Mr Alain Breyer,
Photographe publicitaire

Quel a été votre parcours ?

J'ai fait des secondaires générales en option math suivies d'études supérieures artistiques de type court. J'ai un bachelier en arts plastiques option, photo. J'ai aussi passé le CAP, le Certificat d'Aptitudes Pédagogiques. D'autre part, je fais chaque année 2 à 3 formations et des stages pour suivre l'évolution du métier en photographie dite "traditionnelle" et photographie dite "numérique".

Comment vous définiriez-vous ?

Je me définis comme photographe-reporter industriel, publicitaire et d'œuvres d'art. Reporter au sens où je reporte l'image que le client me commande mais avec mon regard et mon interprétation de photographe. Personnellement, je traduis et interprète ces demandes uniquement sur base de critères esthétiques et de l'intention du client. Contrairement à d'autres, je ne fais pas de reportages à dimension socio-politique. Le client vient me trouver non parce qu'il a trouvé mon nom dans un annuaire mais parce qu'il connaît le type de travail que je réalise, la manière dont je travaille et le matériel que j'utilise.

Quels sont les atouts de votre profession ?

Etant donné la concurrence rude dans la profession de photographe publicitaire, le métier est jalousement gardé. Aussi, je dirai qu'il faut avoir un tempérament de solitaire et d'indépendant. Une seconde caractéristique du métier, c'est que rien n'est fixe. Savoir assumer l'incertitude du lendemain et combler les temps morts inévitables, cela demande beaucoup de ténacité et une grande motivation. Par définition, le photographe est curieux : il rapporte ce qu'il voit, il a envie de communiquer. Aussi, il acquiert rapidement un bagage culturel et technique. Enfin, je suis persuadé que l'âme d'un photographe qui croit en lui-même transparaît dans ses clichés. Il n'y a rien de plus efficace pour que le client soit persuadé de vos qualités.

Cela comporte aussi des contraintes ?

Pour percer dans la profession, "savoir se vendre" est une condition sine qua non. Personnellement, je trouve ce côté commercial désagréable. De plus, l'achat de matériel est financièrement très onéreux. Aussi existe-t-il quelques rares photographes qui s'installent en SPRL (société privée à responsabilité limitée) pour assurer un tel investissement en limitant les risques. Dans le même registre, l'indépendant doit assumer la gestion d'une comptabilité. Et puis, dernier aspect auquel je pense, ce sont les nombreux voyages à l'étranger pour des missions bien précises. Bien sûr, ces déplacements peuvent être perçus très différemment selon les tempéraments. Ceci dit, ce que j'apprécie énormément, c'est la variété dans le travail. Il permet de s'extérioriser sans jamais faire la même chose. Il n'y pas de journée-type ou de semaine-type. Aussi, on peut se permettre de rêver, on n'est jamais à l'abri de bonnes surprises, de rencontres inattendues et/ou exceptionnelles.

Quels conseils auriez-vous envie de donner à quelqu'un qui veut se lancer dans la photo ?

Ces conseils ne sont pas propres à la photo. A l'heure actuelle, ils sont valables pour tous les métiers. 

Être motivé de manière inconditionnelle. Déployer les moyens nécessaires pour être bon et être soi-même persuadé de la qualité des travaux qu'on réalise. Pour se lancer, ne pas écraser les autres mais s'investir sans compter son temps. Et puis, il y le facteur chance que selon moi on peut favoriser, de diverses manières.

Pensez-vous que les études préparent bien à la profession ?

Mes études ne m'ont pas préparé à l'aspect technique. Or, dans un premier temps, la technique est essentielle. J'ai donc acquis cela par mon expérience personnelle et professionnelle. Par contre, durant mes études de photographie, nous avons appris à discuter, à réfléchir sur notre formation artistique, à développer un esprit critique ainsi qu'un bagage culturel et intellectuel. En tant qu'enseignant mais également en tant que photographe publicitaire, ce questionnement est indispensable. Le photographe publicitaire se doit de développer deux qualités : le professionnalisme et le relationnel. Ce dernier aspect peut prendre beaucoup de temps. Pour comprendre ce que veut faire passer le client, il faut l'écouter et discuter avec lui. Il cherche d'abord à avoir les photos de ses propres produits et non un photographe en particulier. 

Comment voyez-vous l'avenir du secteur ?

Même si le numérique est intéressant, il est moralement fatiguant. Finalement, un jeune de 18 ans aura sans doute plus de facilité puisque, dès le départ, il manipulera cette nouvelle technologie. Par contre pour moi, la formation permanente est indispensable. Je suis très sceptique par rapport à une évolution du métier qui soutiendrait le professionnalisme. La formation traditionnelle est primordiale.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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