Véronique Dortu, Infographiste

Interview réalisée en juin 2009

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Je fais principalement ce qu’on appelle de la « Mise au net ». A partir d’un texte brut, je m’occupe de la mise en page en utilisant des logiciels bien spécifiques à l’infographie. Mais ma fonction ne se limite pas à ça. Je dois être capable de prendre en charge tout un projet. Je dois pouvoir non seulement créer une mise en page, mais aussi parfois tout un concept ! Je dois également pouvoir présenter toutes les possibilités techniques qui s’offrent à mon client. En fait, je dois pouvoir gérer un projet jusqu’à sa publication.

J’avoue que je ne m’ennuie pas puisque mon métier me permet de créer différentes choses : ça peut aller de la carte de visite, jusqu’à la bâche d’un bâtiment ou la personnalisation d’un camion… n’importe quel visuel sur n’importe quel support. Je privilégie les relations directes avec le client et pour ça, le mieux c’est d’assister aux « briefings ». L’essentiel lors de cette entrevue c’est de bien écouter la demande. C’est un job où le contact avec le client est très important. Il est présent (que ce soit par mail ou par téléphone) durant toute l’évolution du projet. Il faut toujours être attentif car une fois que c’est imprimé, on ne peut plus rien faire !

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre profession ?

Je dirais avant tout savoir écouter ce que veut exactement le client. La communication à ce stade joue un rôle primordial entre les deux parties. Il faut absolument avoir des bonnes notions de mise en page, savoir utiliser les logiciels et, selon moi, avoir une certaine créativité. Ce travail exige une bonne organisation parce qu’on est amené à faire plusieurs choses en même temps. Au sein d’une société, il faut savoir léguer son travail ou bien en prendre un autre en cours. Comme c’est un métier qui n’existe pas depuis longtemps, et qui évolue de manière constante et très rapidement, il faut être aussi autodidacte. En effet, une petite société n’est pas toujours capable d’offrir une formation, et par conséquent, il faut pouvoir s’adapter pour apprendre les nouveaux programmes.

Quels sont les avantages et inconvénients de votre métier ?

Ce qui est génial dans ce métier, c’est que je ne fais jamais la même chose ! Mais ça peut ne pas toujours être le cas, par exemple, la mise en page des magazines, c’est assez répétitif ! En tant qu’infographiste, je peux travailler dans différents domaines : culturel, industriel, social…
Le seul inconvénient que je vois c’est le nombre d’heures passées devant l’ordinateur. Environ 8h par jour ! D’ailleurs, les docteurs ont trouvé récemment des pathologies aux infographistes. A la longue, une crispation se forme au niveau des épaules et du bras et tire jusqu’au bas du dos. A long terme, il est conseillé de faire de l’ostéopathie ou de la kinésithérapie… C’est un boulot stressant qu’il faut savoir gérer !

Quel est l’horaire de travail ?

En principe, c’est 38h par semaine, mais comme dans beaucoup de métiers c’est à moi de mettre des limites car très vite tu pourrais rentrer dans la spirale infernale des heures supplémentaires. Attention aux indépendants, car il faut avoir une certaine discipline. J’en connais beaucoup et ils ont du mal à garder un rythme raisonnable.

Quelles études avez-vous suivies pour accéder à votre profession ?

J’ai fait un Graduat en Communication Visuelle à l’Académie des Beaux- Arts (4 ans). J’ai suivi ensuite une formation de 6 mois avec Bruxelles Formation en 1995 pour me spécialiser dans l’infographie. Pour terminer la formation, j’ai fait un stage d’un mois dans une petite société et ensuite j’ai fait un stage, de ma propre initiative, au journal Le Soir.Tout de suite après, j’ai trouvé du travail.

Quel a été votre parcours professionnel ?

Je suis restée 3 ans dans une société pré-presse. Du jour au lendemain, j’ai tout lâché et je suis partie en Italie où je suis restée 3 ans. J’ai travaillé en tant qu’infographiste dans un petit village balnéaire… C’est bien la preuve que tu peux exercer ce métier partout. Ensuite, je suis revenue dans la petite société où j’ai débuté et j’y suis restée 8 ans.

C’est alors que j’ai décidé de fonctionner différemment. Je combine maintenant un mi-temps au Siep (publications des guides) et des petits contrats de salarié grâce à SMart. Le principe est simple : c’est à moi de trouver un client mais je passe par eux pour tout le côté administratif (pas besoin de n° de TVA, ils gèrent le précompte professionnel, les congés payés…). Ce système me permet de travailler aussi bien chez moi que chez un client.

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

Depuis l’âge de 14 ans j’ai toujours suivi les filières artistiques en secondaire. J’ai terminé ma rhéto à l’académie des Beaux-Arts de Bruxelles. J’ai d’abord essayé une année en architecture d’intérieur à Saint-Luc, mais ce n’était pas pour moi. Je suis passée en communication visuelle, et ça m’a convenu.

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Si tu aimes le graphisme, jouer avec les lettrages, les photos et les illustrations; si tu as en toi une certaine créativité et si le fait de travailler 8h par jour devant un ordinateur ne te fait pas peur, alors fonce parce qu’il y a de l’avenir !

Avez-vous une anecdote à raconter ?

Ça s’est passé à mes débuts. Je devais faire des autocollants pour une radio très connue pour sa panthère et j’avais obtenu l’accord du client. J’ai alors donné le tout à l’imprimeur et pour lui faciliter la tâche, j’ai fait ce qu’on appelle un montage. Dans ce cas-ci, je devais copier-coller une trentaine de fois mon autocollant sur une grande page. L’imprimeur a sorti un grand nombre d’exemplaires. La commande a été livrée chez le client. Ce dernier s’est rendu compte qu’il manquait la donnée la plus importante… le numéro de téléphone ! Je l’avais tout simplement zappé lors de mon copier-coller ! C’était une belle erreur de débutante !

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.