Mr Marc Saubain, Acteur et figurant

Formé à l'art dramatique et la déclamation au Conservatoire de Namur, Marc Saubain a réalisé trois courts-métrages et a été figurant dans différents films.

Comment s'informer des tournages et des demandes de figurants ?

Dans les magazines spécialisés, par le bouche à oreille. Vu mon physique particulier (je mesure 1m32), je suis assez connu, et on me demande souvent pour des figurations spécifiques. En général, il n'y a pas de casting, ou alors très léger.

Comment se passe une journée de tournage pour un figurant ?

Quand on arrive sur le lieu du tournage, on remplit une fiche avec nom, prénom, mensurations, etc. On choisit les habits, et puis on attend, beaucoup. Un assistant réalisateur ou l'habilleuse vient vérifier que tout convient (coiffure, costumes) ou s'il faut modifier, adapter quelque chose.

Enfin, on commence à travailler. Les figurants sont dirigés en fonction des plans à tourner par un assistant réalisateur qui indique les actions à effectuer. On répète une fois ou deux, puis on tourne. S'il faut recommencer une scène, c'est plus souvent en fonction du jeu du ou des comédiens principaux qu'à cause des figurants.

Que gagne un figurant ?

En général, on joue toute la journée, parfois pour plusieurs séquences. On est nourri et abreuvé ! En fin de journée on touche entre 25 et 35 € pour une figuration de silhouette. Si la figuration est plus active, quelques mots à dire ou une action à effectuer, on touche entre 50 et 75 €.

Avoir un "physique" ça sert ?

Évidemment, le cinéma est fait d'images ! C'est là-dessus qu'on joue. Pour les figurants, c'est surtout l'allure générale qui compte, plutôt que le détail du visage, aussi joli soit-il.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite faire de la figuration ?

On croit souvent que la figuration servira à être repéré par des producteurs ou des réalisateurs. C'est vrai que cela peut fonctionner, puisque le choix au cinéma se fait sur le physique. En fait, il faut suivre les indications du réalisateur ou de son assistant, être malléable, tout en restant soi-même. Être sympathique, garder sa touche personnelle. Mais quand on est figurant, on n'est pas le comédien principal, il ne faut pas en faire trop. On est une silhouette comme les autres. Il faut par contre profiter de " l'après-tournage " pour poser des questions, remettre son CV.

Le cinéma est-il très actif en Belgique ?

On tourne beaucoup en Belgique. J'ai rencontré des figurants qui tournaient 2 ou 3 jours, chaque semaine. En tant que figurant, on peut tourner dans des plans différents car on est habillé, coiffé différemment et donc pas toujours reconnaissable (sauf pour des physiques très typés, comme le mien par exemple).

Les gens aime beaucoup tout ce qui touche à l'extériorisation, le jeu, le théâtre. Ce n'est pas toujours le cas mais en Belgique le milieu du cinéma fait encore rêver. On se dit " Si c'était moi...". On s'imagine l'argent, la célébrité, les rencontres faciles. Puis, quand on discute avec des machinos, des électros, des réalisateurs, on voit que c'est un boulot, c'est leur boulot, qui ne les fait plus forcément rêver. C'est du réel, c'est la vie à un niveau très exacerbé. Il y a, à mes yeux, un avantage à être autodidacte : celui qui a fait des études en cinéma, qui y a consacré trois, quatre, cinq années, c'est son métier, il doit y arriver ou changer de voie. L'autodidacte n'a pas ce degré d'urgence, il fait les choses quand il en a envie.

Qu'avez-vous retiré de ces tournages ?

C'est vrai que l'on n'apprend pas grand-chose sur son propre jeu. Mais observer comment se déroule un tournage, nouer des contacts avec les autres figurants dans une ambiance sympathique, c'est toujours un peu féerique. Par la suite, j'ai pu faire des choses intéressantes grâce aux contacts noués sur des tournages. Etant assez exubérant, je me contente rarement d'être "simple figurant". Quand on a la chance de tourner avec un réalisateur relax, efficace mais dans la joie, c'est génial. Mais on peut tomber sur des réalisateurs "lourds", c'est humain mais difficile à supporter. C'est comme pour n'importe quel boulot. Le cinéma joue sur l'image et donc tout le monde se regarde. Parfois, certains "se la jouent", se prennent un peu trop au sérieux. Je joue aussi avec ma facilité à être remarqué. Le cinéma est fait d'images et donc de jugements : dans nos pays, on se fie vite à ce qu'on voit. Il faut apprendre à gérer son image.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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