Mme Muriel de Béco, Baluchonneuse

Interview réalisée en juillet 2014

Baluchonneuse et responsable de la formation et de la supervision des candidates baluchonneuses à l’ASBL Baluchon Alzheimer.

On parle beaucoup de «baluchonneuses»… N’y a-t-il donc pas d’hommes dans la profession ?

Si, bien sûr ! Au sein de notre ASBL Baluchon Alzheimer, il y en a deux, enthousiastes et dynamiques ! Il pourrait y en avoir bien plus.

Le métier de baluchonneur concerne-t-il exclusivement les malades atteints d’Alzheimer ?

Oui, des personnes atteintes d’Alzheimer et de maladies apparentées uniquement.

De quoi est fait le quotidien d’une baluchonneuse ?

La baluchonneuse remplace à son domicile l’aidant proche d’une personne atteinte et fait tout ce que lui-même fait au quotidien, et ce en veillant à créer une atmosphère sereine et joyeuse. De plus, elle observe les capacités cognitives de la personne atteinte de la maladie, recherche des stratégies face aux situations difficiles décrites par l’aidant, les expérimente et rédige un journal d’accompagnement. Elle y consigne tout ceci ainsi que les trucs et astuces qui pourraient améliorer les relations entre l’aidant et son aidé. 

Est-ce un métier que l’on exerce à temps plein ?

Les baluchonneuses sous contrat fixe l’exercent actuellement à temps plein, à savoir 14 jours maximum par mois, répartis en deux baluchonnages maximum. Les baluchonneuses sous contrat intérimaire effectuent les prestations selon les demandes des familles et leurs propres besoins.

Est-ce un métier compatible avec une vie familiale ?

Difficilement, surtout avec des enfants encore à la maison. Mais pourquoi pas si le compagnon de vie est d’accord. 

Comment devient-on baluchonneuse ?

Après avoir travaillé en milieu médical et souhaité avoir du temps pour créer une relation privilégiée avec la personne, il y a plusieurs étapes. S’informer sur le baluchonnage et avoir le désir d’exercer ce métier, estimer avoir les qualités requises, rencontrer les responsables de l’ASBL, suivre une petite formation, faire un éventuel stage et enfin faire son premier baluchonnage en étant encadré de près. Il convient également de rédiger un journal d’accompagnement et de suivre les journées de ressourcement. Il existe également un autre organisme de formation situé à Bruxelles.

Quels sont les points positifs du métier ? 

Il s’agit d’un métier éminemment humain, altruiste, de don du meilleur de soi, de relations, de communications de personne à personne. C’est une sorte d’aventure à chaque fois, un défi. Ce métier est source de croissance personnelle et de gain d’humanité.

Quelles sont les difficultés du travail ?   

L’inconnu, l’adaptation, la peur de l’agressivité, la gestion de certains comportements dérangeants, l’endurance physique (nuits parfois non-dormantes). 

Un conseil à donner à une personne qui désire se lancer dans la profession ? 

Si cette personne se sent avoir la fibre sociale et une tendresse pour ces personnes, qu’elle se demande si elle a les qualités suivantes : humilité, douceur et patience, sang-froid, désir d’apprendre, résistance au stress et à l’agressivité, capacité de remise en question et de rédaction.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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