Isabelle Courtois, Ingenieur Civil

Isabelle COURTOIS, Ingénieur civil à la Sabena.

Pourquoi avoir choisi ce métier ? Aviez-vous l'intention de travailler dans l'aéronautique ?

Quand j'étais en secondaire, mes cours préférés étaient les maths et les sciences. Mon souhait était d'approfondir ces matières et les études d'ingénieur civil me permettaient de le faire. 

L'aspect « polyvalent » de ces études est très important et permet l'accès à beaucoup de domaines différents dans le monde du travail.

J'ai décidé de me tourner vers l'aéronautique en 3ème année. J'ai choisi de suivre plus particulièrement des cours ayant un rapport avec cette branche. J'étais surtout intéressée par le fonctionnement des moteurs à pistons et à réactions. Et puis, en 4ème et 5ème, je me suis vraiment orientée vers la mécanique et l'aéronautique, en étudiant plus particulièrement la technologie moteurs.

Quels sont les traits de caractère majeurs de l'ingénieur civil travaillant dans l'aéronautique ?

Il faut de très bonnes connaissances de mécanique, d'électricité, d'électronique, de thermodynamique et bien d'autres encore. Les études apportent une connaissance très large. Ensuite, en arrivant à la Sabena, on reçoit des cours plus spécifiques, donnés soit par les constructeurs moteurs ou par l'école de formation de la Sabena.

L'ingénieur civil doit savoir prendre des décisions. Il définit des objectifs à moyen et à long terme et les réalise avec son équipe. Il dirige, organise, communique et contrôle.

A côté de cela, il faut également savoir motiver une équipe. Les relations sociales sont très importantes, mais ça ne s'apprend pas à l'école. Cela tient plus de la personnalité et ça s'acquiert sur le terrain.

Quelle formation avez-vous reçue ?

J'ai suivi les cours d'ingénieur civil en électromécanique à l'ULB pendant 5 ans (2 candidatures et 3 licences).

Avant d'entamer les études d'ingénieur, conseillez-vous de faire une « spéciale maths » ?

Cela dépend du niveau de formation en maths reçu en humanités. Pour ma part, j'ai suivi les cours préparatoires à l'examen d'amission, à l'ULB, tous les samedis matins pendant ma rhéto. On s'exerçait en répondant aux questions d'examen d'entrée des années précédentes. Une spéciale maths, c'est toujours mieux, mais ça dure 1 an ! Il est préférable de préparer l'examen d'entrée dès la 6ème rénové, voire la 5ème, dès qu'on est convaincu de se lancer dans les études d'ingénieur civil.

Quelles sont les qualités requises pour réussir ces études ?

Pour les candidatures, il faut beaucoup travailler et avoir du courage, parce qu'il y a un grand volume de manuels à étudier. Il faut savoir travailler vite, avec synthèse et avoir un très bon raisonnement. Et puis, surtout, en candi, il y a beaucoup de cours généraux et ce n'est pas toujours très amusant. On est souvent découragé parce qu'il y a trop de maths.

En licence, il y a beaucoup plus de cours spécifiques et des choix d'options. La matière n'est pas plus facile, mais il y a un élément de motivation en plus. C'est beaucoup plus agréable.

Les langues sont-elles importantes dans la formation, puis dans le métier ?

Oui. On devrait même accentuer l'aspect des langues pendant les études. L'anglais et le néerlandais (surtout à Zaventem) sont très importants. Pour le métier, l'anglais est primordial : tout est rédigé dans cette langue. A côté de cela, il faut savoir le comprendre et le parler.

La formation universitaire était-elle suffisante ? Etiez-vous apte à commencer directement à travailler ?

Il n'y avait pas de lacunes. J'avoue que je suis assez contente de la formation à l'ULB, mais je ne peux bien évidemment pas me prononcer sur celles des autres universités.

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui veut se lancer dans le domaine ?

Il faut aimer la rigueur mathématique et le travail. Ce n'est pas facile du tout. Il faut pouvoir « digérer » toutes les matières. Il faut surtout comprendre avant d'étudier, et ne pas faire du « par c'ur », parce que ça passera peut-être une ou deux fois, mais après, ce sera impossible de continuer. Il y en a beaucoup qui ont des difficultés pendant les deux candis, mais il ne faut surtout pas se décourager, parce que, par la suite, les licences posent moins de problèmes.

Quels sont les débouchés dans le secteur ?  La Sabena embauche-t-elle des ingénieurs civils chaque année ?

Disons qu'il n'y a pas trop d'ingénieurs civils sur le marché. Il y a et il y aura toujours un avenir pour un ingénieur civil. 

Quelles entreprises demandent des ingénieurs civils ?

Il y a les compagnies aériennes, les constructeurs moteurs (Pratt Whitney, General Electric,...), les constructeurs d'avions (Airbus, Boeing,...) et puis toutes les entreprises qui sous-traitent pour ces sociétés.

Faut-il aussi jouer la carte européenne et ne pas avoir peur de se diriger vers d'autres pays ?

Oui, absolument.

Ce serait à refaire, maintenant, dans les conditions actuelles, vous referiez la même chose ?

Oui, sans hésitation. J'adore travailler ici, c'est un métier réellement passionnant.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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