Vanessa Klak, Animatrice radio

Interview réalisée en juin 2010

Vanessa Klak réveille les auditeurs dans "Snooze", tous les matins sur Pure fm.

 

Pouvez-vous retracer votre parcours scolaire?

En secondaire, j’étais en Latin, puis Latin Grec, puis Latin Math. Ensuite, je me suis dirigée vers un graduat en Relations Publiques à la HELB, Haute Ecole Libre de Bruxelles, Département Economique, section RP. Dans cette formation, il y avait tout et rien, c’est-à-dire un peu de tout, voire beaucoup de tout, mais rien à fond à fond! Ceci dit, ça ouvre des horizons et des portes! Et libre à chacun de se perfectionner dans la branche qui l’intéresse. Mais on sort de là avec beaucoup de bases, que ce soit niveau langues (français, néerlandais, anglais, espagnol/allemand), niveau entreprise (fonctionnement, comptabilité, communication, tourisme, économie, marketing, etc.) ou autre (psycho, philo, arts, informatique, patrimoine...).

 

Quel est votre parcours professionnel?

Pendant ma 3e année d’études, j’ai fait un stage à la RTBF, radio BXL CAPITALE. En sortant, j’ai été engagée à la RTBF, service Editions, pour constituer des bases de données de produits, entre autres.

Ensuite, je suis repassée à la radio, sur Bxl Capitale et La Première, en tant qu’assistante culturelle, c’est-à-dire assistante des animateurs radio. Je préparais les émissions, et j’étais présente pendant les directs pour m’assurer du bon déroulement des émissions. C’est là que j’ai acquis tous mes réflexes radio (acquisition, peut-être déjà, d’un certain langage radio, simplification, aller à l’essentiel, etc.), ce qui m’a servi quelques années plus tard. En gros, il faut des automatismes: savoir en permanence

où on se situe par rapport aux publicités, savoir jongler entre les disques et les paroles… J’écrivais aussi certains textes à l’époque pour des animateurs.

 

Ensuite, j’ai travaillé 3 ans au sein de la rtbf mais pour The Ring Ring Company, une boite de téléphonie interactive. Et j’ai mis ou aidé à mettre en place plusieurs techniques d’interactivité entre la rtbf et ses publics: le SMS, les lignes téléphoniques 070, 0900, 0905 etc. Depuis, le SMS est devenu un outil essentiel de l’animation radio ou des votes, par exemple, lors de gros concours télé (Eurovision, etc).

Et puis, j’ai passé un casting à PureFM et de remplacement en remplacement, je suis devenue titulaire de la tranche matinale SNooze. Mon parcours a été facilité par mon passé radio hors-antenne.

 

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre métier au quotidien? Le déroulement d’une journée?

Arrivée au boulot, je vérifie les e-mails, prépare les bulletins météo puis direction le studio pour 4h de direct. Ensuite, il faut préparer les bases de l’émission du lendemain (quel contenu? des concours? des évènements pour la chaîne, etc). Il faut aussi essayer de répondre aux courriels des auditeurs, multipliés par deux depuis Facebook!

 

S’agit-il d’un travail d’équipe?

Oui et non. Je prépare l’émission seule, mais dans un bureau paysager! Et j’anime seule mais en équipe, avec un ingénieur son en permanence et avec des chroniqueurs aussi. Et puis, le Net a rendu les auditeurs plus présents, plus concrets pendant les émissions…donc je ne suis pas vraiment seule!

 

Pourquoi avez-vous eu envie de travailler dans le milieu de la radio? Qu’est-ce qui vous a attiré?

Mes parents écoutaient la radio et j’aimais bien Anne Garfunkel à l’époque de Bruxelles Capitale. De fil en aiguille, j’ai eu l’idée de postuler pour un stage et de repostuler pour des remplacements (assistanat hors antenne) parce que j’avais déjà compris que je n’étais pas faite pour un travail administratif 9h-17h…

 

Ensuite, il y eu une pause de quelques années chez Ring Ring (travail plutôt administratif) avec un glissement petit à petit vers la radio… J’aurais lâché l’ancien job même si la radio ne m’avait rien proposé donc c’est tombé au bon moment!

 

Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans votre métier? Le moins?

J’aime l’exaltation du direct! La possibilité de se dépasser en permanence et de sortir un peu de soi (j’étais beaucoup plus timide avant)! J’aime aussi les gens, la diversité des personnalités...J’aime que les gens aiment ce que je fais (ça aide mon égo à rester à sa place dans ma vie privée!). Ce que je n’aime pas, ce qui est parfois flippant, c’est un attachement démesuré de certaines personnes ou des attentes que les gens peuvent avoir. Je n’aime pas non plus être sollicitée de toutes parts pour toutes sortes de choses.

 

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier?

Comme avantages, je vois les horaires variables, les après-midi libres pour vaquer et passer du temps en famille. Mais les horaires représentent aussi un inconvénient: je me lève avant 5h pour commencer à 6h et ça use le corps.

 

D’après vous, quelles sont les qualités qu’il faut posséder si l’on veut exercer ce métier?

Un sens aigu de la précision et des détails, savoir aller à l’essentiel, une bonne diction,

une bonne élocution et du vocabulaire, évidemment. Je crois qu’il faut être fondamentalement bon et gentil, sinon on sera peut-être bon mais certainement mal perçu, que ce soit par les auditeurs ou les collègues. Avoir un peu de culture générale, même si internet peut pallier les manques. Etre disponible, ouvert. Etre rapide du cerveau (intelligent?). Avoir de la logique. Savoir créer quelque chose de propre (clean et personnel) dans un cadre très défini (jouer à l’intérieur des limites, sans les dépasser). Un peu d’humilité sans doute aussi, et un peu d’égo.

 

Si vous n’aviez pas fait ce métier, vous seriez …?

Je serais je ne sais pas… Employée quelque part... Si ca s’arrête demain, je ne sais pas quoi faire d’autre…Je rêve d’écrire et de publier des romans.

 

Quels sont les conseils que vous donneriez à un jeune qui a envie de se lancer?

Essayer, s’entraîner. Je sais que maintenant, les radios cherchent surtout des gens qui ont déjà de l’expérience… donc, il faut expérimenter d’une manière ou d’une autre (dans les radios locales, etc.)!

 

Avez-vous une anecdote à partager?

Premier jour de stage à Bruxelles Capitale, on me fait entrer dans le studio, je suis pétrifiée… l’animateur me parle à l’antenne: «on a une nouvelle stagiaire, bonjour»... je ne réponds rien, je suis pétrifiée…et 10 ans plus tard, je suis animatrice radio!

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.