Christian, Vendeur ambulant

Interview réalisée en mai 2008

Christian est vendeur ambulant sur les marchés.

En quoi consiste votre activité au quotidien ?

Je charge la marchandise de la chambre froide dans le véhicule. Une fois le chargement effectué, je me dirige vers le marché. Arrivé sur place, je bois un café bien corsé, histoire de me réveiller. Ensuite, j'installe le matériel. Il faut ouvrir le parasol, monter les tables et poser les nappes, fixer les plexiglas, disposer la balance ainsi que la marchandise. A 12h30, on commence à remballer le tout, pour pouvoir libérer les rues à 13h30. En effet, si on ne quitte pas l'emplacement à temps, on risque de se faire sanctionner par un procès-verbal. L'amende peut atteindre 200 €. Au retour, je range le matériel, je dépose la marchandise non vendue dans la chambre froide et je nettoie les ustensiles.

Selon vous, quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

D’abord, il faut avoir une hygiène irréprochable. Tout doit être très propre : soi-même, le matériel et les différents ustensiles. Pour attirer le client, il ne faut pas négliger la présentation de son échoppe. Ensuite, le sourire et la bonne humeur sont recommandés. Enfin, montrer un peu d'humour ne fait de tort à personne. On utilise des expressions de tous les jours pour donner le sourire aux clients : "5 balles et j'emballe". Traduction : « vous me donnez 5 € et je vous emballe votre marchandise ». Evidemment, cela varie selon les prix.

Il y a énormément de concurrence. Il est impératif de se démarquer sinon votre affaire piquera du nez. Pour cela, il faut trouver des produits de qualité que les autres n'ont pas. On doit toujours être à la recherche de nouveaux articles. On est souvent amené à visiter de multiples régions ainsi que différents pays. Je suis déjà allé en France comme en Thaïlande. Il faut aussi offrir de temps à autre un petit cadeau à sa clientèle, par exemple, une petite briquette de fromage ou arrondir un prix.

Quels sont les avantages et les inconvénients de ce métier ?

Le fait de ne pas avoir de patron est un privilège. Je peux aller chercher ma clientèle partout en Belgique, prendre congé lorsque j'en ai envie. De plus, être toujours en plein air m'est agréable.

Je relèverai cependant trois inconvénients : les intempéries qui mettent nos bénéfices en difficulté, les taxes élevées et les banques qui ne nous ouvrent pas volontiers leur porte pour nous accorder des prêts. Pour en revenir aux taxes, le minimum de cotisation sociale est de +/- 400 € par trimestre et ce, dans le but de prévoir une pension. Néanmoins, cette cotisation est la plupart du temps beaucoup plus élevée car elle est calculée au prorata du chiffre d'affaires. Comme pensionné, on touche une somme de +/- 400 € par mois, ce qui est tout à fait insuffisant selon moi.

L’ambiance est tendue en hiver car nos bénéfices diminuent. Par un temps glacial les gens ne sortent plus de chez eux. Certains maraîchers sont plus stressés, moins chaleureux. Ce travail se résume à une nécessité et le plaisir d’exercer le métier est moins présent à cette époque de l’année. Les clients sont de plus en plus froids et distants. On ne ressent plus beaucoup la chaleur d'antan. La convivialité se fait rare. Etre maraîcher, c'est ma passion avant tout. J'ai effectué une sélection parmi ma clientèle. Les gens qui me manquent de respect ou qui ne me disent pas bonjour, je ne les sers plus. Je n'ai gardé que les personnes respectueuses pour les servir dans les meilleures conditions.

Quel est l’horaire de travail ?

De 5h30 à 14h00 lorsque c'est un marché normal. Par contre, lors d'une braderie ou d'une foire, cela varie. On couvre une plage horaire de +/- 4h00 à 22h00. Lors de ces jours spéciaux, notre horaire est lourd, mais ces événements nous permettent d’augmenter nos bénéfices.

Quel a été votre parcours professionnel ?

J'ai débuté comme carrossier. Malheureusement, j’ai eu des problèmes de santé. En 1991, j'ai échangé ma clé à molette contre un grand couteau de fromager ! J'ai démarré de rien et c'est devenu ma passion. Cependant, les contraintes sont multiples. Les inspecteurs des denrées alimentaires sont très exigeants et ils nous obligent à faire de gros investissements. C'est difficile de débuter sans fonds. Ensuite, il ne faut pas négliger la concurrence.

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans cette voie ?

Je lui dirais d'être courageux, de ne pas confondre recettes et bénéfices, d’être économe et de posséder toutes les qualités que je viens de citer. Personnellement, je pense que c'est un métier d'avenir. Cependant, il faut se battre énormément, ne pas baisser les bras trop vite mais aussi y consacrer beaucoup de temps et d'argent.

Avez- vous une anecdote à raconter ?

Pour tout vous dire, j'ai rencontré ma compagne sur un marché. Et aujourd'hui, je suis devenu le plus heureux des papas grâce à elle !

 
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