Isabelle,
Cavalière à la police fédérale

Interview réalisée en janvier 2005

Quelle formation avez-vous suivie ?

J'ai d'abord logiquement suivi la formation de base de la police. Etant passionnée d'équitation, j'ai fait part de mon souhait d'intégrer la section « cavalerie ». J'ai passé une interview ciblée sur la motivation, puis j'ai dû passer une visite médicale traditionnelle. Il faut savoir qu’ils accordent beaucoup d'importance au dos et au maintien ! Ensuite, j'ai été confrontée à un examen pratique à cheval pour vérifier si j'avais les aptitudes à monter. Dans mon cas, cela ne m'a pas posé trop de problèmes vu que je montais depuis plusieurs années. 

En fonction du nombre de places vacantes au sein de la cavalerie, cet examen peut être éliminatoire ou pas. C'est-à-dire que, si quinze policiers ont introduit leur candidature et qu'il n'y a que dix places disponibles dans la formation, les dix meilleurs cavaliers, ou ceux qui présentent les meilleures aptitudes, seront retenus.

Il n'est donc pas nécessaire d'être un as de l'équitation ?

Non pas du tout. Il est même déjà arrivé que certains policiers qui ne savaient absolument pas monter aient été acceptés dans la formation.

Pouvez-vous décrire cette formation ?

Elle dure 9 mois et est divisée en 5 modules. Si le candidat est déjà bon cavalier, il peut être dispensé du premier, voire du 2e module. La durée n'en est pour autant pas réduite. Le 1er module consiste en une initiation. Elle dure 6 semaines composée de 15 jours de cours. On y voit le management des chevaux, le travail en écurie, le matériel, etc. On y apprend aussi les bases de voltige. Le 2e module comprend 10 semaines de cours. Le but est d'y apprendre à monter en groupe et accompagné. Le dressage, saut d'obstacles et l'utilisation de la monture dans la circulation (agglomération, campagne, bois) y sont aussi appris. Le 3e module est un module de perfectionnement plus spécifique au travail de terrain. Il dure 10 semaines. Ce perfectionnement se poursuit dans le 4e module qui dure quant à lui 5 semaines. Là, on y voit l'équitation opérationnelle (exécution des tâches à cheval durant le maintien de l'ordre, l'escorte royale et escorte des ambassadeurs, les patrouilles en service de surveillance, etc.). Enfin, il existe un 5e module pour la formation cadre officier et moyen. Elle dure 34 heures et débouche sur des tâches de management dans une unité de cavalerie opérationnelle.

Quels types de missions exercez-vous à cheval ?

Il y en a principalement 3. Tout d'abord, il y a les « escortes » des membres de la famille royale, des chefs d'état ou encore des ambassadeurs. Ensuite, il y a le « service d'ordre », c’est-à-dire que l’on est présent lors de matchs de football, de manifestations, de concerts, de gros rassemblements de toutes sortes ou alors dans des parkings qui nécessitent notre présence. Enfin, il y a les « patrouilles ». On est là en soutien de la police locale qui a sollicité notre présence.

Vous passez tout votre temps de travail à cheval ?

Non, nous devons faire fréquemment des missions d'infanterie. Avant d'être des cavaliers, nous sommes des policiers et devons effectuer le travail de policier. En gros on peut estimer que 60% de notre travail se fait à cheval et 40% à pied ! Lors de la saison d'été, nous sommes principalement sur notre monture.

Avez-vous un cheval attitré ?

Pas au tout début. Après quelques mois, un ou deux chevaux peuvent nous être attribués. La relation cavalier-monture est très importante et il ne serait pas bon que le cheval change chaque jour de cavalier. C'est le Maître d'Ecurie qui s'occupe d'attribuer tel cheval à tel cavalier.

Qu'aimez-vous dans l'exercice de votre métier ?

La proximité avec les gens. Si, en voiture, les policiers paraissent quelquefois inaccessibles, les gens viennent spontanément vous parler lorsque vous êtes à cheval.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.