Yves Mannaerts,
Directeur de fédération professionnelle

Mr Yves Mannaerts, Directeur de la Fédération belge des Exploitants d'Autobus et d'Autocars (F.B.A.A.).

Qu'est-ce que la F.B.A.A. et quel est son rôle ?

La F.B.A.A. est une union professionnelle reconnue par le Conseil d'Etat qui regroupe les entreprises privées de transport en commun par route et les agences de voyages. Comme toute association professionnelle digne de ce nom, sa tâche consiste à assurer la défense et la promotion de la profession que ce soit au niveau local, régional, fédéral ou européen. De plus, la F.B.A.A. remplit un rôle essentiel sur le plan de l'information et de la formation des entreprises et de leur personnel.

Qu'est-ce qu'un autocariste ?

Il faut tout d'abord savoir que c'est un métier pour lequel il y a un accès à la profession, ce qui veut dire que vous ne pouvez vous installer comme autocariste du jour au lendemain.

Le futur exploitant doit répondre à trois critères de base : honorabilité (certificat de bonne vie et m'urs), compétence professionnelle (cours d'accès à la profession et examens) et capacité financière (cautionnement de 200.000 fb (4.957,87...), par véhicule fourni, par un organisme financier ou une assurance).

A partir du moment où vous répondez à ces trois critères, vous pouvez demander une autorisation au Ministère des Communications à condition que les autocars que vous voulez mettre en service répondent au « contrôle de qualité » obligatoire depuis 1986.

Avec l'autorisation du Ministère des Communications, l'exploitant peut faire deux choses : premièrement, avoir son propre programme de voyages d'un jour et deuxièmement, louer son véhicule avec chauffeur à des associations ou à des groupes préconstitués pour des voyages de plusieurs jours.

S'il veut organiser ses propres voyages de plusieurs jours, il doit disposer d'une licence d'agence de voyages délivrée par le Commissariat au Tourisme.

Il faut savoir que la grande majorité de nos exploitants disposent d'une licence d'agences de voyages (70 à 80%). Là réside l'un des points essentiels de la connaissance du métier. Pour pouvoir organiser un voyage en autocar, il faut avoir non seulement une connaissance approfondie de la région visitée mais également des possibilités offertes par le tourisme en autocar. La connaissance touristique du produit « voyages en autocar » est essentielle pour obtenir de bons résultats.

Il faut oublier l'idée qu'un autocariste est un transporteur de personnes d'un point A à un point B. C'est un organisateur de voyages par route.

Pourriez-vous nous parler de la formation des autocaristes au niveau touristique ? Se fait-elle principalement sur le terrain ?

C'est l'Institut du Transport Routier qui a été chargé par le Ministère des Communications d'organiser ces cours et les examens.

La formation principalement sur le terrain ? Cela dépend de la génération qui est dans l'entreprise. On constate que, maintenant que nous sommes à la 3ème voire la 4ème génération, les jeunes qui arrivent ont souvent une formation beaucoup plus pointue que leurs parents et surtout leurs grands-parents. Au début, ce qui importait était surtout l'aspect technique, l'aspect conduite. De plus en plus souvent aujourd'hui, les jeunes ont des diplômes adaptés à la gestion de l'entreprise. Certains ont fait des études universitaires de gestion d'entreprises, d'autres ont une formation à la mécanique des véhicules, d'autres encore ont suivi des études en tourisme. Ces derniers ont une base plus importante au niveau de l'approche touristique à laquelle nous accordons énormément d'importance.

Dans cet esprit, nous essayons de collaborer un maximum avec les écoles de tourisme pour fournir aux étudiants une connaissance du secteur. Trop souvent, on a tendance à axer ces études sur le tourisme aérien. Nous voulons donc faire comprendre aux étudiants les différents aspects du tourisme en autocar.  e crois que c'est une politique qui, à terme, doit porter ses fruits...

Qu'est-ce qu'un exploitant ?

L'exploitant ou l'autocariste sont deux termes qui définissent la même fonction.

Le nombre d'excursions d'un jour a-t-il augmenté ?

Le tourisme en autocar s'internationalise, notamment grâce au développement du réseau autoroutier. Mais, il ne faut pas nécessairement faire des centaines ou des milliers de kilomètres pour réussir un bon voyage en autocar. Les journées où vous voulez vraiment faire du tourisme, vous ne devez pas dépasser 200 à 250 kilomètres (grand maximum).

Cela dit, il est clair que le tourisme de proximité en dehors de nos frontières rencontre un succès important même s'il est évident que l'activité en Belgique reste majoritaire.

Que pensez-vous de l'évolution de ces professions ?

Face au nombre sans cesse croissant de réglementations édictées par les différents niveaux de pouvoir, un professionnalisme de plus en plus importante est exigé auprès des opérateurs. L'aspect réglementaire n'est pas le seul point important pour un chef d'entreprise, il y a, tout naturellement, les différents aspects liés à la gestion et au management d'une firme. De plus, compte tenu de la création du marché européen unique et du renforcement de la concurrence entre les différents modes de transport, l'opérateur n'a pas droit à l'erreur au niveau de la programmation de ses voyages. Cela implique une connaissance approfondie de l'évolution du comportement des consommateurs et surtout les connaissances nécessaires pour pouvoir transposer ces nouvelles tendances en voyages commercialisables. A tout ceci s'ajoute encore le rôle capital des nouvelles technologies de communication qui révolutionnent l'approche de la clientèle.

Formez-vous également vos chauffeurs ?

Oui. Nous avons parlé, jusqu'ici des exploitants, mais nous travaillons également au niveau de la formation du personnel de bord des autocars : le chauffeur et le guide accompagnateur.

A la base de la formation du chauffeur, l'aspect essentiel est la conduite. Il ne faut pas perdre de vue le fait, trop souvent méconnu, que l'autocar est le moyen de transport le plus sûr (le risque d'avoir un accident mortel en autocar est 82 fois moins élevé qu'en voiture et 46 fois moins élevé qu'en train et en avion).

Pour cette formation, nous avons nos centres de formation professionnelle en collaboration avec le FOREM.

De plus, nous avons également un complément de formation à la conduite internationale.

Nous organisons aussi des cours de recyclage pour les chauffeurs qui sont déjà dans le métier; cours qui abordent les aspects de motivation et de relations avec les passagers. Ce sont des aspects essentiels puisque le chauffeur est considéré comme « l'ambassadeur » de l'entreprise. Vous pouvez avoir un véhicule "4 étoiles" avec un excellent programme, si le chauffeur ne se montre pas aimable à l'égard des passagers, il est certain que l'image de marque de la société sera négative. D'où la nécessité d'investir non seulement dans le matériel mais également dans la formation du personnel.

En ce qui concerne les guides accompagnateurs, nous avons des centres de formation axés uniquement sur le tourisme en autocar en collaboration avec les Centres de Formation Permanente des Classes Moyennes. Ces cycles d'apprentissage abordent l'ensemble des aspects du métier de guide en autocar. Si la connaissance du sujet est primordiale, l'aspect psychologie de groupe est également fort important.

En prenant en compte ces différents éléments, on obtient vraiment un tourisme de haut niveau qui permet d'améliorer l'image de marque de l'autocar et d'attirer une part plus importante de clientèle, celle qui hésite à franchir le pas.

C'est donc une formation complète ?

Nous essayons d'être le plus complet possible. D'ailleurs, nous parlions tout à l'heure des formations pour les exploitants, mais nous organisons également des cours de recyclage pour eux; notamment pour les informer sur les évolutions du secteur et les aider à s'adapter à l'offre en fonction des demandes du client.  Nous les informons également sur des manifestions ponctuelles.

Quelles sont les perspectives de recrutement dans ce secteur ?

Le but des écoles de formation est évidemment de former des gens de qualité mais également de pouvoir recruter du personnel. Il y a une demande de jeunes chauffeurs de bon niveau. Je dirais même que les jeunes qui sortent de ces écoles ont de bonnes chances de trouver facilement du travail dans le secteur. Il y a des possibilités d'emploi; c'est un travail agréable, mais il y a aussi des contraintes...

Il ne faut, en effet, pas perdre de vue que le chauffeur a la responsabilité de plusieurs dizaines de vies humaines...

En résumé, le métier de chauffeur d'autocar est la profession idéale pour les jeunes intéressés par de nouveaux horizons et qui ne se voient pas passer toute leur vie dans un bureau ou un atelier. Tous les jours, de nouveaux horizons, des contacts avec d'autres personnes de bonne humeur, dans une ambiance de vacances et de délassement. Que peut-on rêver de mieux ?

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