Vivian Miessen,
Expert en oeuvres d'art

Interview réalisée en juin 2009

Pourriez-vous retracer votre parcours scolaire ? 

J’ai suivi mes études primaires et secondaires générales à Ixelles.

Une fois le diplôme en poche, quels ont été vos débuts en tant que professionnel ?

Mes débuts précèdent la fin de mon parcours scolaire. A l’âge de 15 ans, j’avais un stand sur le marché d’antiquités et brocante du Sablon, tous les week-ends. La majorité de la marchandise m’était confiée par mon père, antiquaire ayant un magasin sur le Sablon à Bruxelles. Avant d’être, après mon service militaire, à 19 ans, aidant-indépendant de mon père. J’ai également été stagiaire d’un expert connu qui n’est plus en activité.

Pourquoi vous-êtes vous tourné vers l’expertise d’œuvres d’art ? Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette profession ?

Familialement, j’ai toujours été élevé dans le milieu. Mon grand-père était peintre et expert en tableaux également. En ce qui concerne l’expertise, la découverte ou redécouverte d’œuvres importantes, la satisfaction du client dans ces cas précis (rares) mais également l’enrichissement personnel et l’apport de nouvelles connaissances qui est continu.

Concrètement, en quoi consiste votre métier ? 

Hors travaux d’expertise, le matin est consacré à la lecture de la presse spécialisée et au surf sur les sites des ventes publiques belges et étrangères, de manière à être en permanence au courant de l’évolution des prix et du meilleur endroit géographique pour la vente de tel ou tel type d’œuvre. Ceci afin de diriger le client au mieux. L’après-midi, s’il y en a, visite de foires ou de salons d’antiquaires. Et selon, négocier des œuvres pour des déposants, au mieux de leurs intérêts.

Pour qui travaillez-vous généralement ? 

Pour des privés, avant assurance ou après sinistres, pour des assureurs Protection Juridique (ce sont en général les clients qui me choisissent vu qu’ils ont le choix de l’expert dans la plupart des contrats) ou comme contre-expert quand l’offre de l’assureur paraît trop faible au sinistré. Également suite à une succession afin d’établir une valeur de partage. Je travaille également pour les tribunaux.

Quelles sont, d’après vous, les qualités requises pour devenir expert ?

La passion, l’envie de parfaire continuellement sa méthodologie, l’humilité et bien entendu l’intégrité, ce qui est primordial. Et évidemment une importante documentation à mettre à jour en permanence.

Qu’est-ce que vous appréciez le plus et le moins dans votre métier ?

Ce que j’apprécie le plus c’est voir des œuvres. Par contre, j’apprécie moins le fait que le port du titre ne soit pas protégé (la FEBEX-  Fédération belge des associations d'experts - œuvre depuis de nombreuses années pour qu’il le soit un jour).

En quoi la formation que vous avez suivie vous aide-t-elle dans votre profession ? 

Ma formation scolaire ne m’a pas aidée. Depuis tout jeune, j’ai visité avec mon père et mon grand-père de nombreux musées en Belgique et à l’étranger, des ateliers de restaurations et suivi des formations continues, les colloques de l’institut Royal d’art et d’histoire, du Louvre, à Drouot ainsi que les formations procédurales de l’ABEX (Association Belge des Experts).

Quels sont les conseils que vous pourriez donner à un jeune qui voudrait devenir expert en œuvres d’art ?

Évidemment la passion, beaucoup de patience, étudier l’histoire de l’art dans son ensemble et ensuite s’attacher à un secteur qui l’intéresse. Essayer de rentrer comme cataloguiste chez un marchand vendant ce secteur ou faire les formations SOTHEBYS (tout en sachant qu’elles sont très chères…).

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.