Mme Laurélia Denil,
Revenue Manager, Center Parcs (groupe Pierre & Vacances)

Interview réalisée en octobre 2025

Pouvez-vous retracer brièvement votre parcours scolaire ?

J’ai suivi des humanités générales, puis j’ai obtenu un bachelier en gestion hôtelière. Ce cursus m’a permis de découvrir les différents métiers de l’hôtellerie, à travers des stages pratiques en salle, en cuisine et en management. 

Quelles ont été vos expériences professionnelles avant votre emploi actuel ?

Mon dernier stage était en finance dans un hôtel à Bruxelles, ce qui m’a orientée vers un premier emploi au Métropole (hôtel 5 étoiles), également en finance. Ensuite, j’ai travaillé à la réception pendant six mois, puis j’ai découvert le revenue management, un domaine qui m’était inconnu à l’époque. J’ai été assistante revenue manager chez NH à Bruxelles, puis à Amsterdam, avant de gérer des hôtels à Genève et Luxembourg. J’ai aussi travaillé dans une chaîne d’appart-hôtels, avec des séjours longs et peu de personnel. Après une pause liée au COVID, je suis revenue dans le secteur et j’ai rejoint Center Parcs il y a un an.

En quoi consiste votre travail ? Comment cela s’organise-t-il ? 

Je suis responsable du revenue management pour deux Center Parcs en Belgique, ainsi que de la coordination des actions destinées à la clientèle belge dans l’ensemble des Center Parcs en Europe.

Concrètement, chaque jour, j’analyse les réservations. En fonction de la demande et du type de clientèle, j’ajuste les prix pour optimiser le remplissage et le chiffre d’affaires. Je travaille également sur l’optimisation des durées de séjour, afin de maximiser la rentabilité. Une autre partie importante de mon rôle consiste à prévoir le chiffre d’affaires pour les trois mois à venir. Enfin, je collabore avec le département commercial pour élaborer des offres sur mesure, notamment pour les groupes et les séminaires.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

J’ai toujours aimé les maths et les chiffres et je voulais travailler dans l’hôtellerie : ça restreint déjà les choix de carrière ! J’ai commencé en finance, mais j’ai vite ressenti le besoin d’avoir un impact direct sur le chiffre d’affaires. Le revenue management m’a permis de combiner mes deux intérêts : les chiffres et le secteur hôtelier.

Quels sont les aspects positifs et négatifs de votre profession ?

Le côté positif, c’est l’aspect analytique et stratégique : on voit l’impact direct de nos décisions sur le chiffre d’affaires. C’est dynamique, on peut toujours s’améliorer. 

Le côté négatif, c’est que les tâches sont souvent similaires d’un jour à l’autre. Cela peut devenir monotone pour les personnes qui ont besoin de plus de variété dans leur travail.

Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

Il faut aimer les chiffres et l’analyse, car c’est la base du métier. Il faut aussi être agile, capable de tester, d’adapter et de recommencer. La curiosité est essentielle, tout comme l’attention portée à l’environnement : les événements, la météo ou les grèves peuvent influencer la demande. Enfin, une bonne communication avec les autres départements, notamment le commercial, est indispensable pour assurer une coordination efficace.

Avec qui collaborez-vous ? Est-ce un travail d’équipe ?

Oui, nous sommes une équipe de 7 à 8 personnes pour les parcs belges et néerlandais. Chacun gère plusieurs parcs, mais nous travaillons en étroite collaboration. Je suis aussi en lien avec les équipes commerciales, les directeurs de parc et les bureaux de Bruxelles, Rotterdam et Paris.

Quelles sont vos conditions de travail ? 

Je travaille en mode hybride : 3 jours de télétravail par semaine et une fois toutes les 2 semaines, 2 jours en présentiel (à Rotterdam, Paris ou Bruxelles). Je vais aussi ponctuellement dans les parcs. Les horaires sont classiques : 9h–17h. Le travail du week-end est rare : même en cas de forte demande, on peut activer un système d’autopilote pour ajuster les prix automatiquement, comme les compagnies aériennes.

Quelles tendances observez-vous actuellement dans les habitudes de réservation des clients ?

Ils réservent de plus en plus en last-minute et pour des séjours plus courts. Ils demandent aussi plus de flexibilité, notamment en termes de conditions d’annulation. Je trouve que les hôteliers ne se sont pas encore adaptés à ces nouvelles attentes.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui a envie de se lancer dans ce métier ?

Ne pas avoir peur d’essayer, de se tromper, de recommencer. Être ouvert, curieux et bien communiquer. Il faut aimer les chiffres, et surtout, rester à l’écoute de ce qui se passe autour de soi.

Je recommande vivement les études en gestion hôtelière. C’est une formation très complète qui permet de découvrir tous les métiers d’un hôtel, du directeur général au réceptionniste de nuit. Elle offre une vue à 360° sur le fonctionnement d’une entreprise. Même si on change de secteur plus tard, les compétences acquises restent très utiles. En plus, c’est une formation assez rapide, ce qui peut être intéressant pour ceux qui ne souhaitent pas faire de longues études.

Avez-vous une anecdote ?

Oui, lors du salon de l’auto à Genève, j’ai mis les deux dernières chambres d’un hôtel à 1200 CHF (francs suisses), alors que la semaine d’avant les chambres étaient à 130 CHF. Je n’y croyais pas trop… mais elles ont été réservées ! C’est là que j’ai vraiment réalisé l’impact de la demande sur le prix et la perception du client.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.