Françoise Bouzin,
Rédactrice en chef de l'information

Entretien avec Francoise Bouzin redactrice en chef à « l'événement ». Le magazine « l'Evénement » est le mensuel de luxe le plus lu. Nous avons interviewé Françoise Bouzin, rédactrice en chef du supplément mensuel thématique.

En quoi votre fonction consiste-t-elle ?

En tant que rédactrice en chef, je gère une équipe de journalistes et je suis responsable du contenu, de la forme des articles, bref du produit fini. Je dois organiser et superviser le travail des journalistes, vérifier leurs textes, la syntaxe, l'orthographe. Le rédacteur en chef est le premier lecteur, c'est donc à lui de vérifier que tout soit pertinent et compréhensible : s'il ne comprend pas, personne ne comprendra. Je suis également responsable du recrutement des journalistes, des thèmes abordés, du placement des publicités, de la mise en page, de l'intégration et de la taille des photos, du graphisme. J'écris aussi beaucoup d'avant-papier sur des spectacles. Je rencontre les auteurs, les acteurs, les metteurs en scène et je leur demande de me parler de leur spectacle, de leur métier.

Quelle est votre formation ?

Je suis licenciée en journalisme à l'ULB.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui voudrait exercer ce métier ?

De faire des stages dans le média qui l'intéresse. Chacun des trois stages que j'ai faits durant mes études a abouti à une proposition d'engagement. C'est fondamental dans notre métier : tout va tellement vite dans l'actualité qu'il faut être compétitif et rentable dès le départ. Il faut chercher à assister un journaliste qui, lorsqu'il sera débordé, demandera au stagiaire de l'aider et de le remplacer progressivement dans certaines tâches urgentes. Il faut se montrer débrouillard et fonceur. Personne ne va refuser de l'aide à un stagiaire de bonne volonté. Je pense qu'aujourd'hui, pour être journaliste, il vaut mieux être diplômé universitaire parce que les places sont chères : à choisir, c'est le diplômé qui sera engagé.

Ce métier est-il stressant ?

Le stress doit être géré parce qu'il y a des impératifs de publications et de commercialisation. Un nouveau budget publicitaire et tout doit être modifié : le nombre de pages, d'articles, la mise en page... Il faut pouvoir s'adapter rapidement et terminer dans les temps. Avec l'expérience, je m'organise de mieux en mieux, j'écris de plus en plus vite, c'est une mécanique qui se met en place et je ne travaille plus le week-end. Mais, je travaille 10 heures par jour.

Quels sont les aspects positifs de votre métier ?

Le fait d'apprendre sans cesse de nouvelles choses. La grande polyvalence des sujets et les rencontres diverses et intéressantes...

Et les aspects négatifs ?

La forte concurrence, la gestion ardue du temps et, comme je l'ai dit, la pression et le stress constants puisque le rush est continuel. Enfin, ce métier est difficilement compatible avec une vie de famille.

D'après vous, quel est l'avenir de la profession ?

Même s'il y a de plus en plus de mouvement sur Internet, il y aura toujours des gens qui auront envie de lire un journal imprimé sur du papier. Le but n'est pas le même que de lire «Le Soir» en ligne. Les styles d'écriture sont très différents. De plus, les magazines, on a envie de les feuilleter, de les conserver.

Auriez-vous une anecdote à nous raconter ?

Lors d'un stage à l'Agence Française de Presse (AFP), j'ai été prise en otage par des terroristes d'Action Directe qui ont envahi les bureaux armes aux poings. Ils nous ont intimé l'ordre de ne plus bouger et d'écrire un article sur leurs revendications. Notre responsable leur a expliqué que nous étions des stagiaires et qu'il écrirait seul l'article demandé. Et les gars nous ont laissé sortir.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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