Vincent, Fusilier infanterie blindée

Interview réalisée en juin 2006

Vincent, fusilier d'assaut, composante terre de l'Armée belge

Qu'est-ce qui vous a motivé à devenir militaire ?

J'avais envie d'un métier où il y a de l'action, où on bouge, où on fait du sport. De plus, j'aime voyager. Les missions à l'étranger me permettent de rencontrer cette motivation. Je n'aime pas travailler seul, isolé. Le fait de collaborer, de travailler en équipe est donc très important pour moi.

Comment pouvez-vous décrire les épreuves d'admission ?

J'ai d'abord passé l'épreuve de sélection de base dans une Maison de la Défense. Les épreuves se sont ensuite déroulées à Neder-over-Heembeek sur une durée de 4 jours. Si on réussit la première, on a accès à la seconde et ainsi de suite. Il y avait des épreuves psychotechniques, physiques et médicales. J'ai trouvé ça facile et j'ai tout réussi du premier coup. Je fais beaucoup de sport, j'avais donc un bon entraînement pour les épreuves de condition physique.
Les différents candidats sont classés par points à l'issue des épreuves. Un entretien d'orientation m'a aidé à préciser la fonction que je voulais occuper, à savoir, fusilier d'assaut.

Quelles formations avez-vous suivies pour devenir fusilier d'assaut ?

J'ai d'abord suivi une formation de 4 mois à Arlon. Cela m'a permis de développer encore davantage ma condition physique et d'apprendre les bases du métier de militaire.
J'ai ensuite suivi une formation plus spécifique de 3 mois pour devenir fusilier d'assaut. Celle-ci comprenait une partie théorique sur les armes, les techniques militaires et une partie pratique composée d'entraînements et d'exercices de tir sur le terrain.
A l'issue de ces formations, j'ai intégré une unité d'infanterie dans laquelle j'ai appris sur le terrain. J'étais évalué tous les six mois par un lieutenant. Mon stage est maintenant terminé depuis plus d'un an.

Quand vous travaillez en Belgique, quels sont vos horaires de travail et vos activités principales?

Je travaille de 7h40 à 16h20 du lundi au jeudi et de 7h40 à 14h20 le vendredi. Je rentre chez moi tous les jours. On peut choisir de rester loger à la caserne ou de rentrer chez soi. Certains ont une chambre et restent là la semaine mais il y en a de moins en moins.
Concernant les activités, on fait d'abord du sport le matin jusqu’à 10h00. On effectue ensuite des exercices tactiques, des préparations. On procède au nettoyage du matériel, notamment des armes. On a des exercices de tir et des cours.
En outre, on a minimum une semaine de manœuvres par mois. Parfois plus, je pars 3 semaines en Écosse au mois de novembre pour effectuer des manœuvres.

 Êtes-vous déjà parti en mission à l'étranger ?

Je suis parti 4 mois au Kosovo dans le cadre d'une mission pour le maintien de la paix. Par notre présence dans le pays, nous devions éviter que des incidents se produisent. J'étais tireur Mag à la tourelle du véhicule avec une arme lourde. Il n'y a pas eu de problème, la mission s'est bien déroulée et les relations au sein de mon équipe étaient bonnes. Cette mission ne m'a pas semblé risquée. J'y ai rencontré des militaires d'armées d'autres pays : des français, des américains, des mongols.

D'après vous, quelles qualités doit posséder un bon militaire ?

Il faut être fort mentalement et savoir garder son sang-froid car les situations rencontrées peuvent être particulièrement stressantes et imprévues. L'esprit de groupe est aussi important, on doit collaborer, il n'est donc pas question de ne penser qu'à soi ou de vouloir tout faire seul.
Il faut aussi être sportif et maintenir sa condition physique.

Quels sont les avantages de votre métier ?

J'aime mon métier, je suis donc content d'aller travailler. De plus, j'aime beaucoup le sport et je suis payé pour en faire ! J'apprécie aussi le fait de travailler en groupe et de voyager. Enfin, on a beaucoup de congés suite à des missions à l'étranger où on accumule beaucoup d'heures supplémentaires.

Y a-t-il des aspects qui vous plaisent moins ?

L'inconvénient au fait de voyager est que la vie de famille n'est pas toujours facile à gérer. On ne voit pas sa famille pendant plusieurs mois lorsqu'on part en mission à l'étranger.
Un autre inconvénient pour certains est de devoir obéir aux ordres mais personnellement ça ne me gène pas.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.