Françoise Quintart,
Médiatrice familiale

Interview réalisée en janvier 2008

Françoise Quintart exerce en tant que médiatrice familiale sous le statut d’indépendante complémentaire. 

Comment êtes-vous devenue médiatrice familiale ?

Je suis enseignante de formation. A un moment donné de ma vie, j’ai souhaité donner une nouvelle orientation à ma carrière professionnelle. J’ai été attirée par le domaine des relations humaines et la médiation m’intéressait tout particulièrement. J’ai donc fait un post-graduat. Une fois cette formation terminée, je me suis lancée tout en continuant à travailler. 

Comment définiriez-vous la médiation familiale ?

Je pense que la réponse sera différente en fonction de la personne que vous interrogez. Certains conçoivent une médiation familiale comme exclusivement destinée à enterrer le couple. En quelque sorte, la médiation prépare au divorce et sert à aplanir les différends pour que ça se passe bien ensuite. Pour d’autres, dont moi, le cadre de la médiation familiale dépasse largement celui de la séparation de couple. Il s’agit plutôt de prévenir ou de gérer un/des différend(s) et de prendre soin des relations, essentiellement par une communication non-violente. On apprend à s’écouter, à s’entendre pour tenter de trouver une solution qui satisfasse les deux parties. Le médiateur suscite une réflexion qui va évoluer vers un positionnement clair de part et d’autre. Dans le cadre d’une séparation, le divorce peut être cette solution mais il y en a d’autres et nous invitons le couple à les découvrir.

Les médiateurs familiaux peuvent se faire agréer auprès de la Commission Fédérale de Médiation. Pourquoi avez-vous demandé cet agrément ?

Etre agréé apporte une certaine légitimité à ce que vous faites. Le couple ou la famille qui vient vous trouver sait qu’il a en face de lui un médiateur qui a été formé. Beaucoup de gens pratiquent la médiation sans avoir de diplôme spécifique dans le domaine ce que, personnellement, je trouve dangereux. Qui plus est, le fait d’être agréé assure la sécurité juridique des engagements qui sont pris.

Comment se déroule un entretien de médiation ? 

Le plus souvent, les personnes me contactent par téléphone pour prendre un rendez-vous. Un entretien dure généralement entre 1h et 1h30. Parfois plus, parfois moins. Durant les dix premières minutes, je leur explique clairement ce qu’est une médiation, quelle en est sa finalité mais aussi ses limites. Je leur explique que la médiation est d’abord essentiellement là pour faire circuler la communication entre les personnes, pour qu’elles puissent s’entendre et se parler. Ces quelques dix minutes me permettent de vérifier si les personnes peuvent s’inscrire dans ce processus. Après, mon rôle consiste à équilibrer la communication. Je fais parler la personne d’elle au lieu de l’autre puis j’essaie de faire dire au conjoint (e) ce qu’il (elle) a entendu (e) et par la suite on inverse les rôles. Je parle de façon extrêmement générale car le contenu de l’entretien diffère forcément en fonction des personnes et du motif qui les amène en médiation.

Un processus de médiation nécessite beaucoup de séances ?

Là aussi ça dépend des personnes. Parfois ce ne sera qu’une séance, parfois dix.

Combien coûte une médiation ?

Il n’existe pas de barème. Le médiateur seul décide de fixer le coût de l’entretien. Il est toutefois important de préciser qu’une médiation dans un cadre judiciaire peut-être totalement gratuite, en fonction des revenus de la (les) personne (s) qui en font la demande. 

Une médiation peut être proposée par un tribunal. Comment ça se passe dans ce cas ?

Ce sont à nouveau les personnes elles-mêmes qui prennent contact avec le médiateur. Dans ce cas, si un accord découle de la médiation, il sera transmis par les parties au tribunal. 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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