Yves Stevens, Steward

Steward sur long courrier.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

Parce que j'aime voyager et j'adore les avions. Pour moi, l'aviation a toujours été une inconnue, un métier difficile à faire. Il y a quelques années, j'étais très engagé dans le tennis et je devais me rendre très souvent à l'étranger pour disputer des tournois. J'avais un copain qui était pilote et qui m'a conseillé d'essayer la Sabena parce que ça me permettait de voler et de travailler, tout en conservant du temps libre pour mes loisirs. J'ai pu continuer le sport tout en travaillant.

Quelle formation avez-vous reçue ?

J'ai fait mes humanités puis je suis allé deux ans aux Etats-Unis pour le tennis. A cette époque, j'étais dans les 100 premiers mondiaux en juniors. Ensuite, je suis revenu en Belgique pour faire mon service militaire et j'ai repris une vie normale. J'ai reçu la formation Sabena.

Un steward a-t-il autant de chances de réussite qu'une hôtesse ?

Oui, évidemment. Je crois que chacun a son métier et chaque personne a ses atouts. Il n'y a aucune différence entre un steward et une hôtesse de l'air. L'ensemble forme une équipe idéale.

Comment les stewards sont-ils considérés ?

Au sein de l'équipage, il n'y a aucun problème.Tout le monde est accepté, on ne voit même plus la différence. Nous avons d'ailleurs la même répartition des tâches.

Que doit faire un steward ou une hôtesse tout au long d'un vol long courrier ?

Avant de monter à bord, on doit signer notre présence au comptoir signatures à l'aéroport. Si le steward ou l'hôtesse n'est pas présent(e) à temps et donc ne signe pas, on appelle une réserve. Ensuite, les membres de l'équipage ont rendez-vous au "Crew Room" où l'on se présente au chef de cabine. Ensuite, on monte à bord et le chef de cabine donne un briefing où il donne à chaque personne un numéro qui correspond à une position de travail à bord. On doit alors suivre le "Job Description" (méthode de travail) tout au long du vol.

Sur un vol normal, on s'occupe de :

  • la mise en place (pour pouvoir commencer le travail le plus vite possible après de décollage) 
  • la vérification de la nourriture et des éléments de sécurité
  • l'accueil des passagers 
  • la distribution des matériaux : coussin, casque walkman,...
  • 1er service avec apéritif, repas chaud, pause-café,...
  • la vente des articles hors taxe 
  • la distribution des formulaires d'immigration
  • 2ème service : petit déjeuner, snack,...
  • la préparation de la cabine pour l'atterrissage : rangement,...
  • débarquement.

Pendant le vol, nous devons avoir un contact permanent avec les passagers. Pour le retour, on doit également reprendre le premier avion qui revient en Belgique. Nous avons souvent un jour d'escale, mais sur quelques vols, il arrive qu'on en ait deux ou trois.

Quelles doivent être les qualités d'un steward ?

Il faut, tout d'abord, bien aimer travailler. Les gens croient un peu trop que c'est un boulot de touriste.

On doit aussi avoir beaucoup de qualités sociales : être ouvert vis-à-vis de ses collègues et des « clients ». Il faut aimer travailler en équipe: les individualistes sont exclus.

Il faut aussi savoir rester calme dans toute situation car la sécurité est très importante. La Sabena est reconnue pour ses qualités en la matière.

Comment se passe une semaine de la vie d'un steward long courrier ?

Depuis que je travaille sur vol long courrier à la Sabena, j'ai toujours été environ 15 jours à la maison, par période de 2, 3, 4 ou 5 jours. Mais il faut tenir compte de tout. Si l'on compare avec un métier normal, il faut se dire que dans un mois, si on retire déjà les 8 jours de week-end que chacun a, cela ne nous fait que 4 ou 5 jours de repos en plus que les autres, mais on doit aussi se reposer et récupérer des décalages horaires.

Le long courrier est-il fatigant ?

Sur moyen-courrier, on est fatigué par le travail (rester debout, service,...), mais sur long courrier, on est non seulement fatigué par le travail mais aussi par le décalage horaire, les nuits blanches,... C'est une fatigue qui s'accumule très vite et qui est très difficile à supporter.

Il y en a de plus en plus d'hôtesses et stewards qui ne savent pas « encaisser » ces vols long courrier. Les jeunes n'ont plus la même condition physique qu'avant, cela a été prouvé dans de nombreuses études. Pour pouvoir continuer ce travail, il faut une très bonne condition physique. La personne qui vole sur long-courrier et qui doit s'occuper de ses trois enfants quand elle rentre, c'est quasiment impossible à gérer.

Quels sont les avantages et les inconvénients du long courrier ?

L'inconvénient principal est, bien entendu, la fatigue. En outre, la tendance actuelle est à voler un peu plus et gagner un peu moins. L'avantage est qu'on nous donne l'occasion de connaître un peu mieux le monde, même si on ne reste pas longtemps en escale. Sur le plan culturel et social, si on veut, on peut découvrir beaucoup.

Quels sont les avantages et les inconvénients du moyen courrier ?

L'ambiance est très bonne sur l'Europe parce que les gens travaillent ensemble. Sur long-courrier, ils doivent vivre ensemble et c'est différent. On peut mener une vie plus normale.

Y a-t-il un âge limite de vol ?

Oui, on ne peut plus voler après 55 ans et maintenant, on devient pré-pensionné à partir de 50 ans.

Comment les stewards et hôtesses assurent-ils leur reconversion ?

Une fois l'âge limite, on n'est pas muté dans un autre secteur de la Sabena. Si, en cours de carrière, on a un problème de santé ou autre, la Sabena peut, éventuellement, offrir un autre poste. Evidemment, on peut monter de poste aussi. Il y a trois grades : hôtesse-steward puis chef de cabine et chef de cabine principal.

Quel est le point de vue le plus négatif de votre métier ?

La vie familiale. Il faut une grande confiance avec son partenaire pour pouvoir tenir le coup. La condition physique aussi.

Quel est le  point de vue le plus positif de votre métier ?

Les voyages, c'est une vie qui permet de faire beaucoup de choses.

Emettez-vous des regrets sur le déroulement de votre carrière ?

Pas un seul.

Que retenez-vous de ces années ?

J'ai tout vu à la Sabena : j'ai fait des missions, je suis allé un mois à Tokyo, à Dubaï, Bangkok, Singapour, Manille,... et cela a toujours été une expérience fabuleuse. Mes meilleurs souvenirs sont les deux vols avec nos anciens souverains, le Roi Baudouin et la Reine Fabiola, vers Tokyo.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.