Madame Fredericq, Tailleur de pierre

Madame Fredericq est épouse et employée du tailleur de pierre des établissement Fredericq à Tournai.

Pouvez-vous décrire une journée typique de tailleur de pierre ?

Les horaires de l’atelier, sont de 8h à midi et de 13 à 17h. Mais nous sommes ouverts aussi si des clients demandent pour venir après 17h ou le samedi matin parce que leur horaire ne leur permet pas de venir pendant les heures d’ouvertures. Nous nous sommes fixé un horaire mais ce n’est pas parce que la porte est fermée, qu’il ne se passe rien dans l’atelier !

La journée, nous nous occupons des commandes. Le rôle principal de mon mari est de gérer l’entreprise mais il trace aussi les tranches aux dimensions souhaitées par le client et ensuite il les débite. L’ouvrier se charge de faire les finitions, c’est-à-dire tout ce qui est moulage, mettre les pierres en palette et les cercler. Notre spécialité est la pierre bleue. Nous travaillons dans le bâtiment plutôt que dans les monuments funéraires.

Comment votre mari s’est-il installé dans cette profession ?

Mon mari fait partie de la cinquième génération de tailleur de pierre. C’est un métier qui s’est transmis de père en fils et nous sommes installés dans les bâtiments actuels depuis 1909.

Quel est son parcours de formation ?

Quand mon mari était jeune, il a toujours dit qu’il voulait être tailleur de pierre comme ses ancêtres. Il a donc suivi un apprentissage à l’école de tailleur de pierre à Namur et, ensuite,  il a aussi suivi des cours à l’académie des Beaux-arts. Le soir, il prenait aussi des cours de comptabilité pour avoir un diplôme de gestion et l’accès à la profession.

Y a-t-il des compétences qu’un tailleur de pierre doit avoir et que l’on n’apprend pas à l’école ?

C’est comme dans tous les métiers, on apprend sur le tas. La pratique et l’expérience sont les compétences les plus importantes.

Il y a aussi des demandes originales qui nécessitent parfois d’utiliser des techniques que l’on n’apprend pas à l’école. C’est avec l’expérience et l’évolution des techniques que l’on s’améliore et que l’on apprend à travailler plus efficacement. Tous les jours, il trouve une nouvelle méthode pour travailler mieux et plus vite.

Comment imaginez-vous l’avenir de cette profession ?

On revient beaucoup à la pierre actuellement. Tant qu’il y aura des pierres dans les carrières, nous aurons toujours besoin des tailleurs de pierre. Ils ne courent pas les rues, mais celui qui décide de se lancer dans cette profession aura sûrement du boulot. C’est un métier pour lequel il y a une forte demande.

Quels sont les savoir-faire d’un bon tailleur de pierre ?

Savoir gérer une entreprise, connaître le matériel et les machines et avoir un sens artistique.

Est-ce une profession rentable ?

C’est la gestion qui compte. Celui qui sait bien gérer son entreprise n’a rien à craindre.

Quels sont les difficultés et les risques du métier ?

Les accidents de travail n’arrivent pas souvent mais, comme dans tous les métiers de la construction, il y a quand même des risques. On travaille beaucoup avec des machines et puis, les pierres ne sont pas légères donc il faut quand même faire attention.

Quels conseils donneriez vous aux étudiants en formation ?

Persévérer et toujours vouloir en faire plus. Il ne faut pas se limiter à ce que l’on sait déjà, il faut toujours chercher à apprendre du nouveau.

Y a-t-il des spécialisations ?

Il y a des tailleurs de pierres qui s’occupent de la pierre bleue pour le bâtiment, d’autres des monuments funéraires, il y en a qui travaillent les cuisines ou  la marbrerie. C’est un métier qui est très vaste et il y a du travail pour tout le monde.

Quelles machines utilisez-vous ?

Les débiteuses pour scier les tranches et les machines de finition : une ciseleuse, une écourteuse, le lapidère pour polir les marbres, la genouillère pour polir des surfaces, la table anti-poussières pour le confort de travail, les ventouses, le « robots », sur lequel on peut mettre plusieurs sortes d’ustensiles selon ce que l’on veut faire (arrondis, trous, …). Il y a aussi un pont roulant pour transporter les pierres dans l’atelier.

Ce sont des investissements importants mais nous avons eu des subsides de la région wallonne, des aides à l’investissement pour les tailleurs de pierre qui entrent dans les conditions.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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