Yves Stassart, Architecte en bâtiment

Quel est votre parcours professionnel?

Après l'université, j'ai fait mon service militaire durant lequel j'ai été affecté au service de calcul des bétons pour la stabilité des abris munitions. Ensuite, après avoir effectué mon stage, je me suis associé avec mes deux collèges stagiaires architecte pour ouvrir un bureau d'architecture. D'autre part, j'ai ouvert avec un autre ingénieur-architecte, un bureau de stabilité. Ces deux sociétés évitent tout problème de sous-traitance et permettent une ouverture de travail sur d'autres bureaux.

Sur quels types de projets travaillez-vous?

Je travaille essentiellement sur des immeubles à appartements. La grande majorité de mon boulot est liée aux promoteurs, très peu de privés.

Pouvez-vous expliquer en détails votre travail, lorsqu'il arrive chez vous une demande de nouvelle construction émanant d'un particulier?

Ce sont d'abord des affinités entre le client ou le promoteur, sans cela rien ne fonctionne.
Chaque demande est particulière, il faut voir si le client a un terrain cherche un terrain. Auquel cas, on peut le mettre en contact avec un immobilier. Nous accompagnons nos clients pour acheter le terrain, nous devons les consulter, tenir compte du projet.

Aujourd'hui, et de plus en plus, l'architecte devient la charnière entre le client, son projet et sa réalisation: nous travaillons aussi bien avec l'urbanisme, le promoteur, le vendeur de terrains, le banquier, les pompiers, l'assureur...
Notre mission est celle-là: ouvrir le client à toutes réalités.

Dans la construction d'une maison, est-il obligatoire de faire appel à un architecte?

Pas toujours, lorsque est délivré un permis d'urbanisme il y a celui qui exige la présence d'un architecte et celui sans. En général, dès que vous touchez à une façade ou à un mur porteur, vous avez besoin d'un architecte.

Sur un chantier, à partir de quand interviennent les différents corps de métier? Est-ce vous qui les coordonnez?

Encore une fois, ces décisions résultent de négociations avec le client. Soit on prend une entreprise générale, soit des entreprises séparées.Soit on coordonne ou pas.Un promoteur peut avoir son staff technique auquel cas notre mission peut être réduite.

Où s'arrête la responsabilité d'un architecte sur un chantier?

Légalement il existe la responsabilité décennale, cela est dû au monopole de notre profession. Chez nos voisins, aux Pays-Bas, la responsabilité perdure une année. Cette responsabilité décennale se porte essentiellement sur la stabilité mais la tendance est à l'élargissement de ses compétences.
Nous sommes les seuls, dans l'intervention d'une construction, à avoir l'obligation de s'assurer. Cela est connu de tous et, en cas de litige, lorsqu'un expert est désigné, la tendance est de charger la compagnie d'assurance de l'architecte.
Bien souvent, lors d'un gros sinistre, l'entrepreneur est souvent tenté par la mise en faillite de sa société. La faillite est une procédure trop facile et n'empêche en rien l'entrepreneur de recréer une autre société.

Il est aberrant que dans l'acte de construire le seul assuré obligatoire aux yeux de la loi soit l'architecte.L'entrepreneur n'est pas assuré pour sa responsabilité décennale.Il faut peut être souligner pour les jeunes que notre beau métier d'architecte nécessite aussi de bonnes bases juridiques. Dès le premier rapport de chantier on doit penser aux éventuels conflits avec le client ou avec l'entrepreneur, et ainsi de suite pour chaque étape.

La profession a-t-elle évolué ces dernières années?

Oui dans le sens où l'image de l'architecte qui attend son client dans son bureau existe de moins en moins. Personnellement je cherche un terrain, j'évalue le projet puis je le propose à un promoteur, on doit démarcher de plus en plus.

Selon vous, la profession exige-t-elle plus un esprit scientifique ou créatif?

En fait l'idéal est d'avoir un esprit scientifique et créatif; être à la fois très terre à terre mais aussi avoir plein d'idées géniales, c'est en fait toute la difficulté du métier.

Quels sont les avantages de s'installer seul ou de faire partie d'un bureau d'architectes?

Personnellement, je trouve ennuyeux de travailler seul.Nous fonctionnons à trois commedans un cabinet d'avocats. Nous partageons les frais mais également les joies et problèmes.Il est plus facile de les gérer à plusieurs.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune?

La difficulté aujourd'hui c'est la pléthore d'architectes.La concurrence est rude et il est clair qu'une dizaine d'années d'expérience permet de mieux gérer le stress.Le côté créatif est parfois peu développé,dans le privé la majorité des architectes travaillent sur des fermettes, le côté créatif est restreint.
Néanmoins, ce métier est un beau métier.La plus belle récompense est sans doute de matérialiser son dessin par une construction bien réelle.
Concilier un parfait technicien, avoir un tempérament très organisé pour gérer convenablement un chantier, être entreprenant mais aussi créatif n'est pas toujours évident. Ces exigences sont parfois antinomiques.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.