Mr Anthony Maquestiau, Jardinier
| Interview réalisée en mars 2026 |
Anthony Maquestiau est jardinier et chroniqueur dans Jardins&Loisirs (RTBF) et en radio sur Vivacité
À quoi ressemble votre activité aujourd’hui ?
Tout d'abord, je travaille à temps plein à la Province de Hainaut comme jardinier, j’entretiens les espaces verts des sites de la Province.
Et après, j’ai mon activité complémentaire pour laquelle je fais les chroniques radio et télé, les conférences, peut-être bientôt des formations. J’anime aussi mes propres ateliers jardin depuis peu, et tout cela se passe après mes heures de temps plein !
Et pour couronner le tout, je gère ma propre page Facebook qui rassemble un peu mes deux activités. Depuis 2026, j’essaie de poster tous les jours, un peu comme un article de journal mais consacré au jardin.J’ai des journées bien remplies !
Ça ne parait pas mais c’est beaucoup de travail sur le côté qui fait que c’est possible. Il y a beaucoup de gens qui pensent que les influenceurs qu’ils voient ont la belle vie. Alors, ils ont peut-être la belle vie mais ils ne voient pas tout ce qu’il y a derrière en préparation, en réflexion et en remise en question. C’est ça qui est bien quand on est passionné, c’est que peu importe les difficultés, on passe au-dessus.
Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?
En secondaire, je ne me plaisais pas dans l’enseignement général. Alors je suis allé au SIEP faire un entretien d’orientation et, étant donné que j’aimais beaucoup tout ce qui touche à la nature et à l’extérieur, on m’a conseillé de faire l’horticulture. Et j’ai adoré. J'ai commencé cette option à 16 ans et à 19 ans, j’étais diplômé.
À quoi ressemble une journée-type ?
Mes journées varient tout le temps ! Principalement selon les saisons, puisqu’on y fait des choses différentes et que chaque saison a ses particularités en termes de travail. Mais si je devais dire une journée type, c’est réveil à 6h30 pour commencer ma journée à 7h. Je travaille en tant que jardinier jusque 15h et après ça, c’est mon activité complémentaire qui commence. Je prépare mes chroniques, mes tournages et ça peut durer jusque 18h, 19h ou même 20h. Ça arrive parfois que je n’ai aucune « journée off » pendant trois semaines complètes mais je suis jeune et je n’ai pas encore de contraintes donc tant que je peux, je développe tout ça un maximum et après je lèverai un peu le pied.
Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ?
Les avantages : la reconnaissance envers mon travail, puisque tout passe par les abonnés et les auditeurs, et que je reçois souvent des retours positifs. Dans mon travail de jardinier, être tout le temps dehors c’est un avantage pour moi (même si ça peut devenir un inconvénient quand il fait mauvais ou froid !) et on apprend de nouvelles choses tous les jours car le jardin c’est très vaste.
Les inconvénients : l’hiver, il fait froid… mais on doit quand même travailler dehors ! On peut aussi souligner la dangerosité des matériaux utilisés. Certaines machines ou ustensiles que l’on utilise peuvent être blessants. Et dans le secteur de l’horticulture, la concurrence est de plus en plus rude donc ça devient difficile de se démarquer. C’est pour cela que j’ai privilégié cet aspect réseaux sociaux et communication qui me permet de me démarquer par rapport à ceux qui ne font « que » l’entretien des jardins chez les particuliers.
C’est donc la concurrence qui vous a poussé à développer le côté réseaux sociaux ?
Oui, un peu. Et le fait que je voyais les gens faire n’importe quoi avec leurs jardins sur les réseaux sociaux pendant le Covid. Je savais que j’avais les connaissances pour les aider et je ne pouvais pas rester sans rien faire. Et puis, quand j’étais jeune, j’étais très timide et réservé, je ne parlais presque à personne et j’avais mon cercle d’amis très restreint. Quand je rentrais à la maison, j’étais très casanier et toujours dans mon jardin. Et puis du jour au lendemain, je me suis mis à parler à une caméra et tout le monde pouvait me voir. Je savais que j’allais avoir des retours, de la critique, des commentaires et c’était assez stressant. Mais quand je vois l’évolution, finalement, le fait d’avoir développé ça, la première chose qui a été hyper bénéfique, ce n’est pas forcément tout ce que ça m’a apporté aujourd’hui mais ça m’a permis de m’ouvrir au monde extérieur, d’être plus franc, de parler à tout le monde. Au-delà du fait que ce soit devenu une passion et même un métier, ça m’a vraiment aidé dans mon quotidien personnel.
Quelles sont les qualités requises pour exercer votre métier ?
Je pense que tout d’abord, il faut être motivé par le métier de jardinier. Il faut aussi savoir toujours s’adapter, avec le climat qui change, certaines pratiques doivent régulièrement être mises à jour. Et puis surtout, il faut de la rigueur.
Pour ce qui est de mon activité sur les réseaux sociaux, la qualité principale c’est l’organisation. Si on procrastine un peu, on se retrouve vite avec une montagne de choses à faire. Personnellement, je planifie tout ce que j’ai à faire pour ne pas être débordé et ne rien oublier.
Que donneriez-vous comme conseil à quelqu’un qui voudrait se lancer dans cette voie ?
Déjà, s’entourer des bonnes personnes pour être soutenu dans son projet, c’est hyper important pour moi. Et puis ne pas aller trop vite, prendre le temps, surtout pour une activité sur les réseaux sociaux. Au début, ça ne me rapportait rien de faire ça, et puis, petit à petit, ma page s’est développée et c’est devenu une activité à part entière, qui me rapporte de l’argent. Alors, y aller progressivement c’est essentiel.