Ranieri, Valdes et Henrotay,
Installateurs électriciens industriels

Interview réalisée en janvier 2008

Entretien avec MM Ranieri, Valdès et Henrotay, respectivement directeur technique, conducteur de chantier et chef de projet chez Putman Frères

Vous travaillez dans le secteur de l’électricité industrielle. Quelles ont été vos formations ?

M. Ranieri : M. Henrotay et moi-même avons la même formation. Nous sommes ingénieurs électriciens en courant fort. Pour ma part, j’ai suivi des études secondaires techniques en électricité à l’Institut Reine Astrid avant les études supérieures.
M. Henrotay : J’étais dans l’enseignement général, en option théâtre. C’est au commencement des études supérieures que je me suis dirigé vers le secteur de l’électricité : j’ai suivi des études d’ingénieur à l’ I.S.I.
M. Valdès : J’ai fait mes secondaires techniques et je suis sorti à seize ans comme A3, c’est-à-dire ouvrier qualifié.

Qu’est-ce qui a fait que vous vous soyez dirigés vers les métiers de l’électricité ?

M. Ranieri : Je pense que je peux parler au nom de mes collègues en disant que c’est une passion que nous avions depuis toujours. Dans mon cas, la question du choix ne s’est même pas posée, c’était évident.

Suivez-vous encore aujourd’hui des formations ? Votre société en organise-t-elle ?

M. Ranieri : Il faut d’abord savoir qu’il y a une obligation légale pour la société d’assurer à ses employés au moins quatre jours de formation tous les deux ans. Ensuite, notre société s’est employée à offrir à son personnel des formations, notamment pour ce qui concerne celle-ci. Ce n’était pas obligatoire, mais nous avons tenu à le faire. Enfin, il existe aussi des formations plus techniques, en câblage informatique, par exemple.
M. Valdès : Moi, par exemple, je pars en formation demain. C’est très valorisant de continuer à apprendre tout au long de sa carrière.
M. Ranieri : Il est impératif, pour rester compétitifs, d’avoir des employés au fait des dernières connaissances.

Y a-t-il des connaissances autres que techniques qu’il convient de maîtriser ? Je pense aux langues ou à l’informatique, par exemple.

M. Ranieri : L’informatique est très présente dans le travail au quotidien.
M. Henrotay : Nous utilisons évidemment la suite Office, mais pas uniquement. Nous avons également un usage permanent de logiciels professionnels comme Auto4 ou Solid Work (qui permettent de réaliser des schémas en 3D pour tout ce qui concerne la mécanique. C’est utile notamment en ce qui concerne les réalisations dans le domaine du théâtre).
M. Valdès : Étant donné que nous nous trouvons à Bruxelles, la connaissance des langues peut s’avérer très importante. Surtout le néerlandais et, pour la recherche d’informations, l’anglais et même parfois l’allemand.

Est-ce un métier dangereux ?

M. Valdès : Si on ne fait pas attention, ça peut être très dangereux, surtout quand il nous arrive de travailler sous tension – ce qui est rare. Chez Putman, nous n’avons heureusement jamais eu de morts. Le plus dangereux est de trop faire confiance à son expérience. C’est dans cette configuration qu’arrivent les accidents. Il faut rester vigilant.

On observe une pénurie de main-d’œuvre dans le secteur, comment l’expliquez-vous ?

M. Ranieri : Ce qui me paraît le plus paradoxal, c’est que le secteur de l’électricité est celui qui emploie le plus de main-d’œuvre, l’industrie s’étant beaucoup automatisée. Or il en manque cruellement. Je pense que, d’une part, l’informatique a fait beaucoup de mal : il y a eu une ruée vers tout ce qui touche à cette discipline aux dépens des autres. Pourtant, je ne crois pas que le travail soit plus intéressant. D’autre part, je pense que nous avons, en Belgique, un problème avec le chômage qui paie trop ses allocataires. Comment voulez-vous que les gens aillent travailler si, en ne faisant rien, ils perçoivent un traitement qui permet de vivre relativement décemment ?
M. Valdès : J’ajouterais qu’on observe une sorte de sédentarisation. Les gens n’ont plus envie de bouger, or, c’est un métier qui demande beaucoup de mobilité.
M. Henrotay : Le secteur est parfaitement inconnu du grand public : les gens n’imaginent pas tout ce qu’il recouvre.

Est-il encore possible de faire carrière en ayant seulement, comme M. Valdès, un diplôme de secondaire technique ?

M. Valdès : Il ne serait plus possible de commencer, comme je l’ai fait, avec un niveau A3 car l’obligation scolaire a été relevée de 16 à 18 ans. Je crois qu’on peut entamer une carrière comme A2, soit à la sortie du secondaire, mais qu’il faut être courageux.

Justement, voyez-vous d’autres traits de caractères, d’autres savoir être dont il faut disposer dans l’exercice de vos métiers ?

M. Valdès : Le courage, comme je l’ai dit. Il faut aussi être très mobile et flexible. Je passe ma vie à bouger d’un endroit à l’autre.
M. Henrotay : Pour moi, c’est 50/50 : la moitié de mon temps au bureau, l’autre sur les chantiers. Et je ne sais jamais où je vais terminer ma journée quand je la commence.
M. Ranieri : Je pense qu’il faut être sérieusement armé contre le stress : aujourd’hui, tout doit aller très vite. Auparavant, on avait trois mois pour faire une étude de prix. Maintenant, on nous demande de le faire en une semaine. C’est générateur de stress.

Quels sont les critères de recrutement ?

M. Ranieri : Il faut tout d’abord une formation valable. Ensuite, je n’engagerai jamais quelqu’un qui paraît instable. J’ai besoin de pouvoir compter à long terme sur les gens que j’engage. Être courageux et motivé me semble indispensable également.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.
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