinatrice du réseau Fermes Pédagogiques.


Pouvez-vous nous présenter l’asbl Accueil Champêtre en Wallonie? Quelles sont ses missions ?


Il s’agit d’une asbl qui aide les agriculteurs à faire de la diversification agricole touristique, c’est-à-dire des gîtes, des restaurants à la ferme, des fermes pédagogiques, etc. Dans le cadre de ces dernières, l’agriculteur accueille des enfants, pour des animations, des stages ou des anniversaires à la ferme, par exemple. 

Le public des fermes pédagogiques est donc essentiellement composé d’enfants?


Oui, à 95%. Mais il y a aussi des fermes qui accueillent de temps en temps des personnes âgées, des personnes adultes handicapées, etc. 

De quand date l’apparition de ce concept de fermes pédagogiques ? 


Les fermes pédagogiques ont vu le jour il y a une vingtaine d’années. Jusqu’alors, les exploitations agricoles étaient généralement des activités familiales mais les revenus sont devenus insuffisants. Les agriculteurs ont donc cherché à se diversifier de façon à trouver des activités rentables, toujours en lien avec l’agriculture. Certains d’entre eux se sont tournés vers le tourisme à la ferme et l’accueil pédagogique car ils aimaient le contact et le fait de pouvoir expliquer leur métier au grand public. 

En quoi consiste une ferme pédagogique ? Quelles sont les activités que l’on peut y trouver ?


Les activités principales sont les animations qui tournent autour des animaux de la ferme: les découvrir, les voir, les toucher, les nourrir, les soigner….Cette découverte sera complétée, pour les petits, par une animation sur le vocabulaire, par exemple. Avec les plus grands, on parlera plutôt des rôles de l’agriculteur, de la production (lait, viande, cuir, etc.). Il y a également des activités sur les cultures, où l’on peut découvrir les différentes céréales cultivées, leur utilisation, le cycle des saisons et les travaux qui en découlent, l’influence de la nature et du climat, comparer les cultures en Belgique et dans un pays étranger, etc. Les enseignants reçoivent un dossier pédagogique et peuvent poursuivre cette découverte en classe. Enfin, on peut également proposer des animations plus spécifiques axées sur la ferme bio, les mesures agro-environnementales, le rôle de l’agriculteur dans le paysage, l’évolution historique des fermes, le patrimoine, etc. 

Quel est le profil d’un coordinateur de ferme pédagogique ? 


Il s’agit d’un agriculteur, d’un éleveur qui a une ferme et qui en vit, c’est-à-dire que la source principale de ses revenus est sa production au sein de la ferme. Il peut faire de l’accueil pédagogique à temps plein ou à temps partiel, mais toujours dans une exploitation en activité. Les revenus liés à l’accueil sont complémentaires et ne remplacent pas du tout l’activité principale. 

Se charge-t-il toujours lui-même des animations ou peut-il faire appel à des animateurs extérieurs ?


L’agriculteur fait souvent appel à des animateurs qui ont des connaissances en agriculture, mais on demande quand même à ce qu’il prenne en charge une partie des animations (lui ou sa femme, ses enfants…). C’est important de garantir un contact direct entre les enfants qui découvrent la ferme et l’agriculteur. 

Doit-il suivre une formation spécifique afin de pouvoir ouvrir sa ferme au public ?


Oui tout à fait. Pour chaque ferme pédagogique, nous demandons à ce qu’au moins une personne de l’exploitation suive une formation spécifique de 3 jours, dispensée par l’Institut d’Eco-Pédagogie. Cette formation aborde quelques activités concrètes effectuées à la ferme avec les enfants et les met en rapport avec les programmes scolaires, de façon à ce que les activités faites à la ferme servent de support aux compétences scolaires. Les personnes se rencontrent, échangent sur le type d’animations qu’elles proposent, etc. La formation donne également des conseils concrets pour sensibiliser les participants à l’accueil pédagogique (la façon dont on s’adresse à un enfant, par exemple.).  

Quelles sont, selon vous, les qualités et compétences à posséder pour exercer ce métier ?


Je pense, qu’avant tout, il faut déjà avoir un réel intérêt pour les enfants et la pédagogie. Il faut un sens de l’accueil, des capacités à faire des animations avec les enfants et une très grande patience. Il arrive que certaines personnes fassent un essai de 6 mois avant de se rendre compte que ça ne leur convient pas.

Il est également important d’être très organisé car il faut pouvoir assumer les animations tout en continuant à assurer le travail à la ferme. Il faut aussi que l’agriculteur soit capable de promouvoir son activité, même si l’asbl recense tout sur le site internet, dans un guide, envoie les documents aux écoles, etc. Le bouche-à-oreille fonctionne aussi très bien.   

Est-ce un secteur en expansion ? 


Les demandes des écoles sont en tout cas en augmentation. Mais il est important de se rendre compte qu’il s’agit surtout d’une activité complémentaire et pas d’une source de revenus principale. Si une personne décide de se lancer quand même dans l’activité à temps plein, elle aura des frais plus importants à assumer car il faudra engager du personnel (et le gérer) de façon à pouvoir assurer toutes les visites. De plus, si la ferme propose des séjours (8 fermes sur 40 sont concernées actuellement), cela engendrera aussi des coûts et des aménagements supplémentaires pour pouvoir accueillir des classes plusieurs jours. Il s’agit alors presque d’un autre métier ! 



 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.