Humbert,
Installateur électricien tertiaire

Interview réalisée en janvier 2008

Entretien avec M. HUMBERT, installateur électricien tertiaire indépendant.

Quelle est votre formation de départ ?

J’ai un diplôme de moyennes inférieures en humanités modernes option commerciale, suivie d’une formation d’apprenti électricien, complétée par un patronat de l’IFPME qui me donne l’accès à la profession du point de vue gestion administrative. La gestion professionnelle m’était déjà reconnue du fait du nombre d’années d’exercice du métier certifiées par les différents employeurs qui m’ont engagé.

Comment êtes-vous arrivé à l’électricité ?

Au départ, c’est par un désintérêt scolaire de l’enseignement traditionnel. Il y a toujours eu cet intérêt pour les sciences électriques. J’étais prédisposé au bricolage électrotechnique, j’ai été disc jockey par la suite, je montais mes haut-parleurs, mes amplificateurs, mes jeux de lumières. Vers treize ou quatorze ans, quand j’ai proposé de m’orienter vers l’électricité, ma famille – qui m’aurait bien vu notaire, avocat ou médecin - ne l’a pas bien accepté. Une relation m’a recommandé auprès d’un électricien, je suis devenu électricien.

Qu’attendez-vous de votre personnel en termes de savoir-faire ?

Avant le savoir-faire, il y a le savoir être : être de bonne composition, volontaire, motivé, poli avec les clients, bien connaître le matériel, être ponctuel, honnête, avoir une bonne présentation. Ne pas être carotteur, c’est-à-dire ne pas se préoccuper avant tout de savoir à quelle heure on commence ou à quelle heure on finit, combien on gagne ou quand on a congé. La profession demande de la souplesse, de la flexibilité, de la disponibilité. Si on est de bonne composition, le patron l’est aussi. Et, bien sûr, il faut en connaître un rayon sur l’électricité.

Que conseilleriez-vous à des jeunes qui voudraient se lancer dans le métier ?

D’abord qu’ils aient la petite lumière à la base : l’envie de faire ce métier !  Les parents ont une part de responsabilité et l’école primaire aussi car on tend trop vers des métiers élitistes. Je n’ai aucun problème à être électricien. Il faut quand même avoir une prédisposition. Les écoles devraient présenter le panel des possibilités, faire découvrir aux enfants tous les métiers. Et dès l’école primaire : si l’enfant ne connaît pas, il va opérer des choix par défaut. Moi, j’ai trouvé mon créneau et j’aime mon métier. Je dis toujours à mes enfants : choisissez le métier que vous voulez, mais faites-en un que vous aimerez. Vous rentrerez heureux et, automatiquement, vous allez gagner de l’argent. La boucle sera bouclée. Si vous faites quelque chose qui ne vous plaît pas, vous serez malheureux toute votre vie. 

En termes de formation, un A3 ou un A2 est-il suffisant ?

Les gens trop formés n’acceptent pas de réaliser n’importe quelle tâche. Les moyennes inférieures sont encore valables si l’on a effectué des stages en entreprise. L’école forme à la théorie que l’élève doit pouvoir mettre en pratique. Je serais d’accord d’engager des étudiants jobistes. J’ai déjà collaboré avec un CEFA ou avec Bruxelles Formation. C’est la pratique qui peut les faire avancer professionnellement, mais avec une bonne base scolaire.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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