X., Ingénieur en construction

Interview réalisée en avril 2011

Comment avez-vous décidé d’embrasser la carrière d’ingénieur en construction ?

À la fin de mes « humanités » scientifiques, je me suis retrouvé confronté à un choix difficile. La sécurité d’une carrière d’ingénieur en construction ou bien me lancer dans mon hobby : l’informatique. À l’époque, l’informatique était encore balbutiante et ne donnait aucune garantie sur ses développements futurs. D’un naturel prudent, j’ai opté pour la sécurité. Bien sûr, avec le recul il est facile d’avoir des regrets. Mais ce n’est pas mon cas, j’adore réellement mon métier.

Pourquoi avoir choisi l’option construction ?

En fait, je me destinais à la carrière mines. Mais, bien sûr, nous savons tous ce qu’il est advenu du secteur minier en Belgique. Je me suis donc rabattu sur la section qui me semblait la plus proche : la section construction.

Le passage d’une option à une autre n’a pas été trop compliqué ?

Non, cela s’est fait sans trop de problèmes. Bien sûr, cela a demandé quelques mises au point et autres cours de mise à niveau. En outre, j’avais choisi la sous-section « voirie — travaux publics », qui se rapprochait encore plus de la fonction d’ingénieur des mines.

Avez-vous trouvé facilement un emploi à la fin de vos études ou cela s’est-il avéré plus compliqué que prévu ?

Ça n’a pas été simple. J’ai fini mes études en pleine crise de la sidérurgie et du charbon. La vie économique de la région que j’habitais reposait pour sa quasi-totalité sur ces deux secteurs industriels. Inutile de vous dire qu’il était plutôt difficile de trouver du travail à cette époque. Plus personne n’engageait ! Pour finir, je me suis retrouvé dans un bureau d’études à effectuer des travaux administratifs le plus clair de mon temps. Pour quelqu’un qui rêvait de grand air, de chantiers et qui détestait la paperasserie, j’étais gâté !

Comment vous êtes-vous tiré de ce mauvais pas ?

Très simplement, en démissionnant ! Au bout de plusieurs mois, ne voyant pas ma situation évoluer, malgré les nombreuses demandes faites à ma hiérarchie, j’ai pris le taureau par les cornes et quitté la société qui m’employait. C’était un pari risqué, en raison de la situation économique qui prévalait, mais je crois que c’était cela ou devenir fou.

Qu’avez-vous fait après ?

J’ai envoyé des curriculum vitae ! Des dizaines et des dizaines de curriculum vitae ! Et ça a fini par payer. Un jour, j’ai été contacté par une importante société qui m’a chargé de la responsabilité d’un immense chantier dans un pays du Proche-Orient. Il faut dire que les candidats ne se bousculaient pas, vu la durée prévue des travaux : près de deux ans. Jeune célibataire sans attache, j’étais le postulant idéal. Cela m’a permis de faire mes preuves et d’acquérir une expérience irremplaçable.

De plus, durant ces deux années, j’ai appris l’arabe. Si bien que, lorsque je suis revenu en Belgique, j’étais pratiquement incontournable pour tous les contrats moyen-orientaux de ma société. D’une manière générale, si j’ai un conseil à donner aux jeunes ingénieurs, c’est apprendre la langue. Même les plus exotiques, les plus improbables. Dans le secteur des travaux publics, c’est une force, un atout irremplaçable.
 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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