X., Ingénieur en informatique

Interview réalisée en avril 2011

Vous êtes le responsable d’un service informatique au sein d’une grande banque. Comment se passe une de vos journées ?

Je commence par traiter mon courrier électronique. Ensuite, je fais systématiquement un tour d’équipe, car je considère que l’aspect humain est véritablement la clé de la réussite dans un travail, quel qu’il soit. Ce tour d’équipe permet de ne pas laisser les rancunes s’amplifier et de se mettre au courant des problèmes rencontrés. J’ai également beaucoup de réunions, soit avec les utilisateurs, soit avec les responsables de notre projet. D’autre part, comme notre équipe est encore jeune, je suis là en quelque sorte en qualité d’expert que les membres de l’équipe viennent consulter lorsqu’ils ont un problème. Je ne fais plus rien directement par moi-même, mais je peux les aider à poser un diagnostic, sans toutefois aller jusqu’à résoudre le problème moi-même. J’ai donc comme fonction principale de gérer l’équipe et les projets. À ce titre, une grande part de mon travail est constituée de la rédaction de rapports. Il y a donc un aspect administratif important.

Quelle est la taille de votre équipe ?

Selon les périodes, entre 5 et 13 personnes. C’est plutôt une équipe réduite.

Votre formation d’ingénieur vous a-t-elle aidé à occuper certains postes de direction ? En d’autres termes, les études d’ingénieurs préparent-elles bien aux postes à responsabilité ?

Je ne pense pas vraiment. Comme je disais, ce sont les relations humaines qui sont l’élément-clé de la réussite dans le travail et cet élément là n’est pas directement lié aux études et à une formation particulière. Donc, je ne pense pas que cela soit lié au statut d’ingénieurs.

La difficulté et la polyvalence des études aident sans doute les ingénieurs à entretenir leur curiosité et les aptitudes intellectuelles qui leur permettent de mener à bien les travaux les plus divers. Mais la meilleure formation du monde ne prépare pas à la complexité des rapports humains. Aucune étude ne vous forme pour gérer correctement les rivalités qui peuvent surgir entre les membres d’une équipe, pourtant censés ramer dans la même direction. C’est d’ailleurs assez frustrant de constater que, plus
on s’élève dans l’organigramme, et moins le travail devient difficile intellectuellement.

En effet, on devient simplement responsable d’une équipe, sans mettre soi-même la main à la pâte. En fait, tout n’est plus alors qu’une question d’organisation. Bien sûr, cela demande aussi une certaine forme d’aptitude intellectuelle, mais pour un ingénieur habitué à résoudre et chercher, la routine survient rapidement. 

Quel rôle jouent précisément les ingénieurs au sein d’une société ?

Pour schématiser, je dirais que le rôle est de comprendre pour expliquer aux autres ce qu’on attend d’eux. Nous pouvons aider nos collègues de tous horizons à comprendre leur environnement et ainsi mieux le contrôler et interagir harmonieusement avec lui.

Pourriez-vous décrire une de vos journées types habituelles ?

Généralement, je gère plusieurs projets de front. En effet, comme je l’ai dit, nous travaillons avec une équipe relativement réduite. Mais, au milieu de tout cela, il faut que je reste disponible pour répondre aux questions éventuelles de mes collègues et collaborateurs. Avec l’internationalisation des échanges, ma fonction oblige à passer pas mal de temps à l’étranger.

Malheureusement, les clients exigent souvent de nous rencontrer en personne, malgré le développement technique des nouveaux moyens de communication. Dans la mesure du possible, nous essayons pourtant d’éviter de nous rendre trop longtemps et trop souvent à l’étranger. D’une part, cela coûte très cher et, d’autre part nous avons pu constater que notre productivité était nettement meilleure lorsque nous pouvions travailler de notre base opérationnelle. Et je ne parle même pas du gain de temps réalisé en évitant les longs déplacements en train ou en avion.

Y a-t-il encore place pour la vie de famille dans la vie professionnelle que vous avez choisie ?

Ce n’est pas toujours évident. Les horaires ne sont, théoriquement, pas spécialement lourds. Mais dans le secteur bancaire, et vu, la période que nous traversons, les journées se passent rarement comme prévu. Avec l’interconnexion croissante des marchés, mais pour ceux qui ne dorment jamais et les multiples faisceaux horaires que nous avons à traverser, les déplacements et les heures supplémentaires, dont nous ne sommes pas avares, peuvent effectivement causer des problèmes, surtout lorsque vous avez des enfants. Bien sûr, je ne parle que de mon cas personnel. Je ne saurais en tirer une généralité.
 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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