Imprimeur chef d'une imprimerie de 15 personnes

Un chef d'une imprimerie de 15 personnes

L'imprimerie a-t-elle un avenir en Belgique  ?

Il y a trop d'imprimeries en Belgique. Le secteur devient très difficile. L'arrivée d'Internet et du multimédia n'arrangera rien. On va, par exemple, supprimer l'impression des annuaires téléphoniques au profit d'Internet ou de CD-Rom.

Pour contrer cette réduction du volume de production, les imprimeries doivent essayer de se regrouper, de se réorganiser.

Pour l'instant, comment réagissez-vous  ?

La technique évolue très vite et, tous les deux à trois ans, il faut réinvestir. Cependant, une machine coûte parfois jusqu'à 40 millions. L'amortissement est donc très difficile, il faut donc rentabiliser le matériel au maximum : chez nous, les machines tournent toujours, sept jours sur sept et 24 heures sur 24. C'est le travailleur qui fait les frais de ce rythme de travail forcené.

La manière de travailler a-t-elle tant changé depuis dix ans  ?

On travaille de plus en plus devant son ordinateur. Surtout avec l'arrivée du digital, du «  plate to press », qui supprime les tâches intermédiaires et manuelles. Cependant, l'informatisation a beaucoup apporté au choix et à la qualité des couleurs. Votre machine, c'est votre compagne. Il faut la connaître dans les moindres détails. L'aspect artistique du métier est donc encore très présent : si quelqu'hn est trop technique ce n'est pas bon. C'est un métier passionnant, même pour réaliser un simple panneau. Il y a le contact avec le papier, la récompense de la publication terminée. C'est parfois la concrétisation de plusieurs mois de travail. Pour bien travailler, il faut être soigneux, ordonné, rigoureux. Bref, aimer son métier.

Dans le contexte que vous décrivez, est-il difficile de trouver du travail  ?

Si, pendant les années soixante, on trouvait immédiatement un job, ce n'est plus le cas aujourd'hui. On n'apprend plus sur le tas. Les machines sont de plus en plus vite démodées, le besoin de formation continue est très important. Les connaissances de base et la polyvalence sont primordiales : il faut pouvoir cerner tous les domaines.

Cependant, j'aime beaucoup travailler avec les jeunes. C'est une responsabilité majeure pour les anciens.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.