Xavier Michaux, Charpentier

Interview réalisée en septembre 2007

Située dans le parc industriel d'Achène (Ciney), l'entreprise CHIMSCO est active dans le domaine de la charpente industrielle. Elle emploie une quinzaine de personnes, dont trois charpentiers. Rencontre avec son directeur, Xavier Michaux, âgé de 27 ans.

Quelle est votre formation, votre parcours professionnel ?

J'ai un diplôme d'ingénieur électromécanicien. Pour m'orienter vers le bois, j'ai fait différentes formations portant sur les ossatures, les matériaux, les types de bois mais aussi la gestion commerciale. La société CHIMSCO existe depuis une vingtaine d'années mais elle a été relancée voici cinq ans. C'est une société familiale et j'ai eu la possibilité d'en prendre la direction il y a quatre ans.

Comment pourrait-on décrire la profession de charpentier ? En quoi consiste-t-elle ? Quelles sont ses particularités ?

Nous faisons de la charpente industrielle. Cela remplace progressivement la charpente traditionnelle mais pas à 100 %. Dans les différents corps de métiers, le charpentier, c'est celui qui termine la maison, qui lui donne la forme de son toit.

C'est aussi l'ingénierie, les calculs de résistance,... Dans la filière bois, à quel niveau vous situez-vous ?

Nous sommes dans la deuxième transformation. On utilise du bois scié. Ensuite, on assemble toutes les parties par convecteur métallique. Différents mesurages sont ensuite réalisés grâce à un architecte, et cela avant l'assemblage et le découpage.

Quelles sont vos tâches principales ?

C'est la gestion de la société et du personnel mais aussi les relations commerciales avec la recherche de nouveaux clients. Je m'occupe également des devis ainsi que de la recherche de meilleures techniques de rendement et de fonctionnement.

Quelles qualités incontournables faut-il réunir pour exercer la profession de charpentier ?

C'est de l'assemblage, donc il faut être précis, rigoureux et méticuleux afin de réaliser un travail soigné. D'autre part, une grande disponibilité est nécessaire, notamment lorsqu'il faut se rendre au plus vite sur un chantier. Un bon sens de l'organisation est également indispensable ainsi que la capacité d'imaginer une charpente avant qu'elle ne soit en place.

Présente-t-elle certains avantages ou des inconvénients ? Quelles difficultés rencontrez-vous ?

Les avantages, c'est la facilité avec laquelle on peut rencontrer les autres corps de métiers, tels que les maçons, les couvreurs ou encore les plafonneurs,... On peut traduire de manière concrète ce qui a été mis sur papier, on ne reste pas dans l'abstrait, la théorie. C'est lors de l'achèvement de la maison qu'on réalise que tout s'est bien passé. J'apprécie aussi les contacts humains dans ce métier. Je suis présent lorsque les gens voient leur maison finie et je peux me rendre compte combien ils sont contents. Des inconvénients, il n'y en a pas tellement, si ce n'est que la charpente est l'étape qui suit la maçonnerie. Quand il y a des erreurs à ce niveau, c'est à nous de rattraper le coup !  Quand il y a des erreurs à ce niveau, c'est à nous de rattraper le coup ! Question difficultés, il faut faire preuve de précision. La recherche de nouveaux clients est également ardue. Enfin, il n'est pas évident de trouver du personnel qualifié donc on doit dès lors faire des formations en interne.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

C'est le contact avec mon personnel et la clientèle ainsi que le travail du bois, qui est un matériau naturel.

La profession de charpentier a-t-elle évolué ? De quelle manière ?

Oui, car nous utilisons de la charpente préfabriquée. Cela existe depuis plus de trente ans. A présent, on va vers des systèmes encore plus précis. Plus rien n'est fait de manière empirique, c'est-à-dire qu'il n'y a plus de savoir transmis de génération à génération.

Pensez-vous qu'il s'agit d'un métier d'avenir ?

Oui, certainement. L'utilisation du bois est toujours plus répandue et le recours à des charpentiers s'intensifie. On estime d'ailleurs qu'une personne sur deux est intéressée par une construction en bois. De plus, nous sommes dans un siècle où on est beaucoup plus attentif à l'utilisation de l'énergie.

Quel conseil pourriez-vous donner à un jeune intéressé par ce métier ?

Il est nécessaire de se rendre compte sur le terrain de la réalité du métier : visiter les chantiers, faire des stages (notamment via le FOREM) et aussi s'intéresser aux énergies renouvelables et durables.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.