Siep Logo

Microbiologiste

Santé & bien-être / Santé publique, laboratoire & gestion
Sciences / Sciences biologiques

Code Riasec IRS - Mise à jour 17/06/2015 - Fiche 422

Le microbiologiste est un biologiste spécialiste des microbes, appelés scientifiquement micro-organismes : virus, levures, moisissures et champignons microscopiques, bactéries, algues microscopiques, etc. Ceux-ci sont présents dans tous les environnements : le sol, l’air, l’eau, l’intérieur de notre corps, etc. Ils ne sont pas tous dangereux, certains sont indispensables à nos fonctions vitales, la digestion par exemple (flore intestinale). Le microbiologiste se penche sur leurs structures, fonctionnement, métabolisme, composition génétique, milieu de vie, ainsi que sur leurs potentiels industriels et commerciaux. En observant la relation des micro-organismes entre eux et avec l’environnement, il détermine leur action et leur mode de reproduction. Il s’intéresse aussi aux effets bénéfiques et/ou nocifs qu’ils peuvent avoir sur la santé et sur l’environnement. Il cherche à contrer la propagation des micro-organismes nuisibles, en examinant leur capacité à transmettre une maladie aux hommes, aux animaux et aux plantes.

Son travail consiste à réaliser des analyses et des expérimentations en laboratoire, à l’aide d’instruments de précision, comme un microscope. Il utilise des techniques comme l’isolement : il est capable d’isoler, de caractériser et d’identifier un micro-organisme en particulier. Dans des boîtes de Petri[1], il développe des milieux de culture de bactéries, de levures, etc. En modifiant la composition de l’environnement, il peut transformer leurs activités, réguler leur croissance et même modifier certains détails de leur structure génétique sans provoquer leur destruction. Après avoir élaboré des théories et en fonction des résultats de expérimentations menées, il les valide ou pas.

Parmi les microbiologistes, on retrouve des spécialistes dans un domaine de recherche pointu :

  • Le bactériologiste est le spécialiste des bactéries, des organismes procaryotes (sans noyau dans la cellule), le plus souvent unicellulaires. Il cherche à les éliminer ou les utiliser, selon qu’elles sont bénéfiques ou nocives pour la santé et l’environnement.
  • L’immunologiste ou immunologue effectue des recherches sur les mécanismes de défense de l’organisme (humain, animal ou végétal) face aux virus et microbes. Il travaille à la mise au point de traitements et de médicaments pour aider à les combattre et renforcer le système immunitaire.
  • Le parasitologiste ou parasitologue étudie les parasites, des micro-organismes eucaryotes (dont la cellule comporte un noyau), qui ne sont ni des virus, ni des bactéries, ni des champignons et qui parasitent un hôte vivant.
  • Le virologiste ou virologue étudie les virus et comment ils induisent des maladies chez les organismes. Un virus est une entité biologique nécessitant un hôte, le plus souvent une cellule, dont il utilise les constituants pour se répliquer (virus de la grippe, Ebola, Sida, etc.)

Certains microbiologistes peuvent également se spécialiser en génétique microbienne, en mycologie (champignons et levures microscopiques), en algologie (algues microscopiques), ou étudier l’impact des micro-organismes dans des domaines tels que la toxicologie ou les biotechnologies.

L’expertise scientifique du microbiologiste intervient dans l’analyse, la gestion, le contrôle, l’évaluation et la supervision des activités portant sur les micro-organismes. Par exemple, il peut assurer la qualité sanitaire d’un produit de consommation et veiller au respect des normes de biosécurité dans le processus de fabrication et de conditionnement. On fera appel à lui pour chercher les causes d’épidémies ou d’empoisonnements alimentaires et les moyens de les contrer. Il peut également émettre un avis environnemental auprès d’autorités publiques ou de responsables d’entreprises, organiser des actions de sensibilisation auprès du grand public.

Les applications pratiques de ses découvertes sont très nombreuses. Dans les domaines de la médecine humaine, vétérinaire et de la santé publique, de nombreux progrès sont accomplis grâce aux recherches sur les défenses immunitaires par exemple. Pour l’agriculture, la microbiologie permet de développer de nouveaux procédés de fertilisation et des traitements évitant l’emploi de pesticides. Les industries pharmaceutiques en ont besoin pour élaborer de nouveaux antibiotiques, antiviraux et vaccins. De même au sein des industries chimiques, par exemple dans la conception de produits cosmétiques. Les connaissances du microbiologiste sont également indispensables dans le domaine agroalimentaire : analyse des contaminants alimentaires, fermentation d’aliments comme le fromage, le yogourt, le vin, la bière, production d’aliments contenant des probiotiques[2], etc. Enfin, l’étude de la microbiologie est également déterminante dans la préservation de l’environnement (épuration des eaux industrielles et usées, traitement de pollutions et déchets industriels, impact des bactéries sur les plantes et le milieu marin).

Le microbiologiste retranscrit ses manipulations, rédige des rapports et articles scientifiques pour faire part du résultat de ses recherches. Les échanges scientifiques tiennent une place importante dans son activité : il participe régulièrement à des conférences, des réunions et séminaires nationaux et internationaux pour partager ses connaissances. Il peut également enseigner la microbiologie, notamment dans le cadre d’une carrière académique au sein d’une université.

 

[1] Une boîte de Petri est une boîte cylindrique transparente peu profonde, en verre ou en plastique, munie d'un couvercle. Facilement manipulable, empilable et peu coûteuse, elle est utilisée en microbiologie pour la mise en culture de micro-organismes.

[2] Les probiotiques sont des micro-organismes vivants (bactéries ou levures) qui, ajoutés comme compléments à certains produits alimentaires comme les yaourts ou les céréales par exemple, auraient un effet bénéfique sur la santé.

 

 

Compétences & actions

  • Posséder de vastes connaissances scientifiques (biologie, mais aussi mathématiques, physique et chimie)
  • Lire et parler l’anglais et éventuellement d’autres langues étrangères
  • Classer, isoler les micro-organismes et faire des cultures
  • Réaliser des analyses chimiques et biologiques
  • Examiner des substances ou organismes exposés à des contaminations
  • S’instruire continuellement et lire la littérature spécialisée
  • Travailler en équipe et éventuellement la superviser
  • Rédiger des rapports officiels ou des articles scientifiques
  • Communiquer oralement et par écrit ses observations
  • Utiliser du matériel technique et informatique de pointe
  • Chercher des financements
  • Respecter les règles de sécurité
  • Avoir une bonne vue et être capable de différencier les couleurs

Savoir-être

  • Rigueur et application
  • Curiosité
  • Organisation et méthode
  • Patience et persévérance
  • Polyvalence
  • Précision et minutie
  • Esprit d’analyse et de synthèse
  • Initiative et autonomie

Cadre professionnel

On retrouve le microbiologiste dans de très nombreux secteurs : laboratoires publics et privés, laboratoires d’hôpitaux et médicaux, instituts de santé publique, centres de recherche, services et administrations publics, laboratoires de recherche et développement et de contrôle qualité des industries pharmaceutiques, chimiques, agroalimentaires et biotechnologiques, universités, services d’études et de protection de la santé ou de l’environnement, exploitations agricoles et forestières, etc.

Le microbiologiste travaille généralement en équipe, en collaboration avec d’autres chercheurs (biochimistes, médecins, pharmaciens, chimistes, etc.), des doctorants, éventuellement des ingénieurs et des techniciens de laboratoire. Ses horaires sont souvent irréguliers, il partage son temps de travail entre son laboratoire et son ordinateur, et se déplace à l’étranger pour assister à des congrès scientifiques. Il est amené à manipuler des substances toxiques et peut être en contact avec des microbes potentiellement dangereux pour sa santé. Une vigilance constante et le port d’équipement de protection sont nécessaires.

Formations

Il n’existe pas de formation spécifique pour se préparer à ce métier. Pour travailler dans la recherche, l'étudiant poursuivra sa formation de base par un Doctorat en Sciences (Université, +3 ans). Le Doctorat constitue le troisième cycle d'études universitaires menant au titre de docteur. Il consiste en : la formation doctorale, l’élaboration et la rédaction d’une thèse de doctorat et la soutenance publique de la thèse de doctorat. Les travaux relatifs à la préparation d’une thèse de doctorat correspondent à au moins 180 crédits, acquis après une formation initiale d’au moins 300 crédits (grade académique de master). Parmi ces 180 crédits, 60 crédits doivent être acquis au cours de la formation doctorale.


Ce site est un site d'information belge francophone sur les métiers.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.