Pareys, Brigadier - cariste

Interview réalisée en janvier 2007

Monsieur Pareys est brigadier au dépôt chez Materne.

Comment devient-on brigadier au dépôt ?

Je suppose que mes supérieurs ont vu que j'étais compétent dans certains domaines. Je suis entré comme cariste ici et puis je suis passé brigadier, même si je vais toujours sur les Clarks quand je dois donner un coup de main aux hommes. Je suis un homme de terrain : j'ai appris sur le terrain, j'ai acquis une certaine expertise, et cela m'a amené à cette fonction. Ma fonction consiste principalement à coordonner une équipe, dans le service de reconditionnement. En fait, la marchandise vient en pack traditionnel et on doit la transformer pour certains magasins. Le dépôt est un service qui s'occupe du reconditionnement, et de la préparation de commandes.

En quoi consiste le métier de cariste au dépôt ?

Certains travaillent à la production : ils vident les lignes de production et mettent les palettes de produits dans des positionneurs. Ensuite, d'autres machines les prennent dans les positionneurs et les placent dans les emplacements de stockage réservés. Dans un autre département du service, à l'exportation, une autre machine sort la marchandise et la prépare pour les clients. On utilise un Clark, qui transporte les palettes, tout est électrique.

Quelles sont les compétences nécessaires ?

Il faut posséder un brevet de cariste. Nous travaillons, pour ces formations, avec une société de Ransart mais moi, j'ai suivi cette formation à Liège.

Quelles sont les qualités nécessaires ?

Il faut être vigilant, ne pas stresser car cela ne sert à rien, sinon on panique. Il faut aussi être méthodique, sinon on risque un accident, on peut casser le matériel, les verres par exemple. Conduire un Clark nécessite de la rigueur, de la précision… ce n'est pas toujours comme des voitures, il faut un temps d'adaptation.

Un cariste passe toute sa journée à conduire ?

Oui, il passe environ 8 heures à conduire son Clark.

L'autre fonction c'est…?

Le reconditionnement : à la commande, on travaille pour des magasins, qui demandent un reconditionnement particulier, comme quatre pots avec une cuillère, ou du panachage de plusieurs variétés différentes dans un même tray, par exemple. On travaille beaucoup avec des ateliers mais c'est notre travail à nous, à la demande.

Il n'y a pas de qualifications particulières ?

Non, il faut être attentif, faire attention pour éviter les accidents, mais c'est tout. Ne pas mettre sa main dans la machine, par exemple. Mais depuis que je suis ici je n'ai jamais eu d'accidents, ni aucune des personnes qui travaille avec moi.

Elles travaillent sur des machines mais est-ce qu'il y a encore des choses qui sont faites à la main ?

Le travail de reconditionnement est fait à la main : les personnes alimentent les machines à la main et elles réceptionnent les marchandises à la main, il n'y a vraiment que le film qui se met automatiquement, ainsi que les soudures, sinon tout se fait manuellement.

Et ce travail prend toute une journée ?

Oui, on peut changer de poste, parfois six ou sept fois sur une journée. Parfois, on a seulement 10 palettes à réaliser et, en 3 ou 4 heures, c'est terminé donc il faut préparer un autre poste de travail qui est en attente, pour ne pas laisser des personnes sans rien faire. On travaille aussi beaucoup pour les miniatures, pour les magasins, par conditionnements de trois verres, et les clients demandent de plus en plus à avoir plusieurs variétés par palette, donc on doit aussi faire un panachage. Il y a toujours un travail en attente, dans le dépôt, chez nous, on ne va jamais dans l'usine, pour s'occuper de la production des produits.

Comment se passe une journée pour vous en tant que brigadier ?

C'est de la routine. Souvent il y a un travail en attente du jour précédent, qui n'a pas été terminé. Mais les personnes avec lesquelles je travaille depuis des années savent pertinemment bien ce qu'ils doivent faire. Par exemple, j'allume les machines en arrivant pour qu'elles soient prêtes avant que les travailleurs n'arrivent. Donc, si quatre personnes commencent leur journée, je vais par exemple mettre les trois autres aux miniatures, tout dépend du travail à faire. Ma fonction consiste à préparer les machines, les codes barres, et toujours avoir un travail d'avance.

Vous utilisez du matériel informatique ?

Nous avons un ordinateur pour les codes barres et ce genre de chose mais moi c'est surtout du travail manuel : je remplis mes papiers moi-même, des grilles standards, et mon supérieur encode le tout. Si il y a un problème, il faut aussi essayer de savoir le pourquoi.

Qu'est-ce qui est le plus difficile dans votre travail ?

Le stress. On est toujours derrière vous et on vous demande d'en faire davantage avec le même nombre de personnes, comme de réaliser en quinze minutes un travail qui nécessiterait deux heures. Il faut savoir gérer le stress, les tensions liées au temps, à la rentabilisation, au planning, surtout le soir quand on rentre à la maison. Savoir également gérer les choses sur un plan relationnel, mais dans l'ensemble je ne me plains pas, en dépit de quelques petits aléas. Il faut savoir parler. Nous avons par exemple une femme qui est diabétique et nous devons gérer ce potentiel humain et savoir l'adapter. C'est indispensable, nous sommes des humains, pas des machines. Il faut également trouver une solution rapide à chaque problème, permettre aux gens de continuer leur travail même lorsque survient un imprévu, comme par exemple si on renverse une palette.

Vous suivez des formations en interne ?

Non, la seule formation que j'ai reçue, c'est à Gembloux, voici quinze ans : une formation de 5 jours en management, pour apprendre comment se comporter avec le personnel et gérer une équipe. J'ai aussi eu une formation de cariste.

Quelle évolution avez-vous observé dans l'entreprise ?

Ça s'agrandit de plus en plus. La clientèle a augmenté. Et, au niveau technologique, ils changent souvent dans les lignes de production. Nous avons de nouvelles machines, plus performantes et plus silencieuses mais on est dedans et on ne s'en rend pas vraiment compte.

Quelles sont les conditions de travail ?

Je travaille toujours debout. Il faut donc avoir une résistance physique importante. Parfois, il fait chaud et on n'a pas toujours de ventilateur. Il faut pouvoir s'adapter aux conditions de travail, se vêtir chaudement en hiver car l'entrepôt n'est pas chauffé.

Que donneriez-vous comme conseil à un jeune qui débute ?

Cela dépend de la personne : on donne beaucoup de conseils mais souvent les jeunes ne les acceptent pas, alors que nous aussi on est passé par là mais ils se croient plus malins que nous. Certains acceptent mais pas tous et ils se rendent à l'évidence ensuite. On a pas toujours raison et il y a plus d'idée dans deux têtes que dans une. Il faut être responsable de son travail, ne pas attendre que quelqu'un passe après soit. Dans quelques années, le travail se modernisera, donc nous n'aurons plus de manutention comme actuellement. La mentalité des jeunes évolue aussi. Mais, pour l'instant, je n'ai pas de regrets et je n'ai que des bons souvenirs, ici, chez Materne, avec mon équipe.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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