Claude Lamine,
Responsable environnement

Interview réalisée en janvier 2005

Electrabel se positionne comme fournisseur de solutions énergétiques globales sur mesure aux entreprises industrielles, aux PME et aux particuliers. L'entreprise produit de l'électricité dans plusieurs pays européens.. Elle exerce également des activités de trading sur tous les marchés d'énergie en Europe. Enfin, elle exploite des réseaux de distribution d'électricité et de gaz naturel en Belgique. 

Le parc de production d'Electrabel comprend deux centrales nucléaires : Doel et Tihange. Electrabel s'efforce de pratiquer une politique environnementale qui respecte à la lettre les directives de l'Union Européenne en la matière, notamment dans la lutte contre l'effet de serre et les rejets de polluants acidifiants. Elle n'a d'ailleurs pas le choix et doit publier un rapport environnemental annuel qui dresse l'état de ses efforts !

Claude Lamine est cadre supérieur chez Electrabel et responsable envitonnement de la centrale nucléaire de Tihange. Il fait partie des quelques 15. 000 salariés du groupe, dont 12.000 sur le territoire du Benelux.

Votre parcours est plutôt atypique. Pouvez-vous en retracer les grandes lignes ?

J'ai fait des études de chimie à l'université de Liège, puis j'ai travaillé comme ingénieur dans l'industrie chimique. Je suis entré à la centrale nucléaire de Tihange en 1981 et je n'en suis plus reparti ! 

Je me suis découvert une passion : le fonctionnement des réacteurs nucléaires, c'est-à-dire la physique nucléaire associée à la chimie, appliquées à ce fascinant domaine ! J'ai dû suivre des cours complémentaires dans ces disciplines ainsi que dans la prévention des risques. (Il faut vous dire que j'ai étudié toute ma vie !) J'ai ensuite participé à la mise en service de l'unité 2 de la central, puis j'ai dirigé le service de radiochimie au moment de la mise en service de l'unité 3. Depuis 2001, je suis responsable environnement du site de Tihange. Je suis d'ailleurs retourné à l'université de Liège pour une formation post-universitaire en gestion environnementale (HEC).

Comment définissez-vous votre responsabilité ?

Globalement, mon rôle est de développer et d'organiser le système de gestion environnementale dans ma structure. Ce qui implique de mettre en oeuvre les programmes et les plans conformes aux exigences réglementaires et contractuelles afin de réduire les impacts de nos activités. 

Une de mes missions consiste aussi à contrôler les mesures opérationnelles de prévention et de protection concernant l'environnement.

Qu'est-ce que vous considérez comme le coeur de votre métier ?

En tant que collaborateur de la direction, j'organise des revues de direction et je conseille les différentes lignes hiérarchiques. J'élabore et je propose des stratégies, des objectifs et des plans d'action pour réduire les impacts de notre activité sur l'air, l'eau, le sol ainsi que sur la production de déchets sur le site. Le tout pour améliorer les performances et l'acceptabilité du site nucléaire.

Qu'est-ce qui suscite de l'enthousiasme chez vous dans l'exercice de votre activité ?

Les relations constructives avec les autorités sont très gratifiantes. Je dois, avant tout, viser l'amélioration des performances environnementales de l'entreprise et c'est ce qui me motive tous les jours. Pourquoi ? Parce que les aspects environnementaux dans les activités humaines n'ont pas de limite, c'est un challenge permanent vers l'excellence !

Rencontrez-vous des frustrations dans votre travail ?

Le revers de la médaille, c'est la difficulté de lutter contre les habitudes, de convaincre l'ensemble des partenaires et collaborateurs du bien-fondé de notre action au niveau environnemental et de leur faire partager nos objectifs. Par ailleurs, il faut aussi supporter les lenteurs administratives et l'inertie des Pouvoirs publics.

De quelle réalisation êtes-vous satisfait ?

Pour reprendre une expression que j'utilise parfois "sortons l'environnement de la poubelle". J'ai le sentiment d'avoir pu mettre en application ce slogan, c'est-à-dire de ne pas cantonner les actions en faveur de l'environnement au seul tri des déchets mais, bien plus en amont, car l'utilisation rationnelle des matières premières et de l'énergie, la modification éventuelle des méthodes de travail ont de toute manière, comme conséquence la réduction des déchets. 

Cette façon plus mûre d'envisager la protection de l'environnement est en train de gagner toute l'entreprise et c'est tant mieux. 

Autre sujet de satisfaction : la simplicité du système de management que nous avons mis en place avec mes collaborateurs.

Votre activité est-elle soumise à un rythme particulier ?

Il y a en effet plusieurs périodes pendant l'année. 

De janvier à mars, nous élaborons différents documents officiels : les rapports et bilans annuels, la déclaration des taxes sur les rejets, la partie environnement du rapport annuel de la société et nous préparons les audits externes auxquels nous sommes soumis pour les normes ISO14001 et EMAS. 

De mars à juin, nous commentons les résultats avec la région wallonne. 

De juin à octobre, nous intensifions notre présence sur le terrain pour promouvoir des comportements respectueux de l'environnement et auditer la mise en oeuvre des plans d'action. 

D'octobre à décembre, nous analysons les performances environnementales de l'année et nous proposons en comité de direction un nouveau plan stratégique visant l'amélioration continue de celles-ci. 

Pendant toute l'année, nous assurons une veille législative afin de respecter toutes les impositions réglementaires qui sont édictées en permanence. Enfin, nous réalisons des audits techniques dans les installations et nous assurons des formations pour maintenir l'attention du personnel sur les normes à respecter. Bref, des journées bien remplies pour une activité intense et très variée !

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.